BONNE(S) FÊTE(S) !

Le curieux gardien alias, votre serviteur, a décidé d’imaginer chaque jour une nouvelle fête. Voilà deux jours, c’était celles des allumeurs de réverbères… Alors une pensée une bonne fête à tous les allumeurs de réverbère. Et, comme, le sage Diogène, n’oubliez jamais d’éclairer votre lanternes.

Hier, c’était la fête des gondoles … Alors une pensée une bonne fête à toutes les gondoles. Et gondolez-vous…

Librairie « Acqua alta », Venise

Et aujourd’hui, célébrons un personnage plaisant, buveur, utopique et iconoclaste pour dérider le quotidien. Jules Depaquit (l’élégant personnage à la canne sur la photo ci-desssous) est l’homme qu’il nous faut. Né ardennais (à Sedan en  1869), il fut le premier maire de la Commune libre de Montmartre et, lui qui aimait par dessus tout les fêtes et les farces, se permit le luxe effronté de mourir quelques jours avant le 14 juillet (de 1924 pour être précis). Dessinateur, farceur, artiste désargenté, ami de Erik Satie et de la bohème farfelue, il fréquenta Le Chat noir et Le Lapin agile comme d’autres font leurs éducations. On lui doit la création de la fète des vendanges de Montmartre. Il milita aussi, mais en vain, pour la construction de toboggans pour descendre la Butte, l’installation de trottoirs roulants pour se rendre d’un bistrot à l’autre, l’interdiction de mourir sur le territoire de la Commune libre, sous peine de mort, la suppression des mois de décembre, janvier, février afin de faire disparaître l’hiver, et la la déclaration de paix en cas de déclaration de guerre. Un brave homme en somme…

Le curieux gardien en profite pour vous recommandre la lecture de 

L’Almanach illustré du père Ubu de Alfred Jarry, Castor Astral, « Les Inattendus »

L’Almanach illustré du Père Ubu est l’une des tentatives les plus curieuses d’Alfred Jarry. Il utilise son personnage fétiche – fascinant et répugnant – pour traverser d’un regard inattendu le monde contemporain, et même pour le réinventer.

Composé comme un véritable almanach (genre fort répandu en 1900), le volume s’ouvre par un calendrier de l’année à venir entièrement réinventé par Jarry : chaque fête, chaque nom de saint a été transformé ou détourné par la fantaisie du Père Ubu. Le lecteur entre ainsi dans un temps entièrement dominé par l’imagination de Jarry. Le reste du volume montre les effets prodigieux d’un pareil renouvellement sur la vie politique, artistique ou intellectuelle : le monde entier passe à la moulinette du Père Ubu ! Le volume est abondamment illustré de vignettes et dessins couleurs de Pierre Bonnard, ami très proche de Jarry. Partie intégrante du projet, ces illustrations sont intégrées au texte grâce à une typographie et une mise en page d’une grande inventivité. La musique aussi trouve sa place dans l’Almanach, qui se clôt sur la berceuse obscène de « Tatane », musique de Claude Terrasse avec, à nouveau, d’amusantes illustrations de Bonnard.

Dictionnaire des Saints imaginaires et facétieux de Jacques E. Merceron, Seuil

Loin des pompes de l’Église, se presse une cohorte nourrie de saints et de saintes soit purement imaginaires, soit substitués à des saints et saintes officiels. Créés tantôt dans un esprit facétieux, tantôt avec un sérieux absolu, c’est par centaines que furent inventés jadis et naguère, par nos ancêtres chrétiens, ces « travailleurs obscurs » de la sainteté. Certes, tout Français connaît sainte Nitouche ou saint Glinglin, et même saint Frusquin, voire – dans les milieux ouvriers – sainte Touche, qui marque ou marquait le « jour de la paye ». Mais que sait-on au juste de Goulipias, Caquette, Langouret, Guenille, Braillard, Pissouse, Grelottin, Patouillat, Troussecotte, Foulcamp, Tappedont…? Tous ces personnages aux noms à la fois truculents et savoureusement descriptifs, sont invoqués tantôt sérieusement et avec la plus intense ferveur, tantôt par pure malice. L’auteur, Jacques E. Merceron, professeur à l’université d’Indiana (USA), a procédé à une collecte systématique de ces saints, dont la mémoire et surtout la célébration vivante s’effacent inexorablement même dans les « campagnes ». Au total, ce souriant dictionnaire, appelé sans doute à devenir « le Merceron », est aussi un apport inestimable à l’étude de la culture, de la littérature et de la religion populaires en France. (l’éditeur)

Un commentaire sur “BONNE(S) FÊTE(S) !

  1. Michel Wallon dit :

    Dans « La Cantatrice chauve », Ionesco fait dire à un pompier :  » Un pompier est aussi un confesseur. » Celui qu’on voit sur la photo était-il le confesseur de Jules Depaquit ?

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