MARCHÉ DE LA POÉSIE 2018

Serez-vous des nôtres ?
LE MARCHÉ DE LA POÉSIE c’est un peu la fosse aux lions,

alors nous y serons à temps plein et en dédicace
du 6 au 10 juin, Place Saint-Sulpice

Au Castor Astral – Samedi de 18h à 19h et Dimanche de 16h à 17h pour COMME UN BAL DE FANTÔMES et L’ÉTRANGE QUESTIONNAIRE

Aux éditions Bleu autour, – les 7, 8, 9 et 10 juin à 14h30 pour L’OMBRE DE LA GIRAFE

La table ronde Dimanche 10 juin à 17 h autour du Devenir de l’éditons de poésie qui réunira avec Benoît Casas (éd. Nous), Justine Granjard (revue Artichaut), Elsa Pallot (Cheyne éd.), Éric Poindron (Castor Astral), Jean-François Poupart (Poètes de brousse), Florence Trocmé (présidente de la commission poésie CnL). Températeur : André Chabin (Ent’revues) – scène du Marché.

COMME UN BAL DE POÉSIE

 

Fantômes et papillons en tenue de bal

À l’occasion du 36e Marché de la poésie de Paris, où le Québec sera l’invité d’honneur et qui se tiendra à la place Saint-Sulpice, du 6 au 10 juin 2018, Thierry Gillyboeuf, écrivain, traducteur et fin connaisseur de la poésie, revient sur le livre d’Éric Poindron, Comme un Bal de fantômes, éditions Castor Astral (collection « Curiosa & Cætera), qui a été élu Meilleur Recueil de poésie 2017 par La Cause Littéraire.  

À en croire l’écrivain Pierre Michon, il y a dans ce livre « un charme très fort et je ne sais pas à quoi il tient en premier : la simplicité ? la rapidité apparente d’exécution ? la spontanéité savante ? Il me ravit. »

Par Thierry Gillyboeuf

On savait Éric Poindron ghosts’ writer, écrivain à fantômes – et non écrivain-fantôme « qui écrivait / à grand bruit / et à sa place / en secret / un livre inspiré » – hantant dans ses livres ceux qui peuplent son imaginaire érudit et fécond. On le découvre amateur de lépidoptères, comme certains de ses pairs, le plus célèbre étant Nabokov.

Mais les papillons d’Éric Poindron ne sont pas qu’insectes légers et chatoyants, ils sont autant d’émanations, de prolongements de ces fantômes que traque amoureusement ce curieux noctambule doublé d’un noctambule curieux. Il les capture, les épingle pour les libérer dans un bal virevoltant dont il orchestre la partition. Car Éric Poindron aime à papillonner : « la vie est une quête de papillons ». Il ne se pose jamais, il fait son miel de tout. Et tout ce qu’il prend dans ses filets est remis en liberté.

On est assuré de n’être jamais seul dans un livre d’Éric Poindron, et d’être toujours en bonne compagnie. Il convoque ses mânes, ses maîtres, ses fantômes, ses amis, ses objets. En un long poème liminaire, il en inventorie certains – et d’ailleurs, il faudrait presque ne plus dire un inventaire à la Prévert, mais un inventaire à la Poindron ! Et cette société hétéroclite qui gravite autour de ce singulier entomologiste du merveilleux, de l’onirique, compose en retour l’autoportrait de l’auteur en trafiquant d’utopie.

Dis-moi qui tu lis, dis-moi qui tu aimes… Comment mieux connaître un homme que par ses amis et ses lectures : « Des poètes / Et des camarades citoyens / Tout plein de poètes // Des fantômes bienveillants / Beaucoup de fantômes // Pour se souvenir que les choses qui existent n’existent pas pour rien ». Il y a chez lui du Villon et du Hardellet, du Nerval et du Cendrars, du Jarry et du Delteil.

