ONIRO-BIBLIONOMADIE

Mais qu’est-ce que c’est que ce livre? fut la question qui me vint à l’esprit en lisant la 4e de couverture, après l’avoir pioché dans les nouveautés de ma bibliothèque, persuadée qu’il s’agissait d’un essai.

M’enfin, qu’est-ce donc? est celle que j’ai arrêté de me poser maintenant que je l’ai lu. Parce qu’au fond, les petites cases, je m’en moque un peu, quand même.

Disons que c’est un roman.

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Le narrateur, bibliophile accompli, hante les salles des ventes et les bouquinistes. Alors qu’il a à la main une édition rare de Nerval, un homme l’accoste et lui propose de lui rendre visite le dimanche suivant afin d’échanger sur leur passion commune.

Le rendez-vous est bien plus complexe qu’un échange de tuyaux et d’orgasmes devant des originaux introuvables: le Professeur, comme il aime à se faire appeler, est en réalité membre du Cénacle, société secrète de passionnés vouée à enquêter. Le narrateur est alors amené à découvrir nombre de textes aussi surprenants qu’alléchants (il faut bien avouer que j’ai plusieurs fois arrêté ma lecture pour noter des références…) avant de devenir détective littéraire lui-même. Et… et en fait, ce que fait le narrateur n’a finalement aucune espèce d’importance. Ce livre est un hommage aux livres et à ce qui les entoure, avec en bonne place l’histoire des hommes.

Au final, plutôt qu’une histoire un peu troublante car loin d’une narration traditionnelle (puisque je vous ai dit le narrateur, on s’en… hein), un mélange savant entre fictions et réalité, un ensemble de petites et grandes histoires où j’ai retrouvé des noms qui me sont familiers et chers, comme Voltaire, Nerval, Lovecraft, et d’autres qui m’étaient inconnus. Une autre grande qualité du texte est dans son érudition, et, peut-être à mes yeux le plus prégnant, les multiples envies de lire qu’il provoque. Pour le coup, ça demande aussi un peu de fouille bouquinophile.

J’ajouterais que j’ai découvert aussi les éditions du Castor Astral et que la collection Curiosa & caetera semble vraiment valoir le détour.

De l’égarement à travers les livres, Éric Poindron, Le Castor Astral éditeur, collections « Curiosa & caetera »

© Journal semi-littéraire

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LE « BEAU » EST TOUJOURS BIZARRE

« Il se répétait avec conviction: il y a deux sortes d’objets dans le monde. Les objets d’ici-bas et les objets d’au-delà. Les objets qui appartiennent à l’usage et les objets qui appartiennent au sans-usage. D’un côté, le marché de ce qui s’échange, de ce qui parle et de ce qui périt, de l’autre l’enceinte silencieuse de l’idole. Jusqu’à ce jour, dès qu’il prélevait un objet dans le monde et qu’il l’enfouissait dans sa poche, il avait toujours eu l’impression de transformer un objet d’ici-bas en objet de là-bas ».

Pascal Quignard, Les escaliers de Chambord (1989).

Faire passer les objets de l’ici-bas à l’au-delà, voici le travail du collectionneur si l’on croit Pascal Quignard ; retirer les objets singuliers, les unica, des circuits marchands ou d’échange ; remplacer leur valeur d’usage par une sorte de valeur sacrée. Et puis c’est aussi un travail de sauvetage : repêcher ces petites merveilles qui autrement risqueraient de sombrer dans l’oubli ou la destruction. La figure du collectionneur connaît un essor très visible au début de la Révolution Française, lorsque les trésors des cabinets aristocratiques et religieux commencent à se disperser, et avant que ces mêmes objets ne soient ôtés des collections privées pour être placés sous la tutelle de l’Etat dans des espaces qui en feront la propriété de la nation elle-même, tels le musée ou la bibliothèque. Comme le dit Krzysztof Pomian dans Collectionneurs, amateurs et curieux : « Dans ces lieux, tous les membres d’une société peuvent communier dans la célébration d’un même culte. C’est un hommage perpétuel que la nation se donne à elle-même. »

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Il peut sembler paradoxal, toutefois, d’affirmer que l’actualisation du cabinet de curiosités dans le monde d’aujourd’hui puisse participer à une abolition des limites qu’impose la notion de patrimoine national. Or, c’est bien ce que fait un collectionneur comme Eric Poindron, directeur chez Le Castor Astral de la belle collection «Curiosa & Caetera», et auteur d’un blog éponyme. C’est surtout de ce blog dont je voudrais parler aujourd’hui, en ce qu’il fonctionne comme un véritable cabinet de curiosités, même dans l’entassement que l’on pourrait croire anarchique des références et des objets. Mais monsieur Poindron s’empare avec grande élégance de la structure anarchique d’entassement des publications de n’importe quel blog, qu’il utilise pour réactualiser de façon virtuelle la structure typique du cabinet de curiosités. Traditionnellement, le cabinet de curiosités est un espace tout en étagères, en piles, en entassements : tant qu’il est rangé, il s’agit d’un espace vertical saturé. Or, le cabinet de curiosités est à l’espace ce que le dandy est aux hommes : une œuvre d’art au milieu du commun. Et, comme le dandy, il a besoin, pour accomplir son but, du regard du public. Au moment de la visite du cabinet, les tiroirs s’ouvrent, les objets se déploient, les curiosités s’exhibent : de l’entassement on passe au déploiement, comme cela arrive dans le cabinet de monsieur Poindron, où les publications se déroulent les unes au-dessus des autres, en attendant le choix du lecteur, en écho avec la belle et vertigineuse bibliothèque en arrière-plan. Et, ceci est une évidence, dès lors que le cabinet de curiosités déploie sa beauté bizarre dans la virtualité en réseau d’internet, il dépasse non seulement les cloisons du cabinet privé, mais encore celles du musée comme espace-nation. Intime et singulier, le cabinet de monsieur Poindron est un véritable exemple d’espace-monde virtuel qui, par la méditation des trésors exposés, nous fait basculer constamment de l’ici-bas à l’au-delà.

