HUGO OU RIEN…

Et ce petit envoi délicat de l’ami Nicolas Esprime : 

Le récent anniversaire de Victor Hugo remet en actualité ce touchant souvenir : le 26 février 1802, lorsqu’on vint déclarer à la mairie de Besançon la naissance de l’illustre poète, le scribe municipal en entendant décliner les nom et prénom de l’enfant ne put réprimer un mouvement d’admiration :

 « Victor Hugo, oh ! oh ! »

Le soir, au repas de famille, il ajouta au menu ordinaire deux bouteilles de vin vieux.

Comme sa femme et ses enfants semblaient étonnés de ce luxe :

« Nous pouvons bien faire un petit extra ce soir, car c’est aujourd’hui qu’est né Victor Hugo, notre grand poète national. »

Le Chat Noir, A. A. le 14 mars 1885

4 commentaires sur “HUGO OU RIEN…

  1. Nicolas Esprime dit :

    Variante :

    Lorsque, le 20 octobre 1854, le père d’Alphonse Allais vint déclarer la naissance de son fils à la mairie de Honfleur, l’employé municipal en entendant décliner les nom et prénom de l’enfant ne put réprimer un mouvement d’admiration :

    « Alphonse Allais ? Hé ! Hé ! »

    Le soir même, au repas de la famille, il ajouta au menu ordinaire deux bouteilles de vin vieux.

    Et comme sa femme et ses enfants semblaient étonnés de ce luxe inhabituel, il déclara :

    « Nous pouvons bien faire ce petit extra ce soir, car c’est aujourd’hui qu’est né Alphonse Allais, notre grand humoriste national. »

    (in Alphonse Allais, ou, L’humour français, présenté par Robert Chouard, Éditions du Rocher, 1996, p. 9)

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  2. Nicolas Esprime dit :

    Intertexte :

    La mère de François Mitterrand, par exemple, mit au monde François Mitterrand. Elle s’appelle Yvonne ; c’était à Jarnac, Charentes, le jeudi 26 octobre 1916. 22 rue Abel-Guy. Le médecin qui était là était un docteur de village et s’appelait Jules Hubert. Lorsque le docteur Hubert demanda à Yvonne Mitterrand comment elle comptait appeler son fils, celle ci répondit sans hésiter. Jules Hubert eut un sursaut :

    « François Mitterrand, oh ! oh ! »

    Le soir, au repas de la famille, il ajouta au menu ordinaire « deux bouteilles de vin vieux ». Comme sa femme, madame Hubert et ses enfants, les petits Hubert, semblaient étonnés de ce luxe :

    « Nous pouvons bien faire un petit extra ce soir, car je viens de mettre au monde François Mitterrand, notre plus grand président de la République. »

    (Yann Moix, Panthéon, Éditons Grasset, 2006)

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  3. Nicolas Esprime dit :

    Un jour une lettre arrive à la poste de Paris avec cette adresse : “Au plus grand poëte de France.” Le facteur la porta à M. Victor Hugo. Celui-ci ne voulut pas l’accepter ; il l’envoya à M. de Lamartine, qui la refusa aussi et l’adressa à M. Alfred de Musset. Celui-ci la fit retourner à M. Victor Hugo qui enfin l’accepta. Elle était bien à son adresse.

    (Lambert Sauveur, Causeries avec mes élèves, 1875, p. 117, http://www.archive.org/stream/causeriesavecme00sauvgoog)

    Notons au passage que Roland Topor a emprunté quelques morceaux de ce livre pour sa nouvelle « La classe dans l’abîme » « (Un car transportant les enfants d’une école est tombé dans un ravin. […] L’instituteur, Monsieur Laurent, entreprend de faire la classe en attendant les secours.) », tirée du livre Four roses for Lucienne. Par exemple, cette tirade :

    « Est-il permis au vieillard de parler lui-même de son âge et de la mort qui approche ? Est-il convenable que nous lui en parlions nous-mêmes ? N’est-ce pas attrister ses derniers jours ? N’est-ce pas pour vous un doux spectacle que de voir un octogénaire qui plante ? Quel sentiment et quelle pensée fait-il naître en vous ? […] Le long espoir et les vastes pensées appartiennent-ils au vieillard ? Appartiennent-ils au jeune homme ? À qui appartiennent-ils ? Est-il aucun moment qui nous puisse assurer d’un second seulement ? Sommes-nous sûr de demain ? Les jeunes hommes survivent-ils au vieillard ? Comment meurent-ils ? Quel sentiment leur mort inspire-t-elle à l’octogénaire ? […] Demain est-il à vous, mon ami ? Votre court passé de douze ans vous donne-t-il droit à un long avenir ? » (p. 166)

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  4. Nicolas Esprime dit :

    Pour en revenir à Hugo… Topor emprunte à Sauveur :
    « Le beau, la poésie, n’est-elle pas aussi utile que l’utile ? »
    Dans la réédition de 1998 de Four roses for Lucienne (1967) ça devient :
    « Le beau, la poésie, ne sont-ils pas aussi utiles que l’utile ? »
    Tandis qu’en 1862 c’était, dans Les Misérables :
    « Le beau est aussi utile que l’utile. — Il ajouta après un silence : Plus peut-être. »

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