GRAND GUIGNOL !

L’histoire est vrai, heureusement-hélas.

Après avoir répondu au président lors de son procès : « Comment ? Vous dites  J’ai fait disparaître quelqu’un ? Si vous croyez ce que racontent les journaux ! » ,

Monsieur Henri Désiré Landru est condamné à la peine capitale. Avant le trépas, il demande une dernière faveur, se laver les pieds ?! On lui refuse.

Puis le bon prêtre s’adresse au vilain farceur  et lui demande :

– Mons fils, croyez-vous en Dieu ?

Et Landru lui répond :

– Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes !

L ‘acte de vente de la Cuisinière de Landru – cuisinière dans laquelle Landru était supposé avoir fait brûler les corps de ses victimes et qui fut transportée dans la salle d’audience comme pièce à conviction – fait aujourd’hui partie de la collection insolite de l’immense écrivain Claude Seignolle.

Pendant que Désire Landru assassinait 11 femmes, tandis Anatole Deibler « raccourcissait » 395 condamnés. Paradoxalement on se souvient de Landru et peu du bourreau. Le premier est un monstre et le second – presque – un bienfaiteur. Moralité : Je n’y mettrais pas ma tête à couper mais les bras m’en tombent !

 Le curieux gardien vous recommande la lecture de :

Landru, Précurseur du Féminisme : la correspondance inédite, 1919-1922, de Jean-Baptiste Botul (éditions Mille et une nuits)

Carnets d’exécutions – Anatole Deibler 1885-1939, de Anatole Deibler (l’Archipel), édition établie par Gérard A. Jaeger, auteur par ailleurs deAnatole Deibler, l’homme qui trancha 400 têtes (éditions du félin)

Anatole Deibler (1836-1939). Petit-bourgeois rangé du 16e arrondissement, fils et petit-fils de bourreau d’abord réticent à exercer sa charge, il l’accomplira finalement avec minutie et perfectionnisme. En 1885, et pour la première fois, l’héritier faisait tomber le couperet de la  » veuve « , comme on surnommait la guillotine. À vingt-six ans, il avait déjà cent têtes à son actif, un nom à porter, une réputation à tenir. Ravachol, Landru, Pilorge, Caserio, Raymond la Science (de la bande à Bonnot), Gorguloff immortalisé  par Jean Genet, et bien sûr Landru, furent executés par lui. L’originalité de ce livre tient au fait que l’auteur a eu accès aux carnets (D’abord il consignait, au crayon, quelques faits relatifs à la condamnation, glanés dans la presse et auprès des tribunaux d’assises. Puis, le jour venu de l’exécution, il recopiait ces pages à l’encre brune, ajoutant, pour être quitte, quelques observations de son cru sur les derniers instants des suppliciés..), et plus largement aux archives de la famille d’Anatole Deibler, où il notait scrupuleusement ses réflexions. En décalage avec l’évolution des moeurs de son époque, réticent à commencer son rôle, fuyant les journalistes et choqué par la ferveur populaire lors des exécutions, Deibler est un personnage troublant qui permet d’évoquer plusieurs décennies de l’histoire française dont celle des attentats anarchistes et l’évolution de l’opinion publique.

La vente publique des fameux carnets de Deibler à l’Hôtel Drouot en février 2003 fit grand Bruit. Un libraire d’autographes mit la main sur les dits-carnet pour la somme de 100000 euros.

Grand Guignol, de François Rivière et Gabrielle Wittkop (éditions Veyrier)

Le livre de référence – hélas difficilement trouvable – sur feu le plus raffiné théatre (1897-1962)  sanguinolant de Paris.

Le grand guignol, le théâtre des peurs de la Belle-Epoque, collectif, sous la direction d’Agnès Pierron (Robert Laffont, collections « bouquins »)

Le Grand-Guignol genre théâtral modeste – et réservé à un  public averti  –  n’a rien du spectacle de marionnettes. Spectacle d’horreur et d’épouvante où se jouent les effrois et les cauchemars de chacun. Jadis situé impasse Chaptal, non loin du musée Renan-Scheffer, le  Grand-Guignol désigne aussi le théatre où furent montés les pièces comiques et les drames terrifiants – à cemmencer par les écritss nombreux de André de Lorde – appartenant à ce répertoire. Genre méconnu et disparu – le théatre ferma en 1963), le Grand-Guignol mettait en scène toutes les peurs et les interrogations de l’époque : peur de la folie, peur des maladies contagieuses, peur du progrès, peur de l’étranger… A chaque thème traité sur le mode dramatique correspondait une comédie. Le livre regorge de docments inestimables pour l’amateur du genre.

Et pour la bonne bouche :

LANDRU

paroles et musique de Charles Trénet

Monsieur le Procureur, je regrette de n’avoir à vous offrir que ma tête, Oh !
…Silence ou je fais évacuer la salle

Landru, Landru, Landru, vilain barbu
Tu fais peur aux enfants
Tu séduis les mamans
Landru, Landru, ton crâne et ton poil dru
Ont fait tomber bien plus d’un prix d’vertu
C’était, je crois, en mill’ neuf cent vingt-trois
Que ton procès eut le succès qu’l’on sait
Landru, Landru, dommage qu’elles t’aient cru
Tout’s cell’s qui sous ton toit
Brûlèr’nt pour toi

Tu leur parlais si bien lorsque tu leur disais
Venez ma douce amie, allons vite à Gambais
J’ai une petite villa, rien que monter descendre
Hélas elles montaient et descendaient en cendres

Landru, Landru, de quel bois te chauffes-tu
Ton four fait d’la fumée
Sous la verte ramée
Landru, Landru, un ramoneur est v’nu
Il a dans ta ch’minée trouvé un nez
Calciné
Pendant l’verdict, pas un mot, pas un tic
Énigmatique, tu restas hiératique
Landru, Landru en jaquette en bottines
Y a un’ veuve qui t’a eu,
La Guillotine

Landru, Landru, on prétend qu’on t’a vu
En bon p’tit grand-père
Vivant à Buenos-Aires
La barbe rasée et la moustache frisée
Plus rien de l’homme d’alors,
C’est ça la mort
Disons, tout d’suite, qu’en mill’ neuf cent vingt-huit
Ce genre d’histoire était facile à croire

Landru, Landru, tout passe avec le temps
A présent, tu n’fais plus peur aux enfants
Mais tu séduis pourtant bien des grand’mamans
Et d’Plougastel à Tarhes
Elles rêvent de ta barbe
Et de son poil dru, vieux Landru.

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La peine capitale, Emile Friant, 1908

Un commentaire sur “GRAND GUIGNOL !

  1. Albert Mesclun dit :

    Et sur Landru, n’oublions pas la charmante chanson de Francis Blanche, idylle en forêt!

    J'aime

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