BIBLIOLOGIS

A la bibliothèque, tandis que je me fais copiste de textes précieux pour les besoins d’une collection que je vais diriger prochainement, je musarde, de Guy Patin, lecteur du XVIIe siècle, médecin, honnête homme et franc parler, en passant par Louis Brouillon – et son Etang maudit – jusqu’à d’autres auteurs curieux et infréquentables que je tais pour l’instant et que je dévoilerai en un temps voulu. A l’instant d’une pause, je m’arrête sur l’Introduction de la psychologie bibliologique qu’un certain Nicolas Roubakine, ami de Tolstoi, fit éditer à Paris en 1922 (chez J. Povolozky, pour ceux que ça intéresse). La bibliologie, ou science des livres – qui passionnera Roubakine, comme elle passionnera Paul Otlet, l’esprit libre et visionnaire, créateur du Mundaneum  – m’accapare un temps. Je lis en diagonale, tente en vain de comprendre et relève cette définition pour le moins déconcertante. D’après le théoricien Roubakine, le livre est « une espèce d’appareil, d’engin, d’instrument psychologique, servant à provoquer dans l’être psycohlogique du lecteur des expériences déterminées et complexes. »

Je relis plusieurs fois la définition mais me voilà coi, tenant dans les mains un engin, une espèce d’appareil que, voilà encore quelques instants, je nommais livre. Je repose avec délicatesse le théoricien, guère convaincu par le postulat, en me disant que l’égarement est un divertissement rare et que l’histoire du plaisir de lire dans les bibliothèques reste à écrire. BiblioLOGIS…

 

ROI & PEINTRE

La tradition rapporte que, tout enfant, Antoine Wiertz (1806 – 1865)  avait dit à sa mère qu’il voulait être roi, La bonne femme, assise à son rouet, lui demanda avec surprise pourquoi il formait un tel vœu. « Pour devenir un grand peintre », aurait-il répliqué vivement.

Antoine Wiertz, Le miroir au diable, la coquette habillée

Antoine Wiertz, Le miroir au diable, la coquette déshabillée, 1856

GROGNEMENTS

Ce texte mystérieux, simplement signé I. K.

Tout est mystère ; et la clé d’un mystère est un autre mystère

Je vous rapporte les faits et vous laisse en juger par vous-même, ma grande amie. Mais venez vous ensevelir dans l’édredon vous aussi. Je me promenais dans les jardins lorsque quelques gémissements lointains semblables à ceux d’une bête sauvage glacèrent le sang. J’étais sur le point de partir lorsqu’un gentilhomme surgit des bosquets et vint baiser mes mains. Dans l’instant suivant une femme qu’il me présenta comme sa cousine dévala l’inquiétant endroit. Tout deux semblaient avoir dû en découdre avec un ours à tout le moins tant leur mise était défaite. Craignant pour nos vies, je voulus éloigner ces deux infortunés quand un colosse, sortant lui aussi du buisson, se réclamant cependant d’une excellente famille, me supplia de les prendre sous ma protection. Votre cœur palpite, ma grande amie, je le sens battre dans votre sein que vous avez fort plaisant au toucher. Le mien manqua de s’arrêter tant l’instant était effroyable. Sans penser plus avant, j’introduisis ces malheureux dans ma maison, leur offris à se désaltérer et les invitai à ma table. Lorsqu’ils furent repus, ils s’installèrent sur les bergères du petit salon. Se produisit alors l’inconcevable. La cousine s’inclina au niveau de l’entrejambe du gentilhomme qui grogna. Alertée, je m’approchai, craignant quelque malaise. Je vis alors qu’elle saisit de ses dents la vilaine bouffissure dont le pauvre était affligé. Supposant qu’il ne pût s’agir que d’un remède inconnu, je proposai d’aider à sa guérison. C’est alors que le colosse approcha et parcourut de ses doigts mes épaules dénudées. Effrayée, je m’enfuis, me réfugiai dans mon cabinet et fermai ma porte au verrou. Le docteur fut alerté et vint à mon chevet. Lui contant ma mésaventure entre deux sanglots, il m’assura que le gentilhomme n’était point contagieux, qu’il était au contraire en fort bonne santé. Mais que vous arrive-t-il, ma grande amie ? Êtes-vous atteinte de spasmes vous aussi ?

