LE FRACAS DES NUAGES, DE LAMBERT SCHLECHTER

Notre ami cher Lambert Schlechter le 6 novembre 2013, est l’invité d’Alain Veinstein et parle de Le Fracas des nuages, un livre tumultueux, érotique, solaire & sage ; éditions Le Castor Astral, collection « Curiosa & caetera », dirigée par Eric Poindron.

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Embringué dans le siècle, immergé dans la vie, l’auteur saisit au vol sensations, sentiments, énervements, enthousiasmes, répulsions. Jour après jour, il épingle son butin dans les pages de son livre. Et cela se mêle et s’entrechoque, se contamine, se télescope et s’abîme au rythme haletant de la vie où, dans un kaléidoscope permanent, passent bribes de lecture, copeaux de pensée, rencontres réelles et imaginaires, plaintes, jubilations et râles… Fascinant désordre.
À travers le texte, surgit sans cesse le leitmotiv lancinant d’un érotisme jubilatoire qui conjure encore et encore l’inextinguible fascination de la femme : adoration et convoitise, tendresse et passion.
« La rêver nue, la dévêtir, l’étreindre, la pénétrer… Douce et violente démence du sexe. Les mots du désir et de l’assouvissement ne passent pas par les détours de métaphores botaniques, mais émergent à fleur de peau, à fleur de muqueuse… »
Il est rare qu’un auteur exprime les choses du corps et du sexe d’une manière aussi directe et explicite sans jamais dévier vers la vulgarité : le lecteur lira avec ravissement ces éloges de la jouissance partagée. Car l’amante est présente. Et elle répond. Un fulgurant acquiescement à la vie et au plaisir, malgré les déprimes et les angoisses, malgré les noires échardes de l’histoire humaine.

ENTRETIEN ERIC POINDRON

Éric Poindron : « Pour des beaux livres, il faut de bons ingrédients ».
Éric Poindron a donné rendez-vous à ActuaLitté dans son lieu de vie et de travail, subtile alliance des deux – un cabinet de curiosités en mouvement perpétuel. Des bibliothèques qui couvrent les murs aux objets aussi divers qu’insolites, l’œil et l’esprit sont constamment sollicités, développant la connaissance et l’imagination. Café et cigarette à la main, l’éditeur livre son parcours professionnel avec générosité et enthousiasme, à l’image de cette citation de Jacques Cazotte qu’il répète à l’envi : « J’irai partout où me porteront la curiosité et la fantaisie. »
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BON ANNIVERSAIRE MONSIEUR CLAUDE SEIGNOLLE !

Samedi 25 juin, Claude Seignolle entrera dans sa centième année !
Bon anniversaire très cher Claude.
Cher Eric Poindron,
Poète et voyageur, frère aux découvertes insolites, aux amis multiples que je redécouvre dans votre excellent ouvrage « Voyage sous les belles étoiles » que l’ami Jacques Baudou a eu la bonne idée de nous faire savoir dans un dernier « Le Monde » et sur lequel je me suis précipité. Sachez que le nom seul de Stevenson me ferait dévorer le papier sur lequel on le republie. Vous avez fait le pèlerinage en un éclectique ouvrage., acceptez que le « beau (?) vieillard » rencontré sur une route de Lozère vous offre le produit de sa quête auprès des esprits anciens rencontrés avec tout autant de fascination que vous.
Le livre est ici dans son jus : pas d’autre littérature que celle qui naît autour de faits à l’état brut. En mon temps personne ne se souvenait de Robert Louis et pourtant tous en étaient plus ou moins contemporains. moi j’ai vu « d’en-dedans » ce que lui a vu « d’en-dehors » et à ce titre, mon affection pour l’homme francophone s’amplifie de reconnaissance.
Vous avez une chaude et féconde plume : des amis de tous les temps ; les votre sont en grande partie les miens que j’ai souvent honoré de livre-frère. Nerval = La nuit des Halles, ainsi que Restif, mon pote, aux témoignages gonflés de ses propres fantasmes. Tous ceux que vous dîtes : nos frères, c’est à dire nous.
Et je vous salue bien fort avec mes compliments sincères.

