Un étrange et facétieux personnage se cache dans cette gravure de Pieter Bruegel.
Sauras-tu le retrouver ?
Suite à la rencontre « clonesque », puis phosphorescente, entre un mouton et une méduse – voir l’article LE MOUTON ET LA MÉDUSE -, qui accouchait d’une chimère qui, si elle ne brulait pas, ne manquait pas de piquant, le Docteur Frankeinsound nous écrit pour nous parler de l’avenir pour le moins lumineux :
En effet c’est fabuleux plus besoin de lumière dans la cuisine ni dans le frigo ou le micro onde pour retrouver ses côtelettes ou son saucisson ça marche aussi avec le porc… Reste plus qu’à cloner les chevaux en orange pour pas les confondre dans les lasagnes sans des recherches d’ADN couteuses, donc adieux le cauchemar de la traçabilité. Bientôt nos campagnes ne seront plus éclairées que la tour Eiffel ou la foire du trône et on ne risquera plus de marcher dans une bouse toute chaude et molle en sortant de la canadienne puisqu’elles seront toutes phosphorescentes ainsi que l’herbe avec le temps. Imaginez aussi tous les hérissons, chats, lièvres ou sangliers qui seront ainsi épargnés par la violence routière. Imaginez un monde ou il n’y aurait plus de centrales nucléaires, où l’on s’éclairerait avec des bouteilles de lait et tout ceci grâce aux enragés de l’Institut Pasteur de Montevideo… et aux prophètes de la planète Gong et leur camembert électrique là où j’habite : ICI
A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?
Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.
Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous :
N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.
Une tête réduite par un jivaro géant
Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman
Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles
Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise
Un fer à cheval de Troie
Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes
Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée
Le phonographe hanté de Curios de Richard Marsh - éditions e-Baskerville
Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims
L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret
Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain
Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye
La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky
Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.
Photo de Jérôme Abramovitch
- Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon
- Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky
- Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore Mikaël Lugan
un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja
Un astrolabe au ratoire. Anatol R
Un ami pour la vie. Claire Tisserand
Un marre à tout, un chien chilli, une toillette de cheval à vapeur, un simili taire des rues, une corneille à panier. Chris Simon
Un hurluberluordélixieux. Labarococa
Un morceau d’océan, une cuillère de déssert (Mouloudji). Eric Dahan
un stradivariasouslerêvedesesdoigts. Labarococa
ET HOP, C’EST À VOUS :
Un groupe de scientifiques uruguayens, en partenariat avec l’Institut Pasteur de Montevideo, a annoncé mercredi la naissance de moutons génétiquement modifiés phosphorescents, premiers du genre en Amérique latine.
« La transgenèse sur cette espèce n’était pas disponible en Amérique latine et cette réussite positionne l’Uruguay au plus haut niveau scientifique mondial », se sont félicités l’Institut de reproduction animale Uruguay (IRAUY) et l’Institut Pasteur dans un communiqué.
Les précédents dans la région sont une vache transgénique produisant des protéines humaines dans son lait, créée en Argentine en 2011, et des chèvres génétiquement modifiées au Brésil, qui produisent également des protéines à usage humain.
Les moutons uruguayens sont nés en octobre 2012 à l’IRAUy, où ils se sont développés normalement, sans présenter de différences avec leurs homologues non-transgéniques, a indiqué Alejo Menchaca, président de l’Institut.
Leur seule spécificité visible est d’être phosphorescents lorsqu’ils sont placés sous une lumière ultra-violette, en raison de l’introduction dans leur ADN du gène d’une méduse.
L’opération n’a pas de but en soi, si ce n’est de vérifier l’efficacité de la méthode d’introduction d’un gène étranger dans l’ADN de ces animaux.
« C’est une technique très efficace, car tous ceux qui sont nés sont positifs. Maintenant, nous pouvons travailler avec un autre gène, qui sera d’un plus grand intérêt, pour produire une protéine spécifique », a poursuivi Alejo Menchaca.
Les recherches étudient par exemple la possibilité de prendre un gène responsable de la production d’une protéine manquante dans certaines pathologies humaines (comme l’insuline dans le cas des diabétiques), de l’incorporer dans le génome d’une brebis, qui à sa naissance le produira dans son lait. Il serait ensuite possible d’isoler cette protéine pour fabriquer des médicaments plus facilement qu’avec les méthodes actuelles, d’après les chercheurs.
Pour AL. M. B.
Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes
La nuit est tombée, j’ai déposé mes sacs et accompli mes marches. Mes chemins de croix de chauve-souris
J’aurais du aller boire deux vodkas quelconques – mais offertes, c’est bien moi – à « L’aurore », ce bar de nuit qui n’existe peut-être pas. Qu’importe, L’endroit est fermé et vide. Et puis tu n’y es pas. Un cigare « Don Sébastien », un Saint-Domingue de belle cape, m’attend. Et j’écris un mot pour toi en écoutant Keziah Jones. J’ai écouté et traduit la pochette avec le mauvais anglais que tu me connais. A peu près ces mots qui te semblent adressés :
« Le paradis n’est qu’un autre monde.
(…) Parce que (virgule dans mon esprit, c’est moi qui l’écrit)
J’aime t’emmener dans une romance,
T’enlever à Paris, France
Quitter les cafés et les bars
Marcher dans les boulevards l’hiver
Est-ce un sourire que je vois ?
(…)
Mais peut-être que tu ne me regardes même pas ?
Parce que si tu souris sans raison, la saison est perdu.
