IN MEMORIAM

Des habitants d’un village anglais priés d’écrire leur propre nécrologie

Les habitants d’un village du Wiltshire (sud-ouest de l’Angleterre) ont été priés de bien vouloir écrire leur propre nécrologie pour le journal local, débordé dans cette bourgade où le nombre de seniors est plus élevé que la moyenne nationale.

« Avec une rubrique nécrologique à faire chaque mois, il serait utile pour ceux qui restent que les gens préparent leur propre nécrologie avant de mourir », a expliqué la rédactrice en chef du journal, Constance Reed, 87 ans, à la BBC.

Quand les familles sont en deuil, elles « n’ont pas vraiment envie de se mettre à raconter la vie du défunt », a fait valoir Mme Reed, soulignant qu’une telle collaboration de la part des habitants du village de Lydiard Millicent lui « allègerait beaucoup la tache ».

Actuellement, Mme Reed, qui dirige le journal depuis 25 ans, doit s’en remettre au vicaire de la paroisse qui « lui glisse des notes sur le défunt après les funérailles » pour qu’elle ait matière à écrire, mais cela prend, dit-elle, « beaucoup de temps ».

Dans l’édition de mars du magazine, elle a donc demandé aux habitants d’écrire leur nécrologie en 400 mots et de la lui transmettre « en temps utile ». Mais elle n’a pas encore reçu de réponse.

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Le curieux gardien vous recommande la lecture de :

 Des voix sous les pierres. Les Épitaphes de Spoon River, de Edgar Lee Masters, (éditions Phébus)

Spoon River n’est pas une anthologie au sens habituel du mot, mais un simple recueil de poèmes dont la force s’inspire de la célèbre Anthologie grecque qui recense les plus belles épitaphes du monde antique. Le livre se lit donc comme on se promène dans un cimetière, mais un cimetière où toutes les pierres seraient gravées d’un poème. A chaque fois, la voix d’un mort – ou d’une morte – qui dit sa vie en quinze ou vingt vers, rarement plus, sans en rien cacher. Tous ces gens ont habité la même petite ville, juchée sur sa colline, qui domine la Spoon River, et leurs voix se répondent, se contredisent, s’envoient encore douceurs et vacheries par-delà la mort qui les tient et ne les lâche plus. Et chacun d’eux a un nom, que le vent et la pluie sur la pierre effacent peu à peu, et une existence qu’un coup d’éponge a rendue au néant…

Chacun y va à son tour de son couplet rageur, mélancolique ou futile : forgerons, arracheurs de dents, pécheurs et pasteurs, mondaines ou demi-mondaines, punaises de sacristie et franches traînées, rescapés de la conquête de l’Ouest ressassant leur grand rêve, saoulards et abstinents, gras fermiers et maigres trimardeurs, spoliateurs et spoliés, tous bernés pas leurs semblables, et plus encore par l’histoire. Car avec eux c’est une Amérique qui meurt, celle de la Conquête, et une autre déjà qui pointe le nez, vouée par avance à toutes les idoles du progrès et au pire contentement de soi. Un grand livre désenchanté. Nouvelle traduction d’un livre mythique publié aux États-Unis au début de ce siècle : Spoon River, sorte de « roman » composé de poèmes brefs qui chacun raconte une vie. Ce sont les morts ici qui parlent : tous habitants d’une bourgade de l’Ouest, sagement rangés au cimetière, dont l’existence – grands rêves et coups bas confondus – se trouve consignée en quelques vers sur la pierre.

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4 commentaires sur “IN MEMORIAM

  1. Francesca dit :

    On n’est jamais mieux servi que par soi-même…

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  2. Il faut oser! c’ est gonflé. Est-ce qu’ elle aura des réponses? Affaire à suivre. Autant le faire soi-même, au moins, il n’ y a pas de surprises 🙂

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  3. badbatdiary dit :

    Ahaha ! J’adore 🙂

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  4. lucm.reze dit :

    Une femme qui nous propose d’avoir le dernier mot, c’est une blague ?

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