Claude Seignolle, 2001

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A découvrir :
Au Château de l’étrange, de Claude Seignolle, préface de Eric Poindron Le Castor Astral, collection « Curiosa & caetera »
Vous aimez les destinations improbables et les rencontres insidieuses, alors vous avez, hélas, frappé à la bonne porte! Spectres, apparitions, présences maléfiques, envoûtements et conversations avec l’au-delà font partie de l’effrayante visite.
Ici, point de fiction ni de sensationnalisme convenu. Claude Seignolle se contente de recueillir des témoignages qu’il met en scène jusqu’au grand frisson final. « Scribes des miracles et des peurs ancestrales », il archive, recense, éclaire, sans jamais juger.

Et s’il existait « autre chose » à côté de nos certitudes? Chasseur de fantômes avant l’heure, il nous convie au cœur des mystères : lieux maudits, voyages dans le temps, prémonitions, présences invisibles, magie et sorcellerie. Oui, la peur rôde dans ces pages… Voilà le lecteur prévenu !

 

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NUIT (S), FOLIE, FANTÔMES & QUELQUES MASQUES

Nuit(s), Folie, Fantômes et quelques masques, d’Eric Poindron :
un séisme poétique

par Félicia-France Doumayrenc

L’écriture poétique est-elle une nécessité dans un monde si violent qu’il devient, par instant, une quasi-obligation de faire une pause ? S’entourer de livres, s’accompagner de textes qui bouleversent, rassurent, interpellent n’est-ce pas un moyen de survivre à cette insurmontable pesanteur du quotidien ? C’est ce que nous donne à penser ce merveilleux livre, ce miraculeux séisme poétique écrit par Eric Poindron.

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Dès les premières pages, la magie opère. On pénètre dans l’univers particulier de l’auteur dont le monde ne peut laisser indifférent. Et, cette phrase vient en tête dans une espèce de quasi-immédiateté : le poète est condamné à écrire. La sentence est-elle lourde ? Oui, car c’est une peine à perpétuité et sans remise de peine. Tous les jours vivre dans les mots pour dépasser les maux du présent.

Éric Poindron a créé son univers de collectionneurs, de bibliophiles, s’entourant de têtes de mort et d’espoirs de lune bleue, d’étoiles scintillantes, de fantômes gardiens et égarés sur lesquels il écrit :

« Les fantômes n’existent pas, j’en ai désormais la certitude, même si je n’en suis pas certain. Les fantômes ne sont guère que les résidents de nos imaginations enfouies, et les nostalgies inavouées d’un autrefois ; aussi, oui, les fantômes existent. »

Contradiction poétique ou poésie à l’état pur ? L’imaginaire ne peut se fixer de limite, ne doit pas en avoir. Il est la page blanche sur lesquels les mots se forment, prennent un relief, deviennent des phrases, des textes, un livre.

Ces « NUIT (S), FOLIE, FANTÔMES & QUELQUES MASQUES sont une plongée dans un délicieux abîme où le poète fait se rencontrer, ce qui serait, pour certains l’impossible et d’une incroyable manière les vivants et les morts qui par le fil tenu de sa plume, abolissent dans ce livre la notion même de mortalité. L’écrivain est éternel, on le savait, Eric Poindron nous le pointe du bout de ses mots.

Et, l’on croise avec une délectation infinie et dans un désordre artistiquement arrangé : Sophocle, Chénier, Walter Scott, Reverdy, Breton et Gilbert-Lecomte (pour ne citer qu’eux). On y lit des textes de Marc Dufaud qui décrit avec justesse la vie d’un des “phrères” du Grand Jeu, de son fils Nathanaël qui signe “un dernier verre” et ne fait pas défaut à la phrase de Rimbaud citée par Poindron  « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. » Et d’autres amis de l’auteur.

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Mais, si la magie éclate dans ce livre et rend à la poésie sa vraie place qui tend a disparaître, c’est grâce à la mise en forme (on pourrait quasi dire mise en bouche, en yeux, en sens) du livre. Le poète n’est pas que poésie, il est enchanteur, compteur, passeur, barman dans ses temps que l’on ne suppose jamais perdus. Ainsi glisse-t-il une recette de cocktail dans le chapitre : PARIS – LITTÉRATURE BY NIGHT ou Diogène vs Arthur Cravan une nuit à la Closerie des Lilas.

