LE PARADISIER, ROMAN FLOTTANT

Le Paradisier, oiseau de paradis, paradis d’œufs et de plumes de tout poil, n’est pas un livre ordinaire. Véritable éclosion de poésie, chaque page caresse l’œil et le cœur. On y joue avec les mots, avec l’Histoire et les histoires. Vies minuscules et concordantes racontées en pied de nez par une plume qui prend tour à tour le rouge cerise d’une certaine bouche, les reflets d’or de tels cheveux, bleu virginal ou plomb fondu. Et c’est le cœur qui fond. Touché, plombé dirait l’auteur.

L’auteur, parlons-en : Frédéric Clement est un artiste atypique. Écrivain et illustrateur découvert en 1995 par le grand public grâce à son roman Magasin zinzin (Albin Michel, 1995) pour lequel on lui a décerné le prix international du Livre Jeunesse en 1996. Il a très récemment publié Chapellerie pour Dames de cœur, chat botté & enfants songes (Albin Michel, 2010) et c’est dans le même style personnel et touchant qu’il continue sa route avec Le Paradisier (Le Castor Astral, 2010)

Féru de « livres-musées », il collectionne les mots au travers d’une écriture légère et sonore, imagée au sens figuré mais aussi au sens propre par les multiples « compositions photographiques » qui accompagnent et complètent le texte jusqu’à la couverture, également réalisée par l’auteur. Les compositions de Clément font partie intégrante de l’œuvre. Elles se font indices et preuves de la réalité du journal de Raphaël Moineau, le narrateur du Paradisier, mi-ange déchu, mi-oiseau tombé du nid et qui picore les indices sur les toiles de Poussin.

Ainsi, tout commence au Louvre, où Moineau travaille et se laisse distraire par des plumes mystérieusement parsemées sur les toiles des grands peintres italiens. De plume en plume, je me suis laissée emmener par ce drôle d’oiseau à la patte torse, jusqu’en Italie.

Entre enquête fantastique, étude de mœurs légères et Histoire magique de l’art italien. J’ai visité Naples à travers l’œilleton duveteux de Frédéric Clement, machine à remonter les temps au long cours de la nostalgie des anges.

« Ovo », moi aussi je me suis mise à chuchoter le mot magique, tout le jour, à chercher des plumes perdues, des anges déplumés et à rêver d’Italie. Et j’ai vu, guidée par la voix de l’auteur, l’église San Francesco di Paola et les deux lions qui en gardent l’entrée, la verrière de la galleria Umberto I et bien sûr le Castel dell’Ovo. Le château de l’œuf. Car il faut bien revenir à l’origine et jamais on n’a vu de plumes sans œufs.

On prend plaisir à rencontrer les différentes figures qui se succèdent et s’entrecroisent dans le Paradisier et à se laisser porter par cette poésie qui déborde d’un authentique « roman flottant ». Extrait, Maestro !

Le Paradisier (Roman flottant) plumitif jaune poussin trouvé à Naples sur les remparts du château de l’Œuf, de Frédéric Clément

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