DU NOUVEAU SUR EDGAR POE

Les derniers jours de la vie d’Edgar Poe réinventés dans un thriller

Les mystères entourant les derniers jours de la vie d’Edgar Poe ont fait couler beaucoup d’encre, et font maintenant l’objet d’un film, « L’ombre du mal », qui imagine que l’écrivain américain traquait un tueur en série s’inspirant de son oeuvre littéraire.

Le film, signé par l’Australien James McTeigue (V pour vendetta, Ninja Assassin), sort vendredi sur les écrans américains et le 20 juin en France.

Dans ce thriller très efficace, John Cusak prête ses traits à l’écrivain, contraint de s’allier à un policier aussi brillant que collet monté (Luke Evans) pour mettre la main sur le tueur en série qui a enlevé sa promise.

« La seule chose que je savais avant de commencer le film, c’est qu’on ignorait ce qu’il (Edgar Poe) avait fait pendant les derniers jours de sa vie », raconte James McTeigue à l’AFP dans un hôtel de Beverly Hills.

« Personne ne sait ce qui lui est arrivé. On l’a retrouvé vociférant sur un banc, dans des habits qui n’étaient pas les siens », dit-il.

Edgar Poe avait été retrouvé le 3 octobre 1849 à Baltimore, délirant, puis transporté dans un hôpital où il mourut le 7 octobre. Il n’a jamais été en état d’expliquer ce qui lui était arrivé les jours précédents, et la cause officielle de sa mort reste inconnue à ce jour.

« Dès lors, il était tentant d’inventer que dans les derniers jours de sa vie, Poe avait été transporté dans l’une de ses propres oeuvres, qui serait une histoire de tueur en série », ajoute-t-il.

Les scénaristes Ben Livingston et Hannah Shakespeare ont entrelacé l’enquête policière et l’oeuvre littéraire de Poe, dans laquelle le tueur en série emprunte le profil de ses victimes et le mode opératoire de ses meurtres, plus barbares les uns que les autres — faisant même de Poe, un temps, le suspect numéro 1.

« Je voulais raconter une histoire sur Poe qui donnerait au public l’envie d’en savoir plus sur lui et de lire ses livres », explique James McTeigue.

« Poe est un personnage fascinant, ses écrits sont extraordinaires. Si je peux en faire un film populaire qui pousse les gens à aller voir son oeuvre de plus près, ce serait formidable ».

Il a lui-même découvert beaucoup de choses sur l’écrivain pendant la préparation du film, notamment ses aspects les plus sombres.

« J’ai réalisé à quel point c’était un homme multifacettes. Il était marié avec sa cousine de 13 ans, poursuivait les femmes en permanence, était alcoolique et consommait de l’opium ».

« Mais il était aussi cet écrivain génial qui excellait dans la science-fiction, les histoires de détectives et la critique littéraire. C’était un personnage très étrange qui semblait avoir quarante vies compressées dans une seule », dit-il.

Pour le réalisateur, John Cusak a « a vraiment compris ce qu’on voulait faire avec le personnage » et a su « en capter l’essence ».

« Si Poe est alcoolique, il faut le montrer. S’il se drogue il faut le montrer. Si c’est un homme à femmes, il faut le montrer aussi », dit-il. « John a su trouver l’équilibre entre le desperado et le charmeur ».

Le film, contrairement à l’oeuvre de Poe, ne tombe jamais dans le fantastique mais reste au contraire « les pieds sur terre », remarque le cinéaste. « Il est vrai que beaucoup d’histoires de Poe sont fondées sur le doute entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Mais si j’avais essayé d’introduire dans le film des rêves ou des visions (de l’écrivain), je pense que le public aurait été un peu perdu », estime-t-il.

© Romain Raynaldy  pour AFP

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