COMME UN BAL DE FANTÔMES

 

Merci John Silver pour cette précieuse et sensible lecture : 

« Je m’oblige à fixer ce moment, ne serait-ce que dans une seule ligne d’un poème que je n’écrirai pas. ».
Je commence par une phrase de Virginia Woolf parce qu’elle est née un 25 janvier ! Et que c’est joli les anniversaires.
Une petite vague à tire d’aile, cette phrase. A la page 20.
Et maintenant que vais-je faire ?
J’ai les paupières qui vacillent.
Fragile beauté des papillons de la couverture dont le grain du papier, dont le grammage est suavement rugueux ! Juste assez pour vous faire croire que vos mains sont encore douces. Que le temps n’est pas passé. Que la poésie vous fait vivre et mourir.
Et qu’il n’est pas trop tard pour apprendre à jouer !
Impression de papier recyclé. Qui vient donc de loin. Et qui est tout neuf.
Des souvenirs, des poèmes, balayés. Pas oubliés.
« Des chrysanthèmes minuscules qui ne meurent jamais »
Des inventaires. Des listes ; des sous-listes. De la joie. De celle que seul un enfant pourrait ressentir. Ou un lecteur dont le regard baigne dans ce vin de vigueur !
Une mélancolie perceptible comme un tintement de cloches dans une foire tzigane
« Tempêtes de neige à Novgorod et à Reykjavik »
« Des nuits qui durent comme neige au soleil »
Incroyablement rétro et indubitablement nouveau !
C’est une brise ce livre voyez-vous ! Des poètes le traversent. Un poète l’écrit. Le traverse.
« Il n’y a pas de sot métier ». On avance en décalage permanent avec son ombre !
J’ai fait un pas de danse en trouvant le petit colis dans ma boîte, moi qui sais à peine marcher. Je sortais avec mon pirate et je m’étais écriée : « Mon livre ! Mon livre ». Moi qui me promettais pas plus tard qu’hier de ne jamais plus parler de livres devant personne, je me dis qu’au moins mes pirates verront comment je tiens Comme un bal de fantômes entre mes mains.
Sur la quatrième de couverture, on parle de mains amies, de passants considérables, de romances anciennes. Je reprends les mêmes mots en battant les cartes. Le désordre est un ordre parfait.
Je ne vais pas attendre de terminer ma lecture pour en parler. Je suis à la page / aux deux pages qui correspondent au nombre de mes années. Et pas une seule seconde, pas un seul lexème, pas une seule virgule, ne désobéit à une règle tacite d’une joie immense, étourdie, facétieuse, exquise ! La mélancolie est lointaine, un joueur de flûte !
Et je ne devrais plus regarder la numérotation des pages.
Je déguste ! Je pourrais m’arrêter mille fois. Découvrir des poètes qui s’invitent habillés de leurs draps sublimes de fantôme. Et je pourrais poursuivre ! Qu’importe ! La rivière coule. L’eau joue des notes de candeur sur des galets marron et or. Couleur de l’eau. Un rayon de soleil habite la pluie.
Je pourrais recopier des passages entiers ! Comment choisir ? Et que choisir ? Le paratexte, les poèmes en palimpseste, la danse transtextuelle ? Ce que « l’auteur » écrit ? Tout se tient par la main. Tout « farandole » oui ! Un même fleuve rempli d’étoiles fugueuses libres jusque de leur temps d’écriture !
Je meurs !!!!!!!!!!! Je me promettais hier de plus aimer des livres ! De ne plus lire ! De ne plus m’enflammer ! Mais comment faire dites-moi ? A nouveau je suis ce lépidoptère sans aile ! Je suis dans la chanson magnifique de Sett Fayrouz, semblable à ce papillon qui ne sait pas ce qui lui arrive.
« Souvenez-vous de cet instant Yügen, qui ne se raconte pas, que vous n’avez jamais su décrire, qui ne peut être en capture, le rayon de soleil, l’amour qui musarde, la glace qui fond, le frisson sans raison un frémissement dans un arbre comme une chanson ancienne, l’extase devant la paysage. Et pourtant il fallait en conserver le souvenir, la justesse l’incandescence, le magnifique l’unicité,
Oui, ce moment ainsi juste et inouï, Le vivre et s’en souvenir, et se “promettre de ne jamais l’oublier.”
Je ne recopierai pas le livre. J’ai envie. Hier je m’étais promis de ne plus redevenir enfant.
« Quand je serai petit
Je serai
Raconteur de marelles »
Et je ne vous ai pas tout dit !!!!!!!!!!!
Eric Poindron !! C’est tellement bien !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s