Mais la truculence, la verve n’interdit pas la fragilité, la mélancolie, les failles. Et derrière les déclarations, les professions tonitruantes et généreuses, sont nichées de merveilleuses gemmes, comme ce poème à la mémoire de son père ou bien celui où Éric Poindron, en des accents dignes d’un Verlaine, d’un Levet ou d’un Follain, évoque son « enfance presbytère » :

La brume s’accroche à la forêt

La nuit chante la nuit

La nuit chuchote et chahute

L’herbe est noire et le presbytère allemand

C’est ma porte de secours

L’ombre tranquille passe et repasse à la fenêtre

Ce sont mes souvenirs tourbillonnants

Je revois le presbytère de mon enfance

Derrière les rodomontades bonhommes, les envolées où il donne toute la mesure de son entraînant dé-lyre, Éric Poindron sait endiguer cette vitalité débordante qui fait de lui un ogre d’érudition, pour, d’une voix feutrée, étranglée, distiller quelques textes à vif, comme on dit d’une blessure, qui donnent à ce recueil un équilibre, une justesse de ton.

Éric Poindron a su renouer avec la noble tradition de la poésie populaire, celle qui parle à tous comme à chacun. Il nous invite à le suivre dans son périple – « les petits voyages n’existent pas », nous prévient-il – dans « les coulisses du possible ».

Le poète n’a cessé

De voyager

Dans les nuits

Constellés

Blanches et noires

Pour

Vérifier

Ses rêves

Confrérie, fraternité, la poésie d’Éric Poindron est à hauteur d’homme(s).

 

Thierry Gillyboeuf est écrivain et traducteur. Fervent lecteur de Poésie, il est, entre autres, spécialiste de Rémy de Gourmont, de Henry David Thoreau et Georges Perros.

Éric Poindron est aussi l’auteur de deux livres récents L’Étrange questionnaire… ou le livre qu’il vous faudra en partie écrire. Ou dessiner, éditions Castor Astral (collection « Curiosa & Cætera). Un livre « fantasque, érudit, malicieux, inclassable», selon l’écrivain Jérôme Leroy et L’Ombre de la girafe, un Voyage au long cou, éditions Bleu Autour, dans la nouvelle collection « Céladon ».

Éric Poindron @ Laurent Méliz

Éric Poindron sera en signature durant tout le marché de la poésie.
Signalons aussi sa présence lors de la table ronde Dimanche 10 juin à 17 h autour du Devenir de l’éditons de poésie qui réunira avec Benoît Casas (éd. Nous), Justine Granjard (revue Artichaut), Elsa Pallot (Cheyne éd.), Éric Poindron (Castor Astral), Jean-François Poupart (Poètes de brousse), Florence Trocmé (présidente de la commission poésie CnL). Températeur : André Chabin (Ent’revues) – scène du Marché.

L’ÉTRANGE SOIRÉE D’ÉRIC POINDRON & JOSEPH D’ANVERS

 

« L’ÉTRANGE SOIRÉE D’ÉRIC POINDRON & JOSEPH D’ANVERS
dans les décors de La Cantatrice chauve »
Carte blanche aux amis, donc….
Avec la participation de SAPHO (voix), THOMAS BAIGNÈRES (Guitare), NOËL BALEN (Jazz and CO-) CHARLELIE COUTURE (piano), GÉRALDINE BEIGBEDER (voix, et magie), STÉPHANE DUGOWSON (mathématicien)
 
Lundi 28 mai / 19 h / mairie du Ve arrondissement
Histoires étranges & poétiques / secrets avouables / lectures / Rock / happening / surprise
Entrée libre
Attention, les places sont comptées
Réservation indispensable : contact@vivrelire.com


BAL DE FANTÔMES À LA MAISON DE LA POÉSIE

 

 

 

Cher Eric, 
Je suis ravi de cette soirée. merci d’être venu enchanter la crypte de la Maison de tes fantasmes, tu y étais, juste,  à ta place et captivant. Le contrat est rempli.
Victor Pouchet

C’est un livre foisonnant, une langue, une liberté incroyable. J’ai trouvé ça soufflant. 
Sapho

Pour écouter et revoir la rencontre

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COMME UN BAL DE FANTÔMES

 

Merci John Silver pour cette précieuse et sensible lecture : 

