BRUME

 Par Nikos Kavvadias

La brume tombe avec le soir. Le bateau phare est hors de vue. Sans m’avertir tu es venue à la timonerie me voir.
Vêtue tout en blanc, tu ruisselles. Je tresse en corde ta toison. Dunedin. En cette saison, la pluie sans cesse vous harcèle.
Le soutier, entre deux rasades, nous surveille, l’air pas content. Ne regarde pas par gros temps les antennes : ça rend malade.
Le bosco maudit le brouillard, on est encor loin de Manille. Mieux vaut que peur et long cafard le périscope et la torpille.
Va-t-en ! La mer est trop humide pour toi. Tu n’as pas pu me voir : je me suis noyé, hier au soir, à mille milles des Hébrides.

Traduction de Michel Volkovitch

ocean-cinemagraph

Un commentaire sur “BRUME

  1. Francesca dit :

    Une fois de plus merci, Eric,de cet article qui rend hommage à la fois à l’auteur et à son traducteur.
    Je l’ai lu en délaissant quelques instants  » Les fleurs de la Toussaint  » de Catherine Binet dont c’est une sorte de journal de bord du voyage en cargo qu’elle fit à la suite du décès de Georges Perec…
    C’est fou cette coïncidence ! Je suis sûre qu’elle aurait aimé ce poème.

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