COMME DEUX VODKAS EN FORME D’ÉTOILES MALFAISANTES

Pour AL. M. B.

Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes

 La nuit est tombée, j’ai déposé mes sacs et accompli mes marches. Mes chemins de croix de chauve-souris

J’aurais du aller boire deux vodkas quelconques – mais offertes, c’est bien moi – à « L’aurore », ce bar de nuit qui n’existe peut-être pas. Qu’importe, L’endroit est fermé et vide. Et puis tu n’y es pas. Un cigare « Don Sébastien », un Saint-Domingue de belle cape, m’attend. Et j’écris un mot pour toi en écoutant Keziah Jones. J’ai écouté et traduit la pochette avec le mauvais anglais que tu me connais. A peu près ces mots qui te semblent adressés :

 « Le paradis n’est qu’un autre monde.

(…) Parce que (virgule dans mon esprit, c’est moi qui l’écrit)

J’aime t’emmener dans une romance,

T’enlever à Paris, France

Quitter les cafés et les bars

Marcher dans les boulevards l’hiver

Est-ce un sourire que je vois ?

(…)

Mais peut-être que tu ne me regardes même pas ?

Parce que si tu souris sans raison, la saison est perdu.

Mais si ton amour est le rythme, le rythme est l’amour. »

Et moi je fume. Je pars à Saint-Domingue en te recopiant, et en tatouant mon corps à défaut du tien. Et j’emporte ce livre rare de Nigel Barley ,« un anthropologue en déroute ». C’est lui. C’est aussi notre sujet. Et je repars, toujours sans vodkas. Plus besoin. Direction les « Dowayo » du Nord Cameroun. Mes très longs voyages pour une très longue soirée. Et ça continue. Quatre ou cinq voyage à venir. Et toi Dans tout ça. Viens une fois avec moi. Je serais fier. Je serai si complet. Elle est avec moi, à mes côtés. Jamais derrière. Au moins pour arrêter mes pas inutiles. Mes nuits d’octobre, mes nuits qui ne servent à rien.

 Et même les murs n’existent pas. Je n’ai rien oublié grâce à toi. Ni les gens, ni les voyages, ni les livres. Tu n’es pas un mur. Tu es la vie, le voyage, le corps en grâce et le coucher de soleil que j’attends.

Aucun mur. Seulement l’amour. « Amur ». A-Mur. Toujours. C’est ce qui est écrit sur le mur qui n’existe pas. Tu n’es pas là.

Toujours sans vodka, à Prague. Toujours sans toi.

Une pleine lune sur le fleuve, comme autrefois, quand tu me « baladais » dans la ville aux lumières et que l’on se faisait encore rêver…

Ton corps comme mes montagnes qui résonnent en altitude. Beaucoup de pluie, de vent, et si peu de lumière. Et ces mots de poète, déposés sous l’arbre :

« ah Je comprends ici l’ami mort, (…)

Qui crient vers un être aimé, parmi les glaces

Immense est leur solitude, ou bien au bord de l’océan

Comme le vent qui porte au naufragé l’odeur

de la terre perdue »

 C’est Ilarie Voronca et son apprenti fantôme. Début d’une bibliothèque que j’avais commencé pour toi.

Au milieu des feuilles des nuits d’octobre, une mèche de cheveux de l’absente. J’y ai presque cru.

J’ai cru. Toutes les voix pour toi, comme dans mes anciens enfers quand je suivais le fil des tristes rues. A provoquer les fantômes, à trinquer sans raison. Mes mauvaises raisons.

Je reprends mes marches maléfiques et nébuleuses. (si tu savais comme je m’ennuie)

L’amour est un azulejos que l’on ne peut accrocher au mur

de longues nuits

De longues nuits

L’arrache ciel

L’a-Mur.

Celle qui a compté

Ton prénom à la craie.

 PEUT-ÊTRE

Si tu étais venu dans ma retraite,

Mon château

Mon grenier percé de Sigognac

Tu aurais entendu les voix.

Lorsque quelqu’un chuchote en ton sommeil

 Sur la route avant toi,

Avant que tu m’offres ce lourd et beau beau présenté argenté, à plumes. Je ne me souviens plus. C’est la nuit et j’ai froid. C’était avant. Quand tu étais là et que je n’étais pas là.

je me souviens avoir vécu comme ça, à Paris et Là-Bas, entre dos d’âne et dent de scie

à la a vie, à la va mal, à vau-l’eau.

Depuis que tu es absente, je dors avec n’importe qui. Je ne dors pas. Avec Borges, par exemple. Et c’est moins bien.

Il est intelligent comme toi, le saint aveugle.

Alors je pense à tes yeux et ça me réveille.

Et je vois

Tes yeux

Pourtant tu dors

et moi je veille

à « poings serrés »

je t’observe te déshabille,

je vois tous tes regards

 Mon nouveau tatouage couleur d’infamie et l’encre qui a percé nos cœurs. et le sang s’est défilé.

Il reste un filet

durci comme un poignard

une croûte en forme de deuils

tu n’es pas là

Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes

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