LE FANTÔME DE L’OPÉRA PAR UN ÉCRIVAIN FANTÔME

J’ai retrouvé ce texte anonyme au fond de mes archives. Si l’auteur le reconnait, qu’il se manifeste… 

« Il est là, quelque part, sous la scène ou sur les toits. Il est là, forcément, le funeste mélomane au visage de mort, encapé de rouge sang. Certains, pourtant, osent dire qu’il n’est rien. Simple fantasme né en 1910 de la plume de Gaston Leroux, journaliste au Matin. Qui connaissait bien les arcanes du tout jeune bâtiment construit par Charles Garnier. Déjà, au cours des années 1870, on causait en mal de ses dessous. Les petits rats (en tutu) craignaient le «spectre» ou le «passe-muraille» qui hantait les loges. Avant Leroux, donc. De l’Opéra suintent les drames et le tonnerre du ciel. Comme ces cantatrices à demi-nues, ces demi-déesses qui s’offrent en chantant, éveillent certainement les démons de sous la terre. «Dans l’imaginaire de l’époque, le chant lyrique fait affaire avec le diable, note l’universitaire Isabelle Husson-Casta, spécialiste de Leroux et du fantôme (Le Travail de l’obscure clarté dans Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, Minard). Le fantôme, c’est l’Opéra lui-même.» Jules Verne, dans son Château des Carpathes, narre un même amour ravageur et magique entre le baron de Gorce et la cantatrice Stilla, qu’il retient prisonnière. Leroux ramasse, enfante d’Erik (le fantôme), amoureux du Faust de Goethe et de la diaphane Christine. Il l’enveloppe d’une peau bien connue, l’Opéra Garnier. Son «exo-squelette», dit Isabelle Husson-Casta, fait d’os de rêves et réalités. La visite du décor et de son envers, aujourd’hui, laisse indécis. Tout est faux. Tout est vrai. Le lac d’Enfer, qui siégerait sous l’Opéra, où Erik entraîne Christine ? Deux cuves encore remplies d’eau, voulues par Garnier pour stabiliser son édifice alors mouillé par des myriades de ruisseaux. La loge n° 5, à droite de la scène, d’où la silhouette d’Erik aime et assassine ? Intacte. Personne ne la demande, assure l’attachée de presse. Habillé de velours rouge, le minisalon attenant – prévu pour des bonheurs autres que mélomanes – offre pourtant une vue imprenable sur la salle et sur le lustre, celui-là même exactement qui est précipité sur la foule dans le roman. Cinq niveaux plus bas, dans le territoire incontesté du fantôme, subsistent quelques couloirs longs, tordus, où l’on n’aimerait pas passer la nuit. Sous la scène, une vingtaine de cabestans en bois et d’antiques roues dentées, qui hissaient autrefois les décors. Ils servaient à Erik d’ascenseurs magiques et de chausse-trapes, pour surgir et disparaître à sa guise. Le bois ne rouille pas, mais il dort à jamais. Pas un mot sur le fantôme dans l’exposition murale, ni à la boutique de l’Opéra. Interdit, enfoui. A la place des décideurs de Garnier, on relirait le roman, attentivement. Surtout les passages concernant le destin des individus qui ont manqué de respect au vrai maître des lieux. » (???)

kinopoisk.ru

2 commentaires sur “LE FANTÔME DE L’OPÉRA PAR UN ÉCRIVAIN FANTÔME

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s