ONUPHRIUS OU LES VEXATIONS FANTASTIQUES D’UN ADMIRATEUR D’HOFFMANN

Ainsi fait, Onuphrius ne pouvait manquer d’avoir l’air assez singulier, mais sa bizarrerie naturelle était encore augmentée par sa mise et sa coiffure. Ses cheveux, séparés sur le front comme des cheveux de femme, descendaient symétriquement le long de ses tempes jusqu’à ses épaules, sans frisure aucune, aplatis et lustrés à la mode gothique, comme on en voit aux anges de Giotto et de Cimabuë. Une ample simarre de couleur obscure tombait à plis roides et droits autour de son corps souple et mince, d’une manière toute dantesque. Il est vrai de dire qu’il ne sortait pas encore avec ce costume ; mais c’était la hardiesse plutôt que l’envie qui lui manquait ; car je n’ai pas besoin de vous le dire, Onuphrius était Jeune-France et romantique forcené.

Théophile Gauthier

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