« Je m’oblige à fixer ce moment, ne serait-ce que dans une seule ligne d’un poème que je n’écrirai pas. ».
Je commence par une phrase de Virginia Woolf parce qu’elle est née un 25 janvier ! Et que c’est joli les anniversaires.
Une petite vague à tire d’aile, cette phrase. A la page 20.
Et maintenant que vais-je faire ?
J’ai les paupières qui vacillent.
Fragile beauté des papillons de la couverture dont le grain du papier, dont le grammage est suavement rugueux ! Juste assez pour vous faire croire que vos mains sont encore douces. Que le temps n’est pas passé. Que la poésie vous fait vivre et mourir.
Et qu’il n’est pas trop tard pour apprendre à jouer !
Impression de papier recyclé. Qui vient donc de loin. Et qui est tout neuf.
Des souvenirs, des poèmes, balayés. Pas oubliés.
« Des chrysanthèmes minuscules qui ne meurent jamais »
Des inventaires. Des listes ; des sous-listes. De la joie. De celle que seul un enfant pourrait ressentir. Ou un lecteur dont le regard baigne dans ce vin de vigueur !
Une mélancolie perceptible comme un tintement de cloches dans une foire tzigane
« Tempêtes de neige à Novgorod et à Reykjavik »
« Des nuits qui durent comme neige au soleil »
Incroyablement rétro et indubitablement nouveau !
C’est une brise ce livre voyez-vous ! Des poètes le traversent. Un poète l’écrit. Le traverse.
« Il n’y a pas de sot métier ». On avance en décalage permanent avec son ombre !
J’ai fait un pas de danse en trouvant le petit colis dans ma boîte, moi qui sais à peine marcher. Je sortais avec mon pirate et je m’étais écriée : « Mon livre ! Mon livre ». Moi qui me promettais pas plus tard qu’hier de ne jamais plus parler de livres devant personne, je me dis qu’au moins mes pirates verront comment je tiens Comme un bal de fantômes entre mes mains.
Sur la quatrième de couverture, on parle de mains amies, de passants considérables, de romances anciennes. Je reprends les mêmes mots en battant les cartes. Le désordre est un ordre parfait.
Je ne vais pas attendre de terminer ma lecture pour en parler. Je suis à la page / aux deux pages qui correspondent au nombre de mes années. Et pas une seule seconde, pas un seul lexème, pas une seule virgule, ne désobéit à une règle tacite d’une joie immense, étourdie, facétieuse, exquise ! La mélancolie est lointaine, un joueur de flûte !
Et je ne devrais plus regarder la numérotation des pages.
Je déguste ! Je pourrais m’arrêter mille fois. Découvrir des poètes qui s’invitent habillés de leurs draps sublimes de fantôme. Et je pourrais poursuivre ! Qu’importe ! La rivière coule. L’eau joue des notes de candeur sur des galets marron et or. Couleur de l’eau. Un rayon de soleil habite la pluie.
Je pourrais recopier des passages entiers ! Comment choisir ? Et que choisir ? Le paratexte, les poèmes en palimpseste, la danse transtextuelle ? Ce que « l’auteur » écrit ? Tout se tient par la main. Tout « farandole » oui ! Un même fleuve rempli d’étoiles fugueuses libres jusque de leur temps d’écriture !
Je meurs !!!!!!!!!!! Je me promettais hier de plus aimer des livres ! De ne plus lire ! De ne plus m’enflammer ! Mais comment faire dites-moi ? A nouveau je suis ce lépidoptère sans aile ! Je suis dans la chanson magnifique de Sett Fayrouz, semblable à ce papillon qui ne sait pas ce qui lui arrive.
« Souvenez-vous de cet instant Yügen, qui ne se raconte pas, que vous n’avez jamais su décrire, qui ne peut être en capture, le rayon de soleil, l’amour qui musarde, la glace qui fond, le frisson sans raison un frémissement dans un arbre comme une chanson ancienne, l’extase devant la paysage. Et pourtant il fallait en conserver le souvenir, la justesse l’incandescence, le magnifique l’unicité,
Oui, ce moment ainsi juste et inouï, Le vivre et s’en souvenir, et se “promettre de ne jamais l’oublier.”
Je ne recopierai pas le livre. J’ai envie. Hier je m’étais promis de ne plus redevenir enfant.
« Quand je serai petit
Je serai
Raconteur de marelles »
Et je ne vous ai pas tout dit !!!!!!!!!!!
Eric Poindron !! C’est tellement bien !