LE TRÈS COURT ROMAN D’UNE FEMME DISCRÈTE

Si vous n’avaz pas beaucoup le temps de lire,prenez quand même le temps de découvrir le plus court roman de l’histoire de la llittérature Française, réédité voilà quelques années par une jeune éditrice scrupuleuse, en 1992, si mes souvenirs son exacts, à l’enseigne de La Rose noire. Ce livre rare est une rareté et, de plus, l’histoire est bien triste comme une Cosette qui serait tombée dans un tonneau de Charles Dickens quand elle était petite… Vous ne perdrez pas beaucoup de de temps à cette mais vous pleurerez sans à chaude larmes. Courage que diable !

BIBI-LA-BISTE Roman

par les Sœurs X…

Chapitre Premier

Enfance

Sa naissance fut semblable à celle des autres enfants.

C’est pourquoi on la nomma Bibi-la-Bibiste

(Ceci fut l’enfance de Bibi-la-Bibiste)

Chapitre Deuxième

Adolescence

Le sang coulait rouge dans ses artères ; le sang coulait noir dans ses veines (1).

(Telle fut l’adolescence de Bibi-la-Bibiste)

Chapitre Troisième

Amour

A seize ans, elle travaillait dans un atelier.

– Aïe ! mon nez me démange ! s’écria-t-elle.

– C’est un vieux qui t’aime, répondirent ses compagnes, interrompant leurs chanson.

Une violente émotion la saisit. Son coeur fit volte-face dans sa poitrine.

(Telles furent les amours de Bibi-la-Bibiste)

Chapitre Quatrième

Déception

Elle sortit.

Dans la rue populeuse, les vieux messieurs passaient, nombreux. Bibi-la-Bibiste les examinait de son regard anxieux. Mais aucun ne répondit à son appel. Un seul lui lança un coup d’oeil enflammé, et il était jeune !

Ne voulant pas s’opposer aux desseins mystérieux de la Fatalité (2), Bibi-la-Bibiste poursuivit son chemin.

(Et ceci fut la déception de Bibi-la-Bibiste)

Chapitre Cinquième

Rideau

Dans un lit d’hôpital s’éteignit Bibi-la-Bibiste. Comme Marie sa patronne, comme Jehanne d’Arc, elle était vierge. Mais sa fiche portait la mention « Syphilitique ».

Ô puissance magique d’un regard amoureux !

(Et ceci est le dernier et le plus tragique chapitre du roman de Bibi-la-Bibiste)

N. B. L’auteur est en vérité Raymonde Linossier (1897-1930) et, de plus, c’est une femme… Et toc ! A l’exception de quelques pages dactylographiés de l‘Ulysse de James Joyce, nous ne lui connaisson guère d’autre oeuvre littéraire.

(1) – Cf. Caustier, Anatomie et physiologie animale et végétale.

(2) – Nous aurions mis « Providence » si le roman avait été destiné à La Croix.

3 commentaires sur “LE TRÈS COURT ROMAN D’UNE FEMME DISCRÈTE

  1. catherine H dit :

    Un personnage gérontophile…
    La leçon de cette histoire sans intérêt, la jeune fille fait concurrence à la mort
    et la mort, qui gagne toujours, la ramasse à son tour. Il n’y a pas d’âge pour mourir,
    Il n’y a pas de jeunes, non plus, nous sommes tous les vieux de quelqu’un.
    Catherine H

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  2. MAILLARD dit :

    Bonjour
    Les photos sur votre blog sont souvent magnifiques, énigmatiques. Comment retrouver leur source ? est-ce que vous en êtes l’auteur lorsqu’il n’y a pas de légende ? … Je voudrais de temps en temps les faire partager et je ne sais pas comment le faire ?
    Merci

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