Et, c’est aussi parce que l’écrivain en proie à des interrogations permanentes nous livre une partie de son intime :

« Je suis obsédé par les objets, naturels ou moins. Dans une astrologie qui reste à inventer, je suis sans doute né sous le signe de l’insolite ascendant fétichiste. Il faut toujours que je collectionne, que j’accumule, que je donne, que je troque. Chaque objet ‘me raconte une histoire. »

Eric Poindron a réussi ce qui pour d’aucuns semblent de nos jours impensable, et infaisable : ce recueil poétique nous raconte une histoire. Il nous glisse dans sa barque pétillante de champagne, d’immortels et de squelettes rieurs et nul besoin de donner son obole à Charon, le poète a rendu l’âme aux fantômes et le rire aux vivants.

Tel Héraclès, le lecteur sort plus que jamais en vie de ce livre dont il faut aussi signaler l’extraordinaire beauté de la confection. C’est un objet précieux et qu’il est bon de garder dans un coin de son chevet.

Nuit(s), Folie, Fantômes et quelques masques, de Eric Poindron, Editions les Venterniers, collection « La Chambre forte. »

© Félicia-France Doumayrenc pour ActuaLitté

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Éric Poindron est éditeur – aux éditions Le Castor Astral où il dirige la collection « Curiosa & cætera » –, écrivain (Actes Sud, Flammarion, L’Épure, Les éditions du Coq à l’Âne…), piéton, animateur d’ateliers d’écriture, critique et cryptobibliopathonomade. Il s’intéresse à la petite histoire de la littérature et à ses excentricités : auteurs mineurs, petits éditeurs, bibliophilie, fous littéraires, sciences inexactes ou para-littérature. Il lui arrive aussi d’écrire sur la gastronomie, les vins et les alcools. Collectionneur d’objets et d’instants insolites, il est aussi le curieux gardien d’un cabinet de curiosités ouvert au public. Il aime à faire croire qu’il pratique la bicyclette avec délectation, se prend pour un poète et affirme avec méthode, mais non sans stupeur, que les fantômes existent.

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NUIT(S), FOLIE, FANTÔMES & QUELQUES MASQUES

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Dans ce nouvel opus, : Nuit(s), Folie, Fantômes & quelques masques –  Fiction, fragments, confessions déguisées ou si peu -,publié aux éditions Les Venterniers, coll. « La Chambre forte », Eric Poindron s’adresse en confidence à son lecteur. En « confidence », comme l’entend son cher Robert Louis Stevenson. Il ne tombe pas les masques, il les confie à celui qui veut le suivre, comme il suivit avant les traces de Claude Seignolle, de Chamisso ou de Sadegh Hedayat comme une chouette aveugle. Il se joue, non de celui qui le lit, mais de lui-même. Est-il fou ou est-il sage ? Est-il réel ou imaginaire ? Joue-t’il au funeste sorcier ou à l’élégant magicien ? Quels chemins creuse-t’il pour mieux s’y perdre, vivant le jour avec ses fantômes, les laissant la nuit au repos pour mieux emprunter leurs esprits ? Assis aux côtés de l’écrivain- – mystère John B. Frogg, il observe ce que ses rêves font de son monde et le raconte sans excès et sans pudeur.

Intime, égaré, égarant, ludique, mélancolique et brumeux comme des Nuits nervalienne et d’octobre, Eric Poindron prend par la main, entraîne dans un labyrinthe de secrets enfouis, comme ces petits cailloux cachés au fond de ses poches et dont il ne se sépare jamais. Adolescent, il raconte l’adulte qu’il devient, et adulte, il vous livre son adolescence.

Ce livre n’est ni confession psychanalytique, ni révélations. Tout y est, mais est-ce tout de lui ? En lisant « Nuits, Folie, Fantômes », vous découvrirez toutes ses vérités. Vous connaîtrez toutes les routes que ses dérives empruntent. Ou vous n’en saurez presque rien. A vous de savoir en quel esprit vous choisirez de croire.

A. Marie, pour Les Venterniers

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NUIT(S), FOLIE, FANTÔMES & QUELQUES MASQUES
Fiction, fragments, confessions déguisées ou si peu

Nuit d’octobre, Automate, Cimetière, Lord Byron, Théatre, Double, Miroir, Poème de Marc Dufaud, Instants chamanique, Gérard de Nerval, Rennes-le-Château, Lac souterrain, Nuits de Paris & d’ailleurs, Confessional, Trésors, Sculpture fantastique, Livres rares, Nouvelle originale & inédite de Géraldine Beigbeder, Voyages improbables, Bibliothèque macabre, Tombes insolites, Raymond Roussel, Sinuosité, Collection de crânes, Jabberwock(y), Musée Secret, Closerie des lilas, Cabinet des flots & des curiosités, Guillotine, Larvatus prodeo, Mélancoli(e)s, Escholier, Ghost light, Loups, Crayons à encre & à papier, Islande, Syndrome(s), Forêts, Corbeaux & corneilles, Contes & contes de fées, Vents & silence.