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J’ai parlé du besoin qu’a le cabinet de curiosités du regard du public pour se légitimer entièrement, et pourtant j’ai voulu aussi suggérer combien il relève, tout comme les objets qu’il accueille, de la singularité et l’intimité. Il ne faut pas oublier qu’un cabinet de curiosités, c’est avant tout un collectionneur : peut-être son reflet diffracté dans un miroir concave. Quoi qu’il en soit, il naît avant tout du désir singulier d’un collectionneur, et le « curieux gardien » qu’est Eric Poindron fait preuve dans con cabinet, comme un paon qui exhibe sa queue magnifique, d’un véritable art de la trouvaille. Si le beau est toujours bizarre, ce cabinet de curiosités répertorie sans doute les plus étranges beautés des esprits les plus singuliers. Composés dans un style d’une rare élégance et accompagnés d’images souvent sublimes d’onirisme, chaque excentrique article éduque l’intellect et la sensibilité par l’illusion et l’émerveillement. Autrefois, le cabinet de curiosités n’était ouvert qu’à quelques initiés choisis par le collectionneur. Sans doute, le geste le plus généreux de monsieur Poindron consiste à laisser toujours ouvertes les portes de son cabinet, et depuis Palpitatio Lauri nous ne saurions trop vous conseilleur de vous y perdre. Les trajets y sont infinis, les destinations toujours inconnues.

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J’avouerai que je suis particulièrement charmé par une curiosité intitulée « PLOUF ! », dans laquelle un impayable extrait du Manuel du nageur ou de la pratique de l’art de nager côtoie une photographie à mon sens incroyable de réalisme onirique, dans laquelle une jeune fille en robe blanche plonge dans les profondeurs de l’océan… de son salon. Et j’insisterai sur mon analogie antérieure : le cabinet de curiosités d’Eric Poindron est un espace dandy en ce que, comme l’édifice olympien bâti par Apollon, il répète l’apparence de nos rêves.

 Arturo Sanchez

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Découvrir PALPITATIO LAURI 

ACCUMONCELLEMENT

« Le cabinet de curiosités d’Eric Poindron », vu par l’écrivain Georges Flipo

 J’ai eu une grand-mère dont la maison était si grande que je n’ai jamais pu la visiter. En fait, elle n’était peut-être pas si grande, ce sont mes souvenirs d’enfance qui doivent me jouer des tours, mais la circulation en était d’une extrême complexité. Je reste convaincu que l’architecte avait construit des plans dont la seule vocation était de perdre à jamais, dans ses escaliers à double révolution, ses triples portes et couloirs inutiles, tout cambrioleur imprudent. Plusieurs d’entre eux ont traîné pendant des années entre ces murs, gémissant le jour et hurlant la nuit, implorant le pardon. Mais les consignes étaient claires « Ils ont été assez malins pour entrer, qu’ils soient assez malins pour sortir ».

On rôdait de chambre en chambre, inquiet de rencontrer leurs fantômes. Chaque pièce avait son odeur, son mobilier étrange : senteurs d’encens et meubles chinois, vitraux arts déco et commodes empire, parfums de pommes d’hiver et mobilier provençal, je ne sais plus si c’est mon imagination qui a recréé tout ça. Ce que je sais, c’est que ce passé-là me remonte à la tête, en grandes bouffées poussiéreuses, quand je me promène chez Eric Poindron, dans son cabinet de curiosités.

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N’allez pas le visiter, partez vous y perdre, c’est bien plus amusant. Il y a dans ce blog un délicieux dandysme négligemment entretenu, une esthétique de la vieille chose qui surprend. On se croit à la déballe des puces, à la prime aurore, quand les marchands ne savent pas plus que leurs visiteurs ce qu’ils vont sortir du coffre. On tombe sur des questionnaires auxquels personne ne répond, sur des rubriques à brac, sur des chroniques feuilletons dont chaque épisode semble trimestriel, sur de soudains coups de cœur que le passant est invité à partager (c’est ainsi que nous nous sommes connus, nous avons tous deux la même passion pour l’irremplaçable Jeeves de P.G. Wodehouse), sur des listes de liens classés selon des codes indécryptables, menant vers des sites qui paraissent soudain maléfiques. On clique au hasard, pas trop fort, pour ne pas faire voler la poussière, on se faufile entre des collections d’objets anciens qui n’ont en commun que leur absence de point commun. On se dit qu’il se fait tard, qu’il serait temps de rentrer, qu’on a son propre blog à nourrir. Mais l’on reste.