PROMOTION DE LA LECTURE

Des filles nues vous font la lecture

Que ne ferait-on pas pour promouvoir le livre et la lecture ? Toutes les idées sont bonnes à prendre. Et pourquoi pas proposer des shows avec des stars de l’effeuillage burlesque qui liraient un livre de leur choix toutes nues devant une assemblée captivée ?

Incroyable dites-vous ? Eh bien pourtant cela existe et l’on doit cette initiative surprenante à la star du burlesque Michelle L’amour et à son mari écrivain photographe Franky Vivid. Celui-ci rentrait dans une pièce de son appartement et voyant sa femme lire nue, s’est exclamé : « J’aime cette image ».

Le couple a réfléchi quelque temps à la forme que cela pourrait prendre. Ils ont pensé à un site de vidéo à la demande payant mais ont laissé tomber l’idée au profit de l’organisation d’événements nommés les « Naked Girls Reading ». Bien sûr, il existe un site, où l’on peut retrouver quelques photos et vidéos des événements mais aussi la programmation des prochains shows avec la liste de lecture et des liens pour acheter le livre. Si c’est pas de la promotion du livre ça !

Et croyez-le ou non, les filles sont plus inquiètes de mal lire que d’être vue nues (ce qui n’est pas très inhabituel pour elle). Tanya Cheex, une des Naked Girl confie : « Je répète devant ma webcam. Ainsi, je peux trouver une manière éloquente de parler, travailler sur les inflexions, les postures et le timing ». Sauci Calla Horra, autre Naked Girl aime raconter : « Dans le burlesque nous dévoilons nos corps, dans le Naked Girls Reading, nous dévoilons nos âmes ». De son côté, Michelle L’amour indique que les spectateurs qui reviennent le font pour les lectures, puisqu’ils les ont déjà vues nues, l’effet de surprise étant passé c’est donc les lectures qui les accrochent.

On notera aussi que les Naked Girls vont remettre leur premier prix littéraire en novembre prochain. Pour cela, elles invitent les écrivains du monde entier à leur proposer leurs meilleurs écrits (libres de droits, et un seul texte par personne) via le site Naked Girls Reading. Les textes ne devront pas excéder 10 pages en version papier ou 100 Ko en version électronique et être accompagnés de 10 $ de frais d’inscription. La date limite pour soumettre un texte est le 17 septembre 2010 (règlement à consulter sur le site). Les lauréats pourront remporter jusqu’à 500 $ et avoir le plaisir d’entendre une Naked Girl lire leur texte.

Actuellement, les Naked Girls se produisent à Chicago, Boston, Dallas, Madison, New York City, San Francisco, Seattle, Los Angeles et Toronto (une équipe différente par ville). Des équipes de Naked Girls verront bientôt le jour à Minneapolis, Nashville, Portland, Austin et Denver. Il est aussi possible d’indiquer par mail que vous souhaitez voir un Naked Girls Reading organisé dans votre ville.

Pour un peu de lecture Naked Girls Reading

MAT !

Mon ami Patrick m’envoie :

mater /ma.te/ transitif 1er groupe (conjugaison)

1. Au jeu d’échecs Mettre le roi en échec de telle sorte qu’il ne puisse plus y échapper, ce qui met fin à la partie, on dit alors échec et mat !.

* Je l’ai maté avec ma tour.

Les blancs jouent et font échec et mat en 3 coups

2. Venir à bout d’une difficulté, par exemple d’une révolte, abattre une résistance, dompter. → voir matefaim

* Il a réussi à mater cette troupe indisciplinée.

* Fini de faire le malin, ici, on va te mater !

* Les pompiers ont maté l’incendie en une demi-heure.

3. (Vieilli) Mortifier, affaiblir.

* Mater son corps, sa chair par des jeûnes, par des austérités.

4. Rendre mat, diminuer l’éclat, matir est plus usité dans ce sens.

5. Écraser, tasser une pièce de métal au marteau ou par compression.

* Il faut mater soigneusement le rivet si tu ne veux pas avoir de fuite.

6. (Argot) ou (Populaire) Regarder attentivement.

* Il me mate sans arrêt, ça commence à m’énerver !

7. (Argot) ou (Populaire) Observer avec concupiscence, faire le voyeur.

* Elle aime être à poil dans son jardin et se faire mater par les voisins. »