MAISONS HANTÉS A VENDRE

Hongkong spécule sur les maisons hantées…

« En cas de mort violente et affreuse, suicide du propriétaire, pendaison dans le salon, assassinat par balle, saut par la fenêtre, rachète appartement 20 % moins cher par rapport à la valeur du marché. » Voilà ce que l’on peut trouver entre les lignes de certaines annonces immobilières à Hongkong, où les superstitions peuvent faire monter ou baisser le prix des appartements.

Le marché des maisons hantées, c’est-à-dire des propriétés où il s’est produit un drame, a le vent en poupe. Le cynisme et la spéculation immobilière aussi, « en Chine, et plus particulièrement à Hongkong, les gens n’aiment pas les maisons où quelque chose de malheureux s’est produit », explique un agent immobilier local interviewé par CNN. Surtout, là-bas, les professionnels sont obligés par la loi de révéler à l’acheteur ce qui s’est passé dans la propriété, ce qui peut faire descendre jusqu’à 40 % le prix du bien, qui devient alors un hongza (un «lieu maudit»), du cantonais hong («v iolence »). Du coup, les professionnels rachètent à prix bas le lieu du drame et le revendent au plus fort (encore qu’il n’est pas évident qu’en France un lieu tragique se revende très facilement).

En général, ce sont des étrangers peu sensibles à ce genre de superstitions qui achètent la maison hantée, faisant là une fort bonne affaire, à condition que les fantômes ne s’y amusent pas trop. Des étrangers, mais aussi des médecins et des infirmières, « habitués à travailler au milieu des défunts. Cela dépend souvent des circonstances de la mort et des rumeurs qui circulent », explique l’agent immobilier à CNN. Le plus drôle, c’est que les meurtres particulièrement horribles peuvent affecter les prix de tout un immeuble, poursuit l’agent : « Il y a eu un meurtre affreux dans la baie de Quarry, une femme qui a tué son mari, coupé le corps en morceaux et en a disposé dans des sacs en plastique à chaque étage. Quinze ans plus tard, les appartements de cet immeuble sont difficiles à vendre. »

La demande pour ce type de biens est telle qu’une agence répertorie des centaines de « lieux de drames » qui ont eu lieu au cours des trente-quatre dernières années. Il y aurait même une liste officieuse chez les agents immobiliers, « identifiant les biens avec des cotes d’une à quatre têtes de mort, de l’accident mortel au meurtre médiatisé ». Ce ne serait pas ça qui serait hongza plutôt ?

© Emmanuelle Peyret pour Libération

2 commentaires sur “MAISONS HANTÉS A VENDRE

  1. catherine hugue dit :

    C’était à Delhi, en pleine mousson. J’avais loué un appartement dans un immeuble cossu de trois étages qui donnait sur une rue animée. Je me suis très vite rendue compte que j’en étais la seule habitante. Le propriétaire, un sikh, s’était bien gardé de me livrer l’information: un fantôme hantait les lieux; du moins telle était la croyance des anciens locataires. Les riverains me regardaient avec un regard où se lisaient la crainte et l’admiration. Des idées parfois nous traversent l’esprit qui défient la raison et la mettent en péril. Ainsi m’adonnais-je de façon irraisonnée à l’invocation du fantôme. Un après-midi, je demandai à l’esprit du lieu de se manifester à l’heure qui lui conviendrait. La réponse ne se fit pas attendre. La nuit suivante, alors que je dormais d’un sommeil magnétique, j’entendis une voix, non ! une pensée. Et dans cette pensée, l’entité masculine me fit part de la sympathie qu’elle avait conçu pour moi en me voyant danser dans les pièces de l’appartement. Fantôme épris d’une mortelle ? Et pour me prouver qu’il était réel … Un vacarme assourdissant me réveilla. On cognait à la porte d’entrée et la violence des coups la faisait trembler. Songeant à des voleurs, je me précipitai vers le téléphone pour appeler la police…le bruit cessa tout à coup. J’ouvris la porte, j’inspectai les pièces, je regardai par la fenêtre. Pas l’ombre d’une présence, rien qu’un saisissement et la conviction de la survivance post-mortem. Ce sentiment ne s’explique pas, la raison n’a rien à faire dans ce registre de notre mystère, l’impression laissée par une telle rencontre est indéfinissable.

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  2. catherine hugue dit :

    Serais-je sur un site fantôme ?

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