Mais si ton amour est le rythme, le rythme est l’amour. »
Et moi je fume. Je pars à Saint-Domingue en te recopiant, et en tatouant mon corps à défaut du tien. Et j’emporte ce livre rare de Nigel Barley ,« un anthropologue en déroute ». C’est lui. C’est aussi notre sujet. Et je repars, toujours sans vodkas. Plus besoin. Direction les « Dowayo » du Nord Cameroun. Mes très longs voyages pour une très longue soirée. Et ça continue. Quatre ou cinq voyage à venir. Et toi Dans tout ça. Viens une fois avec moi. Je serais fier. Je serai si complet. Elle est avec moi, à mes côtés. Jamais derrière. Au moins pour arrêter mes pas inutiles. Mes nuits d’octobre, mes nuits qui ne servent à rien.
Et même les murs n’existent pas. Je n’ai rien oublié grâce à toi. Ni les gens, ni les voyages, ni les livres. Tu n’es pas un mur. Tu es la vie, le voyage, le corps en grâce et le coucher de soleil que j’attends.
Aucun mur. Seulement l’amour. « Amur ». A-Mur. Toujours. C’est ce qui est écrit sur le mur qui n’existe pas. Tu n’es pas là.
Toujours sans vodka, à Prague. Toujours sans toi.
Une pleine lune sur le fleuve, comme autrefois, quand tu me « baladais » dans la ville aux lumières et que l’on se faisait encore rêver…
Ton corps comme mes montagnes qui résonnent en altitude. Beaucoup de pluie, de vent, et si peu de lumière. Et ces mots de poète, déposés sous l’arbre :
« ah Je comprends ici l’ami mort, (…)
Qui crient vers un être aimé, parmi les glaces
Immense est leur solitude, ou bien au bord de l’océan
Comme le vent qui porte au naufragé l’odeur
de la terre perdue »
C’est Ilarie Voronca et son apprenti fantôme. Début d’une bibliothèque que j’avais commencé pour toi.
Au milieu des feuilles des nuits d’octobre, une mèche de cheveux de l’absente. J’y ai presque cru.
J’ai cru. Toutes les voix pour toi, comme dans mes anciens enfers quand je suivais le fil des tristes rues. A provoquer les fantômes, à trinquer sans raison. Mes mauvaises raisons.
Je reprends mes marches maléfiques et nébuleuses. (si tu savais comme je m’ennuie)
L’amour est un azulejos que l’on ne peut accrocher au mur
de longues nuits
De longues nuits
L’arrache ciel
L’a-Mur.
Celle qui a compté
Ton prénom à la craie.
PEUT-ÊTRE
Si tu étais venu dans ma retraite,
Mon château
Mon grenier percé de Sigognac
Tu aurais entendu les voix.
Lorsque quelqu’un chuchote en ton sommeil
Sur la route avant toi,
Avant que tu m’offres ce lourd et beau beau présenté argenté, à plumes. Je ne me souviens plus. C’est la nuit et j’ai froid. C’était avant. Quand tu étais là et que je n’étais pas là.
je me souviens avoir vécu comme ça, à Paris et Là-Bas, entre dos d’âne et dent de scie
à la a vie, à la va mal, à vau-l’eau.
Depuis que tu es absente, je dors avec n’importe qui. Je ne dors pas. Avec Borges, par exemple. Et c’est moins bien.
Il est intelligent comme toi, le saint aveugle.
Alors je pense à tes yeux et ça me réveille.
Et je vois
Tes yeux
Pourtant tu dors
et moi je veille
à « poings serrés »
je t’observe te déshabille,
je vois tous tes regards
Mon nouveau tatouage couleur d’infamie et l’encre qui a percé nos cœurs. et le sang s’est défilé.
Il reste un filet
durci comme un poignard
une croûte en forme de deuils
tu n’es pas là
Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes
Comment l’île mystérieuse s’est retrouvée sur Google Earth ?
Gare à ceux qui utilisent Google Earth ou Google Maps pour se repérer, ces derniers ne sont pas toujours fiables. Sandy Island, ou île de Sable, n’existe pas, pourtant elle figurait sur Google Earth. Voici enfin les explications de la naissance et de la mort de Sandy Island.
En novembre dernier, des scientifiques australiens ont traqué une île fantôme. Ils étaient en mission, étudiant la tectonique des plaques, lorsqu’ils décidèrent de faire un petit détour par Sandy Island. Cette terre figurait sur Google Earth, sur la base de données mondiale des lignes côtières, mais pas sur leurs cartes nautiques. Piqués de curiosité, ils s’y sont donc rendus et ont levé le doute : l’île n’existe tout simplement pas. Google Earth indique pourtant la présence de Sandy Island, en forme d’ellipse, d’environ 25 km de long pour 5 km de large.
D’après le géant de Mountain View, l’île mystérieuse se situe au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie, par 19,22° de latitude sud et 159,93° de longitude est. Mais comment l’île peut-elle figurer sur les cartes si elle n’existe pas ? De sa naissance à sa mort, son histoire nous est enfin dévoilée. Maria Seton, de l’université de Sydney, était à la tête de l’équipe qui a divulgué l’inexistence de cette île. Ce mois-ci, elle publie son rapport d’enquête dans Eos. Voilà près d’un siècle que l’île fantôme est répertoriée. Elle fut observée par l’équipage du Velocity en 1876. En 1908, elle faisait sa première apparition sur une carte nautique britannique.
Sandy Island, vue par Google Earth. Comme l’île n’existe pas, il n’y a pas de photo satellite. On observe seulement le masque en noir et les lignes de contour des côtes.
Qu’en disent les satellites ?
Bien sûr, depuis 1908, nombre d’expéditions ont transité dans la zone. Comme aucune n’a pu trouver Sandy Island, elle a commencé à être retirée des cartes hydrographiques dès les années 1970. Oui, mais elle n’a pas disparu de toutes les cartes, et c’est bien là le problème. Le tracé de l’île mystérieuse a continué à être édité. L’erreur a fini par atterrir dans les bases de données numériques de la World Vector Shoreline Database. Cette base de données est beaucoup utilisée dans le monde entier, parce qu’elle est en accès libre et qu’elle fournit toutes les données bathymétriques et les lignes de côte.
