SANS UN REGARD

Quand mes yeux m’auront quittés

Je n’aurai pas mal

Je n’aurai pas peur

Si tu es là

Car tu seras là

Je laisse
rai tes envies

Devenir mes envies

Avec toi

J’apprendrai la confiance

Je marcherai sans crainte

J’avancerai à ton unisson

Je ne serai pas aveugle car

Tes mains feront de moi un voyant

Je ne maudirai jamais la solitude

Car tu seras la vie qui clignote

Je hâterai le pas sans hâte et sans larmes

Guettant sur le chemin tes lucioles taquines

Je ne serai pas handicapé car

Mes mains seront encore capables de se faufiler

Dans tes fontaines souterraines

Mon ventre et mon bas-ventre

Iront encore découvrir

Tes secrets de Lascaux

Tes intérieurs de Cosquer

Mes oreilles t’imagineront

Heureuse

Grisée

La langué déliée

Les seins libres

Les bras ouverts

Les rêves larges

Mes yeux fermés te connaitront

Par cœur

Et par corps

Mon nez sera à l’arrêt

A l’affut

A la traque

De tes parfums farandoles

De tes humeurs de sous-bois

Mon radar te fouillera

Te creusera

Te façonnera

Te marquera

Comme une marqueterie fine

Mes dents te reconnaitront

Sans jamais t’entacher

Mes dents cueilleront ta perle

Comme une étoile habitée

Mes souffles et tes souffles seront chorégraphie

Mes yeux vides t’inventeront des éclairs

Mes ongles tendres

Graveront sur tes reins

Des planisphères

Ma voix trouvera tous tes orifices

Et fera son feu d’artifice

Dans ton ventre-sexe

Tes liquides et les miens

Seront cul-et-chemise

Sucré-salé

Suave et doucereux

Sans jamais être aigre

Mes yeux seront ceux d’un dresseur de fauve

Qui sans fouet

Te fera te cambrer

Comme les barrières d’un passage à niveau

Mon train à vive allure

S’enfilera dans ta nuit

Se jouera de tes tunnels

Nous ferons chauffer les machines

Bouillir les mécaniques

Tes hurlements seront

Le premier jour de ma nuit

Ta jouissance sera mes cinq sens

Aveugle, vous plaisantez

Elle m’a donnés sa vue

Elle m’a rendue la vie

Elle m’a donnée sa vie

Elle m’a rendue la vue

Et sur mes paupières closes

Elle a écrit le mot

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3

Un commentaire sur “SANS UN REGARD

  1. Dominique PAROT-LAFON dit :

    Tellement lent, suave et surement triste d’où s’échappe une douce langueur.
    C’est très beau et très amoureux…….

    J'aime

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