LETTRE OUVERTE AUX FANTÔMES LES MIENS, LES VÔTRES, & PEUT-ÊTRE LES LEUR(RE)S

A propos de LETTRE OUVERTE AUX FANTÔMES LES MIENS, LES VÔTRES, & PEUT-ÊTRE LES LEUR(RE)S d’Eric Poindron, cette jolie note de Jeff Tombeur :
« Étrange. Enfin, non, venant d’Éric Poindron, l’insolite est toujours attendu (convenu et imprévisible à la fois, ce qui n’est pas ici oxymore, mais quasi-redondance).
Donc, de lui ayant reçu voici peu une petite plaquette, LETTRE OUVERTE AUX FANTÔMES LES MIENS, LES VÔTRES, & PEUT-ÊTRE LES LEUR(RE)S – Le Réalgar éd. –, petite somme éveillant de multiples réminiscences littéraires d’écrivains et d’auteures ayant frayé avec les spectres, j’imaginais concevoir la suite, plus développée, plus érudite, voire carrément anthologie exhaustive de l’ectoplasmique en littérature ; un truc au nième degré de la cuistrerie feinte et distanciée, égayée d’hyperboliques digressions, bref, &c., un régal pour le pédant interloqué, pris au dépourvu, devant s’armer des dictionnaires et lexiques ésotériques. Incise : pas mal, une phrase de 750 caractères (point final exclu) pile…
Qui veut tenter l’impossible gageure de se mettre au niveau narratif de Poindron devrait lire Straight Man, de Richard Russo, qui vaut bien d’être mis au cursus des ateliers d’écriture de l’Iowa State U. Mais pour moi, ce fut vain, la preuve… Où en étais-je ?
Ah oui, après la Lettre ouvertes aux fantômes, voici le Comme un bal de fantômes (préfacé par Jean-Marie Gourio, auteur des Brèves de comptoir, poète lui-même). Là, je tire à la ligne pour prendre élan avant de me fracasser sur l’obstacle… »
© Jeff Tombeur pour COME 4NEWS

PLOUF !

 

Vous reprendrez bien
Quelques goutte de pluie fine,
proposa le collectionneur
de saisons insolites
et plans d’eau incongrus
(…)
Et le collectionneur délicat d’ajouter :
« Ce qui mérite surtout une grande attention
c’est l’endroit où l’on se jette ainsi ;
Il ne peut jamais y avoir trop d’eau
souvent il n’y en a pas assez
Encore encore
Plouf »

 

COQUILLAGE

 

Il avait perdu la vue
comme d’autre la raison ou le Nord
Tourmenté inquiet
Il avait tâtonné
exalté aveugle
Pour finir par mettre la main
en echo
sur des regards

Comme lorsqu’il était enfant
Et qu’il approchait l’oreille des coquillages
Et quand il s’approcha du coquillage
Il n’entendit pas
Mais il « vit » la mer

ll faut savoir quelquefois
encore
s’allonger sur le sable
auprès de l’océan
apposer son oreille contre les eaux
et les écumes
afin d’entendre
le chant du coquillage