Et s’il existait « autre chose »  à côtes de nos certitudes ?
Voilà le lecteur prévenu.
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EGAREMENT

— Mon cher Gérard, je peux vous appeler Gérard ? Vous lisez trop, vous écrivez trop, vous voyagez mal. Vous nourrissez votre esprit de vieilles chansons et de croyances bizares.
Et Nerval, car c’était lui,  de répondre : « Il y avait de quoi là faire un poête* et je ne suis qu’un rêveur de prose. »

* Orthographe d’époque.

« Onirocryptobibliopathonomadolabyrinthique » ou de l’égarement clinique à travers les livres rêvés qui n’existent pas…

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CRÂNE PASSION

Splendeur hypnotique de l’abysse, également effroi, vraies fausses vérités ou faussement vraies ou bien vraiment fausses ou bien passablement exactes ou bien partiellement erronées, fiction nuisant à la réalité – à moins que ce ne soit l’inverse – références fiables et citations extravagantes, sens multiples invraisemblables, en un mot : enchevêtrements. Balancement, binôme, entre-deux, yin et yang, pourtant ni tout l’un, ni tout l’autre ; il n’y a pas de gauche ou de droite, de nord ou de sud, mais l’infini des nuances qui se masquent toutes, le labyrinthe de l’à peine croyable.

Quand l’aura-t-on quittée, la trop confortable route de l’évidence dans Le Collectionneur de Providence ou Petit Traité de crânophilie, très brillante nouvelle fantastique d’Éric Poindron ? Sera-ce dès l’incipit, au sortir du train du héros, William Hope Hodgson, vrai vivant cependant ? A moins que l’on se sera détourné du droit chemin dès les citations en exergue, celle de John B. Frogg notamment ?

      « Derrière la vérité, il existe une autre vérité ; laquelle est la vérité ? »

Main dans la main avec Hodgson, on croira d’abord s’aventurer dans un récit de Poe. Et puis, non. Ce sera un autre panorama. La rassurante dimension soudain en percutera une autre. Fiction teintée de réalité, à présent historiée d’une once de fiction. Le cocher H.G. Wells, l’hôte « biblio-phrénologue » Lovecraft, les livres rares et… la collection de crânes cirés portant mentions manuscrites.
Loin de la vanité baroque en laquelle voisinent couramment livres et crânes humains, le rapport s’inverse ici comme dans une messe noire, le luciférien prenant le pas sur la paix des tombeaux.
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Éric Poindron écrit avec une habileté, une souplesse déconcertantes : graduellement, son récit avance et, sans coup férir, bascule d’une région à une autre, de la route sombre à la librairie, de la salle à manger à la biblio-crânothèque. Aussi le lecteur zigzague-t-il malgré lui de l’appréhension à la crainte, de la stupéfaction à l’horreur. L’auteur manie avec brio un certain illusionnisme stylistique, d’un classicisme mâtiné de références nombreuses qui ne s’interdit ni le croisement ni le dépoussiérage de celles-ci. D’aucuns diraient une forme manifeste de modernité.
N’en étant pas à son coup d’essai, Éric Poindron s’est déjà révélé un auteur prolifique. Son blog en témoigne. Il est également un habitué des éditions les Venterniers qui ont fait, avec cette publication, une œuvre admirable, dont il serait injuste de ne pas dire un mot. Car l’opus a bénéficié des soins les plus attentifs, avec un choix vigilant de papiers de bons grammages et deux plats « épaissement » cartonnés qui raviront les bibliophiles soucieux tout autant de leur livre que de leur vanité. La première de couv’, ajourée de six carreaux comme une fenêtre que le lecteur s’apprête à ouvrir sur le verbe, dévoile six crânes rigolards.
Et il y aura de quoi rire ! Parce qu’en dépit de leur souriante hideur, n’aurez-vous pas déjà pénétré leur infernal royaume ?

© David Georges Picard pour « Gaudium Libri » 

Le Collectionneur de Providence, ou Petit Traité de crânophilie, suivi de L’Affaire John B. Frogg, ou le mystère de la citation de l’écrivain mystère, Éric Poindron éditions Les Venterniers

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