Toutefois, il existe des inexactitudes comme Sandy Island en raison à la fois des erreurs de saisie des données lors de la numérisation et des erreurs dans les cartes manuscrites initiales. Mais lorsque l’équipe australienne a clamé que l’île n’existait pas, certains scientifiques ont exprimé leur scepticisme. La bathymétrie, fournie par le General Bathymetric Chart of the Oceans (GEBCO) ou dérivée des données satellites, rapporte une élévation du niveau de la mer d’un mètre sur l’île. Certaines données satellitaires telles que la température de surface indiquaient aussi la présence d’une île.
Sandy Island, une dérive de pierre ponce
Les données satellite sont traitées à partir d’algorithmes qui utilisent des masques pour différencier la terre de l’océan dans l’interprétation des données. Ces masques sont des grilles qui définissent les lignes de côte numériques basées sur les cartes géographiques, ils n’ont donc fait que propager l’erreur des cartes de base ! Ces artéfacts liés aux grilles sont bien connus. Sur Google Earth, on pouvait apercevoir une forme noire allongée. C’est seulement le masque que l’on voit, puisqu’aucun satellite n’a été en mesure de photographier l’île fantôme. Le capteur Modis suggère même qu’il s’agit d’une zone d’eau profonde !
Maria Seton et ses collègues suggèrent que l’équipage du Velocity aurait pu prendre pour une île… un amas de pierres ponces. Ces amoncellements se forment lorsque la lave se refroidit rapidement, piégeant du gaz à l’intérieur et formant des roches légères qui peuvent flotter. L’été dernier, un volcan sous-marin en éruption qui fait partie des îles Kermadec, le Havre, a provoqué la dérive de pierres ponces d’une superficie de 22.000 km2 ! En raison de l’activité volcanique, Sandy Island se trouve sur une autoroute de pierres ponces. Les courants canalisent ces îlots dans la zone entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie.
© Par Delphine Bossy, pour Futura-Sciences
Photographie © Google Earth
Et pour savoir si Google Earth a permis de découvrir l’Atlantide, ON CLIQUE ICI
Et si vous souhaitez, voyager, naviguer, sinueux et improbable, le curieux gardien vous recommande la lecture de :
Atlas des îles abandonnées de Judith Schalansky, éditions Arthaud
Désertes ou peuplées d’étranges créatures, paradis perdus ou contrées dantesques, les îles ont ceci de magique qu’elles inspirent la crainte autant que la fascination. Cet Atlas des îles abandonnées nous emmène en voyage dans des territoires éparpillés sur le globe, à la frontière du monde tangible et de l’imagination. Dans les eaux polaires du Nord, l’île Solitude est murée dans les glaces. Des millions de crabes rouges fleurissent les plages de l’île Christmas dès les premières pluies tropicales. Au milieu du Pacifique, la femme-oiseau de Banaba alimente les fabulations collectives…
Chacune des cinquante îles présentées ici a une histoire, son histoire. Qu’elle soit invraisemblable, merveilleuse, légendaire ou oubliée, elle raconte le destin d’une miette de terre, quelque part, dans l’immensité océane.
Quand mes yeux m’auront quittés
Je n’aurai pas mal
Je n’aurai pas peur
Si tu es là
Car tu seras là
Devenir mes envies
Avec toi
J’apprendrai la confiance
Je marcherai sans crainte
J’avancerai à ton unisson
Je ne serai pas aveugle car
Tes mains feront de moi un voyant
Je ne maudirai jamais la solitude
Car tu seras la vie qui clignote
Je hâterai le pas sans hâte et sans larmes
Guettant sur le chemin tes lucioles taquines
Je ne serai pas handicapé car
Mes mains seront encore capables de se faufiler
Dans tes fontaines souterraines
Mon ventre et mon bas-ventre
Iront encore découvrir
Tes secrets de Lascaux
Tes intérieurs de Cosquer
Mes oreilles t’imagineront
Heureuse
Grisée
La langué déliée
Les seins libres
Les bras ouverts
Les rêves larges
Mes yeux fermés te connaitront
Par cœur
Et par corps
Mon nez sera à l’arrêt
A l’affut
A la traque
De tes parfums farandoles
De tes humeurs de sous-bois
Mon radar te fouillera
Te creusera
Te façonnera
Te marquera
Comme une marqueterie fine
Mes dents te reconnaitront
Sans jamais t’entacher
Mes dents cueilleront ta perle
Comme une étoile habitée
Mes souffles et tes souffles seront chorégraphie
Mes yeux vides t’inventeront des éclairs
Mes ongles tendres
Graveront sur tes reins
Des planisphères
Ma voix trouvera tous tes orifices
Et fera son feu d’artifice
Dans ton ventre-sexe
Tes liquides et les miens
Seront cul-et-chemise
Sucré-salé
Suave et doucereux
Sans jamais être aigre
Mes yeux seront ceux d’un dresseur de fauve
Qui sans fouet
Te fera te cambrer
Comme les barrières d’un passage à niveau
Mon train à vive allure
S’enfilera dans ta nuit
Se jouera de tes tunnels
Nous ferons chauffer les machines
Bouillir les mécaniques
Tes hurlements seront
Le premier jour de ma nuit
Ta jouissance sera mes cinq sens
Aveugle, vous plaisantez
Elle m’a donnés sa vue
Elle m’a rendue la vie
Elle m’a donnée sa vie
Elle m’a rendue la vue
Et sur mes paupières closes
Elle a écrit le mot
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Elle ne ressemble pas la Danaé de Klimt.
Elle est Danaé.
