ADAMEK IN MEMORIAM

Nous nous écrirons sans doute des lettres de plus en plus espacées, avant de nous laisser apprivoiser par le silence.

A-M. Adamek

Les éditions Mijade ont annoncé dans un communiqué la disparition de l’auteur Marcel-André Adamek après une longue maladie, mercredi 31 août : « L’équipe des éditions Mijade est très affectée par cette triste nouvelle. Adamek luttait depuis si longtemps avec force et courage que nous le pensions invincible. Durant toutes ces années il n’a cessé d’écrire des romans forts, marquants, d’une rare vérité. » L’éditeur avait publié en janvier Randah : La fille aux cheveux rouges. Par ailleurs, Le roman fauve, volume 2, Les oriflammes du nord était paru en mai chez A vue d’œil.

Le romancier était réputé pour ses schémas narratifs originaux, mêlant la poésie au fantastique, l’humour et les mythes. Né en 1946 à Gourdine dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, en Belgique, il fuit les bancs de l’école à 16 ans. Eleveur de chèvres, imprimeur, éditeur, grossiste en papeterie, terroriste en puissance, fabricant de jouets, nègre littéraire, il écrit d’abord des poèmes à partir de 1965, puis des romans cinq ans plus tard. En 1986, il fonde une maison d’édition ésotérique à Namur et plusieurs imprimeries en Belgique. On lui doit aussi l’invention de la “crèche parlante” et du “porte-bouteilles superposable”.

Récipiendaire de plusieurs prix - le prix Rossel, en 1974, pour Le fusil à pétales et le prix Marcel Thiry pour La grande nuit (2003) et le Prix triénnal du roman de la Communeauté française pour L’oiseau des morts en 1997. Retenons y encore le très beau Retour au village d’hiver -  l’auteur s’était fait connaître par des récits alliant la poésie, l’humour et le fantastique.

Le « curieux gardien » en profite pour vous recommander la lecture de L’oiseau des morts aux éditions Le Castor Astral.

Un orage violent, un nid foudroyé, et voici que commence l’aventure d’une jeune corneille confrontée en un premier temps aux cruelles nécessités de sa survie d’oiseau, et fascinée ensuite par ses rencontres avec les humains, leurs bienveillances et vilenies. L’un d’eux parvient à l’apprivoiser et tente de lui inculquer la notion d’un langage. Ce récit audacieux se présente comme le journal initiatique d’une corneille. Une véritable prouesse littéraire, l’auteur nous faisant voir le monde par le regard de l’oiseau. La corneille philosophe nous trouble en nous communiquant le secret de la « pensée animale ».Au moyen d’une écriture forte et poétique, Adamek a construit un roman initiatique proche des contes philosophiques voltairiens.