… NI MAÎTRE !

Découvrez, ami lecteur, le Prologue de Madame Putiphar, de Pétrus Borel (1809-1859), et ne soyez jamais dupe…

« Je ne suis ni cynique, ni bégueule : je dis ce qui est vrai ; pour m’arracher une plainte, il faut que mon mal soit bien cuisant ; jamais je ne me suis mélancolié à l’usage des dames attaquées de consomption. Si j’ai pris plaisir à étaler ma pauvreté, c’est parce que nos Bardes contemporains me puent avec leurs prétendus poèmes et luxes pachaliques, leur galbe aristocratique, leurs momeries ecclésias tiques et leurs sonnets à manchettes ; à les entendre, on croirait les voir un cilice ou des armoiries au flanc, un rosaire ou un émerillon au poing.

On croirait voir les hautes dames de leurs pensées, leurs vicomtesses !… Leurs vicomtesse s!… dites donc plutôt leurs buandières !

Si je suis resté obscur et ignoré, si jamais personne n’a tympanisé pour moi, si je n’ai jamais été appelé aiglon ou cygne, en revanche, je n’ai jamais été le paillasse d’aucun ; je n’ai jamais tambouriné pour amasser la foule autour d’un maître, nul ne peut me dire son apprenti. »

Pétrus Borel, dit « le lycanthrope »

Ceci n’est pas un lycanthrope.

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