Quand elle glisse sa cuisse lourde et légère
Peinte et recouverte d’or
Sur mon ventre-palette
Elle barbouille mes craintes
A sa belle façon
Elle ne pose jamais
Elle repose
Quand les nénuphars se déposent sur son ventre
Elle n’est pas qu’une impression.
Quand le clair-obscur vient habiller ses reins
Elle m’apprend la fragilité de la lumière.
Quand elle pose sa main sur mon visage
Les pigments qu’elle y dépose
Me piquent les yeux que je frotte comme un enfant.
Quand elle me regarde
Et que j’entrevois dans ces yeux
Ingres et Chardin
Le Caravage et le chagrin
Les pastels et la peine
Le « repentir » et la rancœur
Les « nabis » et sa prophétie
Les musées cachés et l’espoir
Elle est mon histoire de la peinture
A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?
Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.
Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous :
N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.
Une tête réduite par un jivaro géant
Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman
Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles
Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise
Un fer à cheval de Troie
Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes
Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée
Le phonographe hanté de Curios de Richard Marsh - éditions e-Baskerville
Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims
L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret
Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain
Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye
La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky
Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.
Photo de Jérôme Abramovitch
- Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon
- Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky
- Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore Mikaël Lugan
un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja
Un astrolabe au ratoire. Anatol R
Un ami pour la vie. Claire Tisserand
Un marre à tout, un chien chilli, une toillette de cheval à vapeur, un simili taire des rues, une corneille à panier. Chris Simon
Un hurluberluordélixieux. Labarococa
ET HOP, C’EST À VOUS :
Je froisse
la feuille
avec rage
J’y mets le feu
Puis
tandis qu’ils
hurlent
à la trahison
Je les fous
dans les chiottes
Je tire la chasse
Et regarde
longtemps
tourner
les cendres noires
de ces bourriques
qui souhaitaient
m’imposer
leur destin
Daniel « Magique » Maja a écrit et illustré :
Le seul rescapé du naufrage de « l’Atalante » fut le Père Giorgio de la Compagnie de Jésus et aumônier du bord. C’était un savant, botaniste, philologue, taxidermiste et épicurien. Arrivé par miracle sur le rivage, il fit voeu d’y bâtir une chapelle, ce qu’il fit.
Elle n’est plus consacrée, le cabinet de Curiosités du jésuite, collection d’objets échoués sur la plage y demeure encore.
Là voisinent un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Les dalles sont douces aux pieds-nus.
On va se baigner, l’eau est transparente, on observe les holoturies, on philosophe sur la vie végétative d’icelles, puis on ira cueillir des moules grasses et laiteuses dans les rochers mauves.
Ne sait quand reviendra…
Puis Mon ami Jack Chaboud m’écrit : « Daniel Maja m’a appelé ce matin, une question : “comment connais-tu Eric Poindron », j’ai répondu un truc plat comme la Hollande, alors que j’aurais dû lui dire : « Mais… tout le monde connait Eric Poindron ». Voilà »
Et pour retrouver LA VIE BRÈVE les univers improbables, inouïs & poétiqueS de Daniel Maja, ON CLIQUE ICI
En 1427, en Suisse, une poule a un jour la mauvaise idée de pondre un oeuf sans jaune. Immédiatement, les villageois préviennent les autorités qui traduisent le volatile devant un juge pour sorcellerie. L’animal est condamné au bûcher puis brûlé vif, comme n’importe quelle personne convaincue d’entretenir des relations avec le démon.
Les rencontres de Eric Poindron, avec AGNÈS MICHAUX & ANTON LENOIR autour de leur livre Death is star, la Mort, sa vie, son oeuvre.
© Une réalisation Esti
A Monsieur Norbert G, érudit & fouineur jubilatoire
« Quand le Diable s’empare de quelqu’un, il s’attache à lui depuis la tête jusqu’aux pieds. Aussi l’opération pour le chasser est-elle un peu longue. Il faut le suivre place à place, lui faire quitter l’un après l’autre, les membres du possédé. Un habile exorciste se garde bien de le laisser pénétrer jusqu’à une certaine partie du corps, surtout de celui d’une femme ; car c’est là qu’il fait sa dernière retraite et qu’il se cramponne, espérant que la pudeur de l’exorcisant, ou de l’exorcisé, ne permettra pas qu’on y fasse visite pour l’en déloger. Le bon homme Job, en réfléchissant sur son fumier, avait deviné cette ruse du Diable, et pour qu’on n’y soit pas trompé, il la découvre dans le Livre de la Bible qui porte son nom ; c’est là que le Père Osterman l’a trouvée le premier : sub umbra dormit in secreto Thalami, in locis humentibus. C’est donc dans les marais du corps humain que le Diable fait sa dernière retraite, présumant qu’aucun Prêtre n’osera la toucher dans cet humide et obscur réduit.‘Fingit se aegre ferre quod sacerdos tangat vultum ejus, dit Jérôme Menghi ; ad hoc ut vehentius tangat et inde mulieri ingerat voluptuosa fantasma ; et eadem ratione, fingit se aegre ferre quod Sacerdos loquendo, nimis approximet ori, ut vultum vultui magis approximet.‘ Zacharias Vicecomes a découvert une autre finesse du malin Esprit. Il a remarqué, dit-il, que les possédées regardent lascivement l’exorciste ; qu’elles tâchent de lui toucher les mains, ou de mettre leurs pieds sur le sien, et que, par de semblables manoeuvres, elles ne cherchent qu’à l’exciter à l’impureté. Maximilien ab Eynatten dit la même chose, et les avertit de substituer les signes de croix aux attouchements. Brognolo prouve invinciblement combien il est dangereux de poursuivre le Diable dans cette cachette. Il arrive fort souvent, dit-il, que des filles jeunes et belles sont tourmentées par l’Esprit malin. D’abord il les saisit au col et s’y tient jusqu’à ce que l’exorciste l’ait oint de la Sainte Huile avec ses mains sacrées. De là il descend à la poitrine, d’où on le déloge par le même moyen. S’il se range ensuite sous la mamelle, il faut que le Prêtre touche cet endroit, et qu’il le frotte de la Sainte Huile, mais dévotement et avec honnêteté. Enfin il passe à la matrice, que le Prêtre, qui aime la Chasteté, ne veut pas toucher ; mais la jeune fille crie et demande avec instance qu’il la touche en cet endroit, parce que ses tourments ne peuvent être apaisés que par l’attouchement de ses mains sacerdotales. »
Jean-François Née de la Rochelle, Les Fredaines du Diable, ou recueil de morceaux épars, pour servir à l’histoire du Diable et de ses suppôts ; tirés d’Auteurs dignes de foi, par feu M. Sandras, Avocat en Parlement ; mis en nouveau style et publiés par J. Fr. N. D. L. R., Paris : 1797 [an VI], Chez Merlin, Libraire, Chapitre XIX. Le Diable se sauvant par les marais
Le « Codex Gigas » appelé aussi « Bible du Diable »
« Ici l’étrange collectionneur,
le singulier gardien,
avait entassé des instruments de mesure complexes,
des boussoles incongrues
(…) des amulettes contre le mauvais oeil (…)
des racines supposées de mandragores,
un défense de licorne (…)
les ossement d’une prétendue sirène ;
en somme, des fragments d’étonnements. »
Un peu de cryptoozologie – étude des animaux improbables, cachés ou « à caution » - sur les traces du dernier dinosaure, ça vous tente ?