Pourquoi ? J’ai fini par en comprendre la raison : je visite ce blog comme je fouinais chez ma grand-mère, j’ai et j’avais la certitude qu’un tel accumoncellement doit forcément cacher quelque chose : un trésor.

Si vous en sortez vivant, revenez ici nous dire ce que vous avez pensé de la visite. Si vous avez trouvé le trésor, n’en parlez pas, ne laissez aucun indice, il faut que chacun le trouve tout seul. Et, bien entendu, défense de l’emporter.

1005447_276510469153790_1979276853_n Georges Flipo est venu à l’écriture presque par hasard après une carrière « linéaire » dans la publicité. « Tout est allé très lentement, puis soudain très vite », explique-t-il, l’air surpris de son succès. Il alterne nouvelles et romans, fiction et littérature policière, sans jamais se départir d’une certaine bonhomie et d’un fameux sens de l’humour… (Le Salon littéraire).

BIBLIOPATHONOMADIE…

Peter Pan ou Essai sur la biblionomadie appliquée à l’égard des magiciens de grand chemin

Par François Bétremieux *

C’est cette fois au tour du fondateur de l’atelier des curiosités « Des mots, des Pas & des curiosités », Éric Poindron, de s’installer dans le fauteuil de l’invité d’honneur afin de revenir sur son parcours et son oeuvre. Rodolphe Trouilleux et moi-même – ses amis et lecteurs – sommes les enquêteurs et suivons les traces champenoises, cévenoles et parisiennes de l’auteur.

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Soirée « Des Mots, des Pas & des Curiosités » autour de Stevenson et de l’égarement à travers les livres, avec François Bétrémieux, Eric Poindron & Rodolphe Trouilleux

C’est sous ses Belles étoiles (Flammarion, 2001) que le conteur nous convie. Dans cet ouvrage, il revient sur sa ballade dans les Cévennes, à la rencontre de Stevenson. Comme l’écrivain écossais, à 28 ans, il a pris son bâton de pèlerin, pour explorer le sud de la France. Celui qui se définit comme un « provincial, avec des curés, à boire de la soupe électrique : de la poudre avec de l’eau », habitait pourtant la capitale avant son départ. Mais pourquoi l’avoir quittée ? « Pour me tirer de Paris. Après mon livre Riccardo Freda, un pirate à la caméra (Actes Sud, 1995), je voulais partir car j’avais une camisole d’écrivain du cinéma. Stevenson disai t: “Le dehors guérit ”. Lui a tout exploré (…) Ce livre n’est pas un roman, ni un récit de voyage. Chaque fois que j’édite un livre, c’est pour qu’il y ait un homme derrière. L’histoire du cinéma, je m’en fiche. Celle de la littérature aussi. » À la grande histoire de la littérature, il préfère mettre en lumière les oubliés, les « perdus de vue ». Ce n’est pas tant l’oeuvre qui compte, c’est la personne qui l’a façonnée.

 Belles étoiles n’est pas une biographie de Stevenson, même s’il s’agit d’un hommage,  l’auteur de L’Étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde traverse les pages comme un prétexte. Un prétexte aux rencontres. Le livre est ainsi habité par plusieurs personnages : Selma la yéménite, Lucifugus Merklen, Daniel l’ami de voyage et surtout une ânesse (lire Belles étoiles nous fait comprendre son importance). Éric nous apprend que Selma était une amie de Doisneau, Giraud et toute la bande. Et quant à Merklen? « C’était un riche assureur, ami du sculpteur Gérard Lardeur. Il a viré sa vie pour se tirer en province. Il a par notamment transformé une boucherie en boucherie humaine et a travaillé sur un piège à humain (…) Ce livre est extrêmement ethnographique. Je me baladais comme un gamin. Tout m’amuse, un Paris-Reims en train par exemple. À Le Monastier-sur Gazeille, être dans une rue fantôme me plaisait. Les plus belles rencontres du livre sont celles que j’ai inventées. »

 Mystification, supercherie,trompe-l’oeil, illusion: autant de termes pour qualifier l’oeuvre de l’auteur de Mystères, diableries et merveilles en Champagne-Ardennes et dans le reste du monde (éditions du  Coq à l’âne, 1999), qui écrit à la manière de Cendrars, mêlant réel, vécu, imaginé, fantasmé. Cet aspect de son écriture est d’ailleurs le thème de la deuxième partie de l’atelier. Sensible aux légendes, aux contes ou encore aux fantômes, le directeur de la collection «Curiosa & caetera » aux éditions du Castor Astral se charge de traquer l’insolite, le curieux, les éloignés des bibliothèques classiques: « Érudit est un mot qui m’a toujours intéressé. Depuis que je suis enfant je me dis que je veux être érudit ». Cette attitude s’illustre