TÉLÉRAMA / RENCONTRE AVEC ÉRIC POINDRON, LAURÉAT DU PRIX TOPOR 2019



La poésie selon Éric Poindron :

“Faire le bien et cultiver l’absurde dans un grand éclat

de rire”


Propos recueillis par Anne Segal

Eric Poindron.

Il est obsédé par les mots jour et nuit, expérimente de nouvelles écritures sur les réseaux sociaux et dit faire la conversation aux oiseaux : Éric Poindron, auteur de Comment vivre en poète ?, n’a pas volé son prix de l’Inattendu, décerné dans le cadre des Topor 2019. S’entretenir avec lui, c’est aussi tout un poème…

Poète, éditeur, critique, mais aussi explorateur invétéré de la chose littéraire, collectionneur de tout ce que le monde offre de surprenant, Éric Poindron s’est vu attribuer en avril l’un des prix de l’Inattendu – celui de « L’éditeur arrosé par son poème »… –, lors de la remise des Topor 2019, au Théâtre du Rond-Point, à Paris. D’une curiosité multidirectionnelle, il nous laisse entrevoir ici sa manière toute singulière d’embrasser le fait poétique et de le faire vivre.

       Votre livre, Comment vivre en poète, a obtenu au printemps dernier l’un des prix Roland Topor 2019, qui salue en même temps votre œuvre poétique et votre travail d’éditeur. Comment avez-vous pris la chose ?
Lorsque Jean-Michel Ribes, le directeur du Théâtre du Rond-Point, m’a téléphoné pour me dire qu’il créait pour moi un prix unique de l’éditeur et du poète, lui qui me surnomme « le doux poète à la girafe », j’ai été heureux, vous vous en doutez. Mais je dois aussi ce prix à Jean-Marie Gourio [auteur de Brèves de comptoir, ndlr], avec qui j’entretiens une fraternité, une complicité inexpliquée et invisible. Peut-être parce qu’il aime la langue et la phrase à la douce folie, que c’est un exceptionnel raconteur d’histoires, un homme de la drôlerie absolue.
Bien évidemment, être salué par des artistes que vous aimez ou admirez, et ce sous le signe du génie Roland Topor, ça peut donner des brins d’ailes pour continuer à essayer d’enchanter. Et puis, comme toujours chez Jean-Michel Ribes, il y a eu le sens de la fête et de la générosité, de la mise en scène et de l’irrévérence : une grande soirée de partage au Théâtre du Rond-Point avec le public et les artistes, avec une façon de ne jamais se prendre au sérieux, élevée en bel art, et une statuette lourde comme une enclume ou presque imaginée à partir d’un dessin de Roland Topor lui-même, représentant un visage écrasé par son propre poing. Il est aussi là l’esprit de Topor ou du poète : rire et faire le bien, faire le bien et en rire.

“Depuis l’âge de 15 ans, je suis un disciple forcené de saint François d’Assise, et à ma manière, je cultive l’honnêteté et l’irrévérence.”

       Ne jamais se prendre au sérieux et faire le bien pourrait-être votre devise ?
Depuis l’âge de 15 ans, je suis un disciple forcené de saint François d’Assise, et à ma manière, je cultive l’honnêteté et l’irrévérence. Chaque jour, je lis et annote l’œuvre de Pascal Quignard, j’écris un poème et fais la conversation aux oiseaux. Et comme l’écrit Baudelaire dans Mon cœur mis à nu, je m’efforce d’être un héros et un saint pour moi-même. Oui, faire le bien mais dans un grand éclat de rire et en cultivant toujours l’aléatoire et l’absurde.

      En lisant Comment vivre en poète, on comprend vite que l’essentiel pour y parvenir est de se poser les bonnes questions, à jamais, tout en prenant connaissance des questions que se sont posées ceux qui nous ont précédés. N’est-ce pas là une recette de vie à conseiller à tout un chacun ?
Enfant, ma grand-mère me surnommait « Monsieur Pourquoi ». Je me suis toujours posé des questions et, tout naturellement, je me suis mis à inventer des questions que je posais à autrui : cornez-vous les pages de vos livres ? qui vous regarde dans les yeux quand vous les fermez ? quelle serait la question à laquelle vous ne souhaiteriez jamais répondre ? pourquoi aimez-vous Francis de Miomandre ? écrivons-nous un poème ou est-ce le poème qui nous écrit ? suffit-il de se poser des questions pour en avoir les réponses ? Les questions ont toujours fait partie de mes chemins de création. Je les note, les explore, les peaufine, les pose et me les pose.

