BAYOU

Bien sûr, saison oblige j’aurais pu vous parler de la neige et déposer ici, en guise de flocon, un joli poème hivernal – « La grande plaine est blanche, immobile et sans voix / Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte », écrivaint Maupassant. Pourtant, n’oublions jamais qu’un voyage comence lorsque l’on s’égare ; aussi égarons-nous en pays cajun, écoutez les pas, écoutez cette voie….

CRIS SUR LE BAYOU

par Zachary Richard

Comme si c’est trop tard,
Comme si la bataille était perdue,
Tout le monde proche de
S’retourner de bord et
Courir se cacher dans le grand bois.
Comme si aucune graine
Poussait dans cette terre
Sèche et poussièreuse
Et que la Saint-Médard s’annonçait
Sans pitié.
Comme si rien
Même bien amarré
Pouvait resister
De se faire garocher
D’un bord à l’autre
Dans ce vent grand comme
Le Plus Gros Ouragan.
Comme si la charité et l’espoir
Nous avaient abandonnés
Et que ni les hommes,
Ni les animaux, ni les plantes,
Ni les pierres, ni les microbes,
Ni les atomes, ni les soupçons
S’entendaient, mais se lançaient
Des grimace et des insultes,
Des trahison et des injures et
Des coups de poing dans le noir,
Les dents grinçants, les yeux rouges,
Et que les courageux
Avaient tous tombés
Comme des chênes blancs
À la fin de leur temps,
Laissant un silence
De cercueil sauvage
Étouffant inspiration,
Enlèvant tout même
La conception de la
Fin subie.

Quand le vent est tombé brut,
Soudainement un silence propagé
Comme un brouillard
De pestilence et de noir,
Plus grand silence
Qui pourrait jamais avoir
Écrasé surLe sud-ouest de la Louisianne,
J’ai entendu un cri.

Un cri sur le bayou
Comme j’avais jamais entendu.
Fort et résonnant
Comme un cocodris au fond du marais,
Comme le roi des cocodris,
Ses poumons remplis de musique,
Splendide comme le cri d’un feurset
Courtisant le soir,
Comme un marlion
Au fin fond du ciel,
Une cri fier et beau,
Comme un ange,
Comme la voix de dieu
Parlant à son amant
Après avoir fait l’amour.
Un cri venant de
Loin, loin là-bas,
Loin, loin dans bayou.

Et mon coeur s’est mis
À battre comme pour
Casser ma poitrine.
Et sans faire le moindre petit train,
J’ai regardé autour de moi,
Furtif, me demandant si
Quelqu’un d’autre
L’aurait entendu
Aussi.

Aux éxilés de Chignectou venu jusqu’à la
Pointe du Repos. 29 janvier, North Scott Ghetto

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