BIBLIOLOGIS

A la bibliothèque, tandis que je me fais copiste de textes précieux pour les besoins d’une collection que je vais diriger prochainement, je musarde, de Guy Patin, lecteur du XVIIe siècle, médecin, honnête homme et franc parler, en passant par Louis Brouillon – et son Etang maudit – jusqu’à d’autres auteurs curieux et infréquentables que je tais pour l’instant et que je dévoilerai en un temps voulu. A l’instant d’une pause, je m’arrête sur l’Introduction de la psychologie bibliologique qu’un certain Nicolas Roubakine, ami de Tolstoi, fit éditer à Paris en 1922 (chez J. Povolozky, pour ceux que ça intéresse). La bibliologie, ou science des livres – qui passionnera Roubakine, comme elle passionnera Paul Otlet, l’esprit libre et visionnaire, créateur du Mundaneum  – m’accapare un temps. Je lis en diagonale, tente en vain de comprendre et relève cette définition pour le moins déconcertante. D’après le théoricien Roubakine, le livre est « une espèce d’appareil, d’engin, d’instrument psychologique, servant à provoquer dans l’être psycohlogique du lecteur des expériences déterminées et complexes. »

Je relis plusieurs fois la définition mais me voilà coi, tenant dans les mains un engin, une espèce d’appareil que, voilà encore quelques instants, je nommais livre. Je repose avec délicatesse le théoricien, guère convaincu par le postulat, en me disant que l’égarement est un divertissement rare et que l’histoire du plaisir de lire dans les bibliothèques reste à écrire. BiblioLOGIS…

 

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