      Mais comment vous est venue l’idée de ce livre ? Que contient-il ?
Après avoir écrit un livre inclassable, à la fois cabinet de curiosités littéraire et portatif, et accélérateur d’imagination, L’Étrange questionnaire d’Éric Poindron ou le livre qu’il vous faudra en partie écrire (ou dessiner), j’ai voulu explorer le champ poétique, le mien propre et des possibles. A la suite d’une belle et longue conversation avec Nilda Fernández sur l’enfance et l’errance, les mots que l’on collectionne, la notion d’identité et les musiques qui voyagent, écrire Comment vivre en poète m’a semblé plus qu’une évidence, un voyage essentiel, entre confidence et introspection, confessionnal et célébration. Alors j’ai écrit des questions, encore et encore, ouvert des livres, annoté, convoqué des poètes, mélangé ou confronté, imaginé des conversations improbables et nocturnes entre les morts qui ne le sont jamais tout à fait et les vivants qui ne le sont jamais assez. Je voulais convoquer une galaxie de poètes, plus qu’une confrérie. Des poètes de partout : des géants, des confidentiels et des confidents, des camarades de chaque jour, des poètes de la vie d’ici, des amis essentiels comme Jérôme Leroy ou CharlÉlie Couture et même, ou aussi, des poètes inventés.

“Un poète pour moi est un ‘vivant’. Un marcheur, un bateleur ou un boxeur. Un poète doit empoigner et secouer le monde.”

      Donc, faire une sorte de livre de citations, votre livre des questions ?
Dans Une journée de bonheur (éd. Arléa, 2017), l’avisé Pascal Quignard nous rappelle le propre de notre tradition littéraire, à savoir que « le sommet de notre littérature, c’est le fragment ». Aussi j’essaie de me poser MES justes questions. En fragments. Ainsi, sans presque d’effort, mon travail devient à la fois livre de citations, keepsake, atlas, fragments, poèmes et fragments poétiques, didascalies, « recueil de fleurs » – à savoir anthologie –, pistes à suivre, cut-up, scholies, correspondances, auteurs à découvrir ou à redécouvrir, lectures et relectures, chemin d’écriture, guide sans guide, monologue, réflexions et confidences, aveux, échos, questions sans réponses, questions aux allures de réponses et… poèmes.

Bibliothèque d’Éric Poindron.

      Peut-on vraiment « vivre en poète » sans l’être vraiment ?
Je ne vois pas de la poésie dans tout, bien que…, mais j’essaie que tout se transforme en poésie. J’ai toujours cru, à défaut de savoir, que la poésie était l’architecture essentielle de ma vie. Adolescent, les poètes sont devenus dans l’instant mes camarades de vie. Apollinaire et Cendrars, puis Reverdy, ont été des guides de survie quand je m’ennuyais ferme à l’école. Je me réfugiais chez eux et prenais le stylo à mon tour. Très vite aussi, j’ai lu la vie des poètes : biographies, correspondances et journaux. Un poète pour moi est un « vivant ». Un marcheur, un bateleur ou un boxeur. Le poète doit empoigner et secouer le monde ; et être en équilibre sur les crêtes fragiles, et danser sur les nervures du vent.
Juliette Joste, éditrice de mon « roman de voyage » Belles étoiles : avec Stevenson dans les Cévennes, avait écrit à son propos : « Ainsi marche un poète. » Cette presque conclusion de quatrième de couverture m’avait touché. Je m’étais dit : « Oui, voilà, c’est ce que je veux être. » Et je me suis efforcé de ne jamais déroger. C’est ce que j’ai tenté de faire dans Comme un bal de fantômes, un « roman en poèmes » qui célèbre l’histoire de tous les hommes et qui s’est vu décerner le Prix du plus beau recueil poétique 2017 par la revue La Cause littéraire. Et alors que j’écrivais la suite, je reçois ces mots de Pierre Michon, qui est pour moi l’écrivain absolu : « Il m’a curieusement calmé. Rendu la paix. Il me ravit. » Pour l’enfant des vignes et des forêts que je demeure, je sais pour qui et où dois-je écrire. Voilà mes marches et mes directions.