MOKELE-MBEMBE : SUR LES TRACES DU DERNIER DINOSAURE
LA “LÉGENDE DU MOKELE-MBEMBE”
La région du bassin du Congo s’étale sur plusieurs pays (Cameroun, République du Congo, République Démocratique du Congo, Guinée Equatoriale, Gabon, République Centrafricaine). Avec l’Amazonie, elle est la région forestière la plus primitive au Monde mais également l’une des moins explorée. Certaines régions du Nord Congo restent totalement inconnues de l’Homme encore à ce jour.
La science estime qu’il existe entre 8 et 30 Millions d’espèces vivantes sur notre planète. Seulement 1,8 sont connues à ce jour. Des millions d’espèces, animales et végétales, restent encore à découvrir. Depuis le début du siècle, de nombreux témoignages évoquent l’existence, dans la région du Bassin du Congo, d’un animal de la taille d’un éléphant, ayant un long cou,une tête de serpent, une longue queue massive et quatre pattes.
Beaucoup de ces témoignages ont été rapporté par des missionnaires, des explorateurs ou des chasseurs occidentaux, mais l’animal est surtout très bien connu et parfaitement décrit par les populations ancestrales de ces forêts, les Pygmées. Ils appellent cet animal Mokele-Mbembe (Mokele-Mbembe signifie selon les sources : “celui qui empêche la rivière de couler”, “arc-en-ciel” ou “animal monstrueux”). Son allure serait celle d’un dinosaure sauropode de petite taille. Il aurait un mode de vie aquatique ou semi aquatique, et fréquenterait les fleuves et les marécages de ces forêts primitives.
De nombreux accidents mortels sont imputés à cet animal capable de renverser les pirogues et de s’attaquer aux hommes. Il est vu et observé régulièrement et la majorité des observations ont généralement lieu le soir, la nuit ou très tôt le matin.
Les Pygmées ont une connaissance inégalable de la faune et de la flore de leur forêt. Ils ont observé et étudié le comportement de chaque animal, qu’ils chassent la plupart du temps. Pour eux, cet animal est rare mais fait bien parti de la faune vivante de leur région. Il est important de rappeler que c’est grâce à des témoignages identiques de leur part que la science occidentale a pu découvrir des animaux comme le Gorille, l’Okapi.
La majeure partie des nouvelles espèces découvertes dans le monde le sont grâce aux témoignages des populations isolées qui les connaissent généralement bien avant que la science ne les découvre.
Le Bassin du Congo, une vaste région située entre le Congo et le Cameroun, abrite la dernière vraie forêt préhistorique de la planète. Sa flore n’a pas évolué depuis l’époque du Crétacé, et la communauté scientifique est unanime pour penser que la plupart des espèces animales qu’il nous reste à découvrir vit là bas.
Cela fait plus d’un siècle que les pygmées témoignent de la présence d’un animal mystérieux dans les eaux des grands lacs de cette région, dontl’apparence serait proche du fameux Diplodocus. D’autres indices existent, et permettent de questionner la véracité de cette légende. De nombreuses expéditions scientifiques ont été réalisées au cours du XXe siècle sans succès…jusqu’à maintenant.
En 2011, par le biais d’amis communs, les deux têtes pensantes du Comptoir Général, le musée des cultures du ghetto et de l’exploration à Paris, rencontrent Jérôme Raynaud, un biologiste réalisateur de documentaires animaliers maintes fois primés et ancien assistant de Jacques Perrin (Microcosmos, Océans,… ). Ils découvrent grâce à Jérôme un nouveau monde scientifique obscur et fascinant : la cryptozoologie.
Emballés par son projet de trouver enfin l’illustre Mokele-Mbembe, impressionnés par son travail et son professionnalisme, ils décident derepositionner une partie de leurs activités autour de cette aventure scientifique. Le travail d’archivage commence autour de la nombreuse bibliographie existant sur le sujet depuis un siècle (revues scientifiques, carnets de voyages, articles de presse, …), des premiers partenariats techniques sont noués, un premier stock de matériel est acheté et Jérôme effectue une première mission de repérage en mars 2012.
En mars 2013, le portail www.mokele.fr est dévoilé : un journal de bord destiné à exposer l’intégralité des connaissances de Jérôme sur le sujet : ses rencontres, témoignages, les indices collectés, une étude de l’environnement naturel de la région, une explication du matériel technologique utilisé, et une présentation complète de tous les éléments fondateurs de cette légende ancestrale.
Le 1er avril – date de lancement de la campagne de collecte – Le Comptoir Général dévoile sa nouvelle attraction du même nom, à visiter 7 jours / 7 au 80, quai de Jemmapes à Paris.
L’attraction Mokele-Mbembe, au Comptoir Général
LE COMPTOIR GÉNÉRAL
Musée de l’exploration et des cultures ghettos en plein cœur de Paris.
L’EXPÉDITION FILMÉE – JUILLET 2013
Elle donnera lieu à la tenue du journal de bord en temps réel par Jérôme, déjà entamé, et au tournage d’un film documentaire dont le format reste à définir (série, 52 minutes, long métrage…)
LES OBJECTIFS
1. Explorer le réseau fluvial de cette région ainsi que les zones forestières proches du fleuve afin de recenser les diverses espèces animales connues et inconnues présentes dans ces eaux et dans ces forêts.
2. Effectuer des observations aériennes de la région grâce à nos drones afin de mieux la connaître et de répertorier la présence de baï (ou salines). Les baï sont des clairières marécageuses qui attirent une multitude d’espèces qui viennent y trouver une eau riche en sels minéraux. Ce sont des zones privilégiées pour l’observation et l’estimation des espèces présentes.
3. Explorer les mystérieux tunnels creusés et effectuer des relevés (os, œufs, fragment de peau de griffes…) qui permettront d’identifier la nature de l’animal.
4. Poursuivre la récolte de témoignages visuels de première main auprès des populations locales, afin de réaliser une cartographie précise des zones fréquentées par l’animal et de procéder à son éthologie.
Au-delà d’une éventuelle découverte scientifique de premier ordre, cette expédition a pour vocation de sensibiliser le public sur les nombreuses menaces qui planent sur une région trop méconnue, à la biodiversité inégalée, aux ressources naturelles immenses, à la population locale riche d’une culture ancestrale: déforestation, braconnage, surexploitation industrielle…
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« Les berges aux bouges crapuleux qu’aimait Jean Lorrain ont disparu ». Ainsi commence une phrase d’Apollinaire, dans Le Flâneur des deux rives, le poète qui, sur ses doigts, comptait les vers… Paris, l’humeur de la ville, la rue lumière et clair obscur.
C’est un autre poète, qui me l’a dit. « Tu verras, les bardes de Paris sont provinciaux, métèques ou auvergnats. Assurément,ce sont eux les parisiens. Ils fréquentent les sous-sols, gravissent les façades, les toits et l’Histoire… Ce sont eux tu verras. »
Le Vatican a tenu, voilà quelques années, une conférence sur la possibilité d’une vie extraterrestre et ses conséquences pour l’Eglise catholique.Cette conférence de 5 jours a rassemblé environ une trentaine de scientifiques afin de débattre sur la possibilité d’une vie ailleurs que sur notre planète. Ce n’est pas la première fois que le Vatican débat de l’existence d’une vie extraterrestre dans l’univers. En 2005 déjà, une conférence du même genre s’était tenue, organisée par l’observatoire du Vatican.
Le révérend Jose Gabriel Funes, qui dirige l’observatoire du Vatican, a déclaré que la science et la religion n’étaient pas incompatibles et que cette question d’une existence extraterrestre ne remettait en aucune façon en cause la foi en Dieu. L’an passé, il avait déclaré dans le journal du Vatican :
« Si des formes de vie sont découvertes ailleurs dans l’univers, elles peuvent être considérées comme des créatures de Dieu [..] Cela ne contredit pas notre foi parce qu’on ne peut délimiter la liberté qu’a pris Dieu lors de la création. »
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A Daniel Maja, bien sûr
Et à Miss Coco Fronsac, bien entendu
C’est le 19 décembre 1912, en son appartement du 17 rue Guénéguaud, que le marchand Augustin Corvet, d’ordinaire spécialisé dans les petits maîtres et la peinture dite « pompier », organisa une exposition « encyclopedorganique » – intitulée avec sobriété L’Exposition ; exposition, soit dit, à faire tourner de l’oeil plus d’un bourgeois et même d’un carabin. Ce soir là, le professeur Cornélius Coriolis – surnommé « le Sâr à la française »- y démontra, oh stupeur, que l’on pouvait remplacer un instant un coeur humain par une pomme empoisonnée ; et que, durant l’expérience, la jolie « volontaire » pouvait encore fredonner à l’occasion et réciter quelques poèmes délicats et néanmoins grivois : La vieille marchande d’almanachs, par exemple, une gaillardise bien troussée de Faucherand de Mont-Gaillard, dit Sieur de Mont-Gaillard. Une fois la coeur remis à sa juste place, comme par magie magique, la jolie « volontaire » était en mesure de reprendre ses broderies et ses commérages ! Les « pièces humaines »- et assez macabres au demeurant – exposées au public, aussi conquis qu’ébahis, avaient été achetées – ou volées ça et là – dans les réserves vétustes de musées désuets et provinciau condamné à la fermeture.
Ce soir là, donc, à défaut du tout-Paris, on put y croiser un autre « certain tout-Paris » : Les anarchistes des beaux quartiers, quelques taxidermistes du Museum, les prosecteurs de l’école de médecine, Le prince Zalewski, le neveu de Robert Houdin, Le prince Youssoupov (l’assassin de Raspoutine), des curieux zélés, des Russes blancs en goguette, un couple princier d’extrême Orient spécialisé dans la photographie savante, Bénédict Masson (le relieur d’art de l’Île saint Louis qui devait être guillotiné quelques années plus tard pour des meurtres atroces qu’il n’avait pas commis), l’historien François Régulus-Deslunes, Rodolphe Trouilloux et Jules Dommage (voir documents), quelques noceurs du Cabaret du néant, quelques comédiens du Théâtre du Grand Gignol et les étranges tireurs de cartes du « Cercle Ésotérique Oswald Wirth ». L’assemblée était à la fois bigarrée, savante et joyeuse. Erik, alias, le si tristement célèbre « fantôme de l’opéra », que devait immortaliser Gaston Leroux dans son célèbre roman, aurait été présent que nul ne s’en serait étonné. Peut-être, du reste, était-il présent ; allez savoir avec les fantômes !
Après les explications scientifiques, les conversations badines et les expériences ésotériques défiant l’imagination, les invités se lâchèrent un peu : Ils burent à même les tonneaux et firent ripaille des viandes froides. Certains, les plus curieux, allèrent jusqu’à ouvrir les vitrines pour, au plus près, « tater la marchandise ». Puis, dit-on, certains « boucs-en-train » invitèrent les empaillés, les écorchés et les femmes de vertus minuscules à danser force polkas et mazurkas endiablées. D’après, Firmin Félix, présent à la grande noce, un jeune reporter de L’Excentrique, un journal qui donnait dans le sensationnel, « La soirée extravagante et savante fit grand bruit et l’on ne s’ennuya guère ! » Durant toute la nuit ou presque, les singuliers convives achetèrent tant et tant que le marchand Augustin Corvet se fit la promesse de ne plus jamais vendre de peinture, qu’elle fut vanités ou trompe l’oeil. En collectionneur, et en presque « artiste », il venait de trouver sa voie… Il devait rapidement ouvrir un étonnant et itinérant musées des horreurs qu’il déplaçait à sa guise sur les routes de France. Toutefois, comme toutes les histoires, ceci est une autre histoire.
N. B. Au centre, les historiens et les spécialises du « Paris macabre » reconnaitront sans peine, catalogue à la main, Rodolphe Trouilloux (1), celèbre collectionneur malfaisant de « petites » demoiselles, vivantes ou empaillées ». La Femme à barbe au dernier plan – ou plus exactement son buste – n’est autre que la célèbre Hélène Martinet dit la « comtessa cocotte », qui fut à la fois chanteuse à l’opéra comique – c’est en tout cas ce qu’elle se plaisait à raconter –, gourgandine à toute heure, artiste peintre de jolie renommée, spécialisée dans les portrait dit « de maladies de peau », et gargottière à Bercy le reste du temps.
Dans l’image première, l’homme à la cravate rouge, à gauche du squelette, est Jules Dommage, chirurgien réputé qui possédait, dit-on une collection de plus de trois cents mains emprisonnées dans le formol. Le jeune homme portant casquette rouge est son assistant et fit souvent parler de lui, en mal, il s’entend. Surnommé Le petit Jaunet à cause de sa livrée couleur canari qu’il ne quittait jamais, il fut soupçonnés plusieur fois d’être le pourvoyeur de nombreuses mains qui, dit-on, n’avait pas perdu l’usage de leurs doigts. Mais vous connaissez les rumeurs et les vilaines langues.
Nicolas de Lemonial (Arrière petit-fils de Nicolas de Lemonial, 1733-1796, le célèbre collectionneur de farfadet), ami de Cornélius Coriolis, que l’on reconnait dans la première image à gauche, était le directeur des éditions du Gouffre. Il fut souvent confondu avec Félix Fénéon, l’anarchiste et célèbre critique picturale. Ledit soir, Il s’offrit, à défaut de couleuvre, le buste d’un célèbre avaleur de sabres.
(1) – Rodolphe Trouilloux (1887 -1922) fut clerc de notaire, puis avocat avant de monter une agence de détective dont le slogan publicitaire était : « Avec Trouilloux, la peur n’est jamais là, mais le résultat est au rendez-vous. » Il dut fermer son agence à la suite de la disparition inélucidée de plusieur de ses clients. On retrouva son corps dans la Bièvre alors qu’il était, d’après ses proches, en train de mettre la dernière main à ses mémoire. Mémoires qui du reste ne furent jamais retrouvées. Il est aussi l’auteur d’un rare Traité de la délation (éditions Cortex Frères) que l’on voit très rarement passer dans les salles des ventes.
A défaut de couleuvres…
A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?
Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.
Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous :
N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.
Une tête réduite par un jivaro géant
Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman
Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles
Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise
Un fer à cheval de Troie
Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes
Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée
Le phonographe hanté de Curios de Richard Marsh - éditions e-Baskerville
Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims
L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret
Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain
Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye
La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky
Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.
Photo de Jérôme Abramovitch
- Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon
- Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky
- Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore Mikaël Lugan
un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja
- ET HOP, C’EST À VOUS :
Certes, Lulu était charmante et même un peu plus ; ce qu’il ne l’empêchait nullement d’être intelligente. Elle souriait seulement quand elle le désirait et, bien que souvent silencieuse devant la caméra, ne mâchait pas ces mots quand cette dernière avait fini son tour de piste ou de manivelle. Et puis après tout elle se moquait de ce que l’on pouvait penser d’elle. Si un metteur de scène lui marchait un trop sur les talons aiguille, elle n’hésitait jamais à « faire le coup de feu ». Cette femme là, c’était un sacré mec…
Et Pan !
Le curieux gardien du cabinet vous recommande la lecture de :
Lulu à Hollywood de Louise Brooks (Pygmalion)
On n’a pas tout dit, loin s’en faut, de Louise Brooks quand on a dit qu’elle avait le plus beau visage du monde. Car c’est toute sa tête – pour reprendre le mot de Montaigne – qui était bien faite : on s’en convaincra aisément à la lecture des textes de Louise ici réunis. Elle en était parfaitement consciente et elle a eu le courage d’assumer son intelligence plutôt que de se laisser enfermer dans sa seule image, cette représentation d’elle-même que d’autres souhaitaient imposer. D’où son mépris – radical ! – à l’égard de ceux qui s’en tenaient aux apparences. D’où cette franchise parfois brutale et ce goût forcené de l’indépendance qui, s’ils furent sans doute un obstacle à une carrière fulgurante, ont fait de celle qui donna ses traits à Loulou pour l’éternité un mythe vivant et une icône à jamais. D’où enfin le culte que ses admirateurs – cercle toujours renouvelé, et comment ne pas s’inscrire parmi eux ? – lui vouent depuis des décennies. C’est à la femme Louise Brooks que j’ai souhaité, par la publication de ses textes, rendre hommage. (Jean-Claude Zylberstein)
Quelques mots sur l’actrice et La femme sont aussi à découvrir sur le blog de l’ami RAPHAËL SORIN
« C’était un homme paisible, respectueux des conventions, et le monde, vu du havre qu’était Brookfield, lui paraissait plein d’innovations de mauvais goût : un certain Bernard Shaw professait les opinions les plus étranges et les plus répréhensibles, un certain Ibsen aussi écrivain des pièces troublantes, et puis il y avait cette nouvelle folie de la bicyclette, qui gagnait les femmes aussi bien que les hommes. Chips n’était pas partisan de toutes ces innovations ni de cette liberté. »
James Hilton, Au revoir M. Chips
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Du tac au tac ou du berger à la bergère…
George Bernard Shaw envoya un télégramme à Winston Churchill pour la première d’une de ses pièces : « Vous ai reservé deux places pour la première. Amenez un ami, si vous en avez un. »
Réplique télégraphique de Churchill : « Présence impossible pour la première. Viendrai à la deuxième, s’il y en a une. »
Amusant et et fort instructif – de cette instruction qui ne sert à rien à l’exception de jubiler – cet article de Edouard Launet paru autrefois dans Libération. Des chiffres et des lettres, en somme…
Astérix et son gros copain sont réputés pour leur propension à assommer tout ce qui passe à portée de poings. Si bien qu’une équipe d’universitaires allemands, épluchant les 34 albums déjà dédiés aux aventures des deux irréductibles, a pu y recenser 704 cas de traumatismes crâniens de gravité variable. L’article de ces chercheurs, tout juste paru dans les Acta Neurochirurgica, indique que les Romains sont les victimes les plus fréquentes (63,9% des cas) et les Gaulois les agresseurs les plus probables (près de 90%). Plus de la moitié des traumatismes s’accompagnent d’une perte de conscience avec souvent un effet sur le nerf hypoglosse, c’est-à-dire que la langue de la victime pendouille lamentablement sur le côté de la bouche. Cependant, aucun décès ni déficit neurologique permanent n’a été constaté.
Les chiffres ont cette qualité, parfois, d’éclairer sous un jour radicalement nouveau une œuvre littéraire ou graphique. Profitant d’une nuit d’insomnie, nous venons de reparcourir crayon en main l’intégralité d’A la Recherche du temps perdu et n’avons pu y trouver le moindre cas de traumatisme crânien, sauf peut-être lors du déraillement du train qui fait arriver monsieur de Grouchy chez les Guermantes avec une heure de retard. On croise malgré tout quelques attaques cérébrales comme celle, bien connue des proustiens, dont la grand-mère du narrateur est victime dans les jardins des Champs-Elysées. Plus remarquable : il y a 9 occurrences du mot baromètre dans la Recherche, ce qui dénote chez Proust un intérêt soutenu pour la météorologie. Flaubert était beaucoup moins attentif au ciel. Relisant rapidement Madame Bovary ce matin, nous y avons repéré 18 fois le mot pluie, mais jamais les termes averse, crachin, ondée ou bruine. C’est dire si la météorologie flaubertienne ne fait pas dans la nuance. Le climat normand non plus, il est vrai.
Une impasse sur le déjeuner vient de nous permettre de souligner 26 fois le mot rain dans Finnegans Wake, mais une seule fois ragnowrock, présent dans l’expression « playing ragnowrock rignewreck ». Cette occurrence du mot ragnowrock est d’ailleurs la seule connue dans toute la littérature mondiale. Se passer également de dîner devrait nous permettre de lancer nos logiciels de lexicométrie à l’assaut des œuvres de Tolstoï et de Mishima, à la recherche du nombre de blessures par sabre.
Concernant le roman policier britannique, une bonne partie du travail a déjà été faite. La Crime Writer’s Association vient en effet d’annoncer que, sur l’ensemble de la production de l’an passé, le nombre moyen de cadavres par ouvrage était de 8,38. Le maximum est de 150. Quelques techniques originales parmi les assassinats 2010 : collages simultanés de la bouche et des narines à la superglue, coup d’euphonium – gros instrument à vent aussi appelé tuba ténor – sur la tête de la victime, taxidermie effectuée sur un sujet humain vivant (au début du moins). Autre atrocité chiffrable : la prochaine rentrée littéraire est grosse de plus de 700 nouveaux titres. Euh… il reste un peu de potion magique et une paille ?
Et le curieux gardien, d’avoir une pensée estimable et comptable pour l’estimé Sacha Guitry, en se souvenant d’un repas mémorable et néanmoins tragique :
« Du jour au lendemain, un plat de champignons me laissa seul au monde. Seul, car j’avais volé huit sous dans le tiroir-caisse pour m’acheter des billes - et mon père en courroux s’était écrié : Puisque tu as volé, tu seras privé de champignons ! Ces végétaux mortels, c’était le sourd-muet qui les avaient cueillis – et ce soir-là, il y avait onze cadavres à la maison. Qui n’a pas vu onze cadavres à la fois ne peut pas se faire une idée du nombre de cadavres que cela fait. Il y en avait partout »
Sacha Guitry, Mémoires d’un tricheur