“La collecte démesurée de mots aux allures de fées inexpliquées est une activité obsessionnelle et de chaque instant.”

      « C’est en jouant sur les mots que nous reflétons le mieux les mouvements de ce monde changeant et divers… » (Marcel Havrenne, poète que vous citez dans ce livre.) Pourriez-vous nous en dire plus ?
La collecte démesurée de mots aux allures de fées inexpliquées est une activité obsessionnelle et de chaque instant ; et je confesse avoir un faible obsessionnel pour les mots inexplicables et obsessionnels. Les mots m’obsèdent du réveil au sommeil et me réveillent souvent la nuit. C’est ainsi. Et depuis longtemps. Je les note, les apprends, les déniche et les collectionne. Je possède des boîtes à mots qui un jour me serviront. Ce n’est pas une collection, mais plutôt un atlas des directions. Et quand je déniche un mot ancien, oublié ou gracieux, il n’est pas rare que je l’offre, que je le partage, afin de lui redonner sang et vie. Ainsi, j’ai déniché chez Ronsard et jamais utilisé depuis l’adjectif « arc-quencine », soit de la couleur de l’arc-en-ciel. « Le glayeul à la fleur arc-quencine », écrit le poète, et nous nous ramassons sur le chemin qui frémit et semons à notre tour.
Les mots en poésie sont aussi ma manière de raconter le quotidien. Je vois et, plutôt qu’une photo ou un dessin, il m’est essentiel de conserver une image ou un souvenir avec des mots ordonnés. Entre haïku et Polaroïd. Alors je remplis des carnets de mots, d’instants, de situations ou de visages, rédigés ou en fragments. Comme en cet instant ou j’écris au milieu des lumières changeantes et des bruissements de houle et de feuilles. Ce qui, en la circonstance, donne ceci : Ici ça se passe bien / C’est calme entre les nuages et les trains à modeste vitesse / Les mots ouvragés dans un cahier et les petits pas des lettres / Les phrases qui sautillent et les chuchotements câlins du bel été / Et le soir défile comme barque lente entre mots d’orage et brin d’arc-en-ciel.
J’aime à croire et à écrire car, je le devine, les mots ont toujours le dernier mot.

       « Si c’est de la poésie, c’est pour tout le monde ; et si ce n’est pas pour tout le monde, alors ce n’est pas de la poésie »: comment en êtes-vous venu à cette affirmation ?
L’homme et le poète ont parfois du mal à cohabiter, c’est un peu comme l’homme et l’automobiliste. Parfois, l’homme est un bon gars et le poète devient vite pétri d’immodestie assommante. Il se transforme et c’est effrayant. Docteur Jekyll et Mister quelque chose. C’est pourquoi je ne serai jamais un automobiliste. Dans Coup d’œil sur Belœil, paru en 1781, le prince de Ligne nous raconte son jardin – celui de Beloeil – et nous promène en confident. Le prince pour de vrai mélange la réalité et la fable, les descriptions objectives et s’aventure du côté de l’imagination quand il en éprouve le désir d’écrivain. « Il vaut bien mieux avoir de l’imagination que de la mémoire », écrit-il à discernement dans Mes écarts. C’est ainsi que je conçois la poésie, comme une invitation en mes jardins. Et mes jardins, s’ils sont discrets, ne sont pas des lieux de clôture où il faut posséder la clé.

Dans le cabinet de curiosités d‘Éric Poindron.

       Mais vous écrivez quand même : « Si ce n’est pas pour tout le monde, alors ce n’est pas de la poésie. » Alors, c’est quoi ?
Je ne vois pas la poésie comme une glose, une lecture du Talmud, un pensum en rhétorique ou un secret d’initié, même alchimique. En revanche, j’admets que ce soit une opération magique ou chimique et pourquoi pas zoroastrienne, mais à condition de donner à chacun les moyens de marcher sur le feu. Je crois en une poésie qui tend la main et invite, en un langage « amphitryonique ». J’ai enseigné longtemps l’écriture créative à l’université et m’honore d’avoir fait jaillir la poésie sur le chemin des étudiants en leur prouvant qu’un poète c’était un copain dans la poche ou un confesseur mais jamais un ennemi.

        J’ai pu lire à votre propos sur le site de La Revue des ressources : « Il se prend pour un poète et croit que les fantômes existent. » Est-ce toujours d’actualité ?
Comme il est difficile de se définir, il est amusant d’exécuter un tour de passe-passe. J’aurais tout aussi pu écrire : Il se prend pour un fantôme et croit que les poètes existent. Comme j’aurais pu écrire éditeur de textes inclassables, amateur de bicyclettes anciennes, auteur de plusieurs livres sur les fantômes, « dresseur » de pierres égarées sur le chemin ou collectionneur de masques. Il se peut que tout cela soit vrai ; et là est peut-être la puissance de la poésie. Un homme masqué en vaut deux et un homme averti est démasqué. Et pourquoi toujours porter un masque ? Je m’expliquerai après ma mort.

“J’ai été enseignant et scénariste, plasticien et chef d’entreprise, nomade ou critique gastronomique, éditeur et voyageur. L’ennui n’est jamais né de l’uniformité.”

      Certes, il est difficile de se définir mais on peut tenter de s’en approcher… Ici, l’imaginaire, ou la poésie, semble être votre garde-fou. Pourquoi portez-vous toujours un masque, monsieur Poindron ?
J’aime le mélange des genres et la subtilité des épices. Imaginer des bouts de vie, ou en inventer de toutes pièces après les avoir patinés. Alors j’imagine des pseudonymes saugrenus, des statuts dérobés, non pour me cacher mais pour avoir la paix. C’est un peu mon « trou de souffleur ». Je ne suis ni un « consommateur » abonné aux avant-gardes, ni un gardien de musée « pompéisé ». J’aime vivre chaque jour au XVIIe siècle et profiter des nouvelles technologies. J’ai été enseignant et scénariste, plasticien et chef d’entreprise, nomade ou critique gastronomique, éditeur et voyageur. Ainsi l’ennui n’est jamais né de l’uniformité. Je possède une loupe pour grossir les traits, et une inclination pour la rédemption romanesque et les histoires mystérieuses. Je crois – j’ai toujours cru – à une affaire de double ou quintuple présence. Mes traces, cailloux blancs et secrets ressemblent à des portes incertaines et dérobées qui me permettent d’observer le monde – et l’époque que je ne goûte guère – derrière mon miroir sans tain.

“Les réseaux sociaux – mais jamais Twitter ! – sont une cour de récréation, et même des Miracles, et un bistrot de petit commerce où il fait bon converser avec de nouvelles têtes.”

      Vous avez un usage immodéré de l’Internet, nourrissant quasiment tous les jours vos page Facebook et compte Twitter, également votre site personnel très élaboré. A quelles fins ce besoin de présence sur les réseaux sociaux ?
A l’instant de l’écriture, cette cellule, nous sommes l’homme du silence et de la philharmonie, de la solitude des origines et de la cohorte des vivants à grand bruit. Et pourtant nous sommes seuls, longtemps et souvent, à l’image de ces marginalia – ou notes dans une marge – de moine copiste que j’ai traduits ou imaginés à ma guise :
« J’ai si froid me chuchote ma main qui s’ankylose / Saint Jérôme soulage-moi de mes écritures / Comme le marin entrevoit la terre / Et le colporteur le bout du raidillon / Que le copiste du soir trouve enfin le chemin de la dernière ligne / Le parchemin est une peine / mais le très-haut est bon / Grace à lui j’entends les cloches de la nuit. »
Les réseaux sociaux – mais jamais Twitter ! – sont à la fois une cour de récréation, et même des Miracles, et un bistrot de petit commerce où il fait bon converser avec de nouvelles têtes. Le réseau est un « Ouvroir de littérature exponentielle » où je peux m’amuser à proposer des tentatives poétiques, des images, des mots d’esprit ou d’irrévérence, des aphorismes en devenir. Du reste, voilà ma définition des réseaux, librement inspirée de Raymond Queneau qui était un réseau à lui seul : « Groupe international et confidentiel de poètes et de non-poètes se définissant comme des “drôles de zèbres” incapables de sortir du labyrinthe qu’ils n’ont pas su créer. »
Mon blog, Curiosa & cætera, qui reprend le nom de la collection que j’anime aux éditions du Castor Astral et que je nourris depuis plus de vingt ans, est au contraire le laboratoire de toutes mes expériences : étude de gastronomie, voyages imaginaires ou non, exploration secrète de la littérature ou des champs iconographiques, histoire des échecs, fictions en devenir. L’ensemble formant mon champ des impossibles.

      Auriez-vous quelque chose à ajouter ? Une actualité ?
J’ai plusieurs livres à paraître : de faux souvenirs oulipiens, une fiction breughelienne, un roman iconoclaste et parisien, un projet collectif, poétique et chimique sous le nom de Code NOVALIS – comprenant cent dix-huit poètes et imaginé par l’humaniste Dominique Tourte, créateur des éditions Invenit –, une rétrospective de vingt-cinq ans de mes écritures aux éditions Germes de barbarie. Et, ce qui me tient particulièrement à cœur, l’invention d’une nouvelle aventure éditoriale avec une collection d’écrivains amis ayant fait profession de foi des explorations poétiques. Une collection en gestation appelée « Le Chant des possibles ».
Et j’ajouterai, vivez avec la poésie, elle vous le rendra bien.

VÊTIR LES OSSEMENTS DISPERSÉS

 

Une déclaration de la contessa ❦ Cécile Baxas…
« ❦ « Samedi 30 mars à 19h30 / Où sortir le soir ?
Dans le cadre de l’exposition « Vêtir les ossements dispersés »…
La contessa convie son ami Éric Poindron, « étrange poëte* étrange » à partager une lecture, une histoire de double, une performance licencieuse ou autobiographique,ou étrange, tout simplement.
La contessa vous recevra chez elle, où se rencontre
l’élite
& le gotha gothique
« Jeu est une autre. ❦
* orthographe d’époque »
Galerie Natsara
29 rue Taitbout, 75009 Paris
(entrée libre)


LA GIRAFE EST LA MEILLEURE AMIE DE L’ÉCRIVAIN

RENCONTRE / CONFÉRENCE
<< La girafe est un drôle de zèbre. >>
Jeudi 21 février – Espace Andrée Chedid
Issy-les-Moulineaux
 
Viendrez-vous nombreux ?
 
Pourquoi partir à l’ombre d’une girafe sur les routes de France à pied en charrette à bras ou en rêverie ?
Entre la petite histoire et le grand dehors Éric Poindron célèbre avec allégresse les hommes d’esprit et l’esprit des lieux la camaraderie géographique et les jolis mots.
Nous digressons comme un marabout d’ficelle zigzaguons ad aeternam dans les souvenirs et les paysages à imaginer vivant en fantaisie aimant le chemin comme notre prochain.

ÉRIC POINDRON à FRANCE CULTURE / LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE

 

ÉRIC POINDRON à FRANCE CULTURE / LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE
Samedi 27 octobre – 16 h à 17 h- avec Etienne Klein.


« Intéressez-vous à un sujet et il vous attend à tout bout de champ ; sans le vouloir vous tombez sur des traces, des fossiles, et vous allez de découverte en découverte.» Éric Poindron
Les cabinets de curiosités étaient des pièces, ou parfois des meubles, où étaient entreposées et exposées des « choses rares, nouvelles, singulières », pour reprendre la définition du Littré : on y trouvait un mélange hétéroclite comprenant des pierres plus ou moins précieuses, des animaux empaillés, des fossiles, des serpents en bocaux, des coraux, des plumes, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des masques, des statuettes, des cornes, des dents, des herbiers, des sarbacanes, des antiquités, des œuvres d’art, des instruments scientifiques, des loupes, des boussoles… En bref, les cabinets de curiosités étaient des bric-à-brac.
L’une de leurs fonctions était de faire découvrir le monde, surtout le monde lointain (dans le temps et l’espace). Il s’agissait aussi de mieux le comprendre ou, au contraire, de confirmer certaines croyances de l’époque. On pouvait notamment croire y voir des restes d’animaux mythiques, des cornes de licorne par exemple.
De là à dire qu’on y pratiquait un amalgame entre sciences réelles et fausses sciences, il n’y a qu’un pas, dont on doit se demander s’il faut le franchir ou non. La question est en somme : quel lien y a-t-il, ou n’y a-t-il pas, entre curiosité et connaissance ?


Avec Éric Poindron, écrivain, inventeur de « fictions obliques », éditeur, auteur de Comme un bal de fantômes (Castor Astral, 2017) et L’ombre de la girafe (Bleu Autour, 2018) et Thierry Beauchamp, traducteur et amateur de littératures irrationnelles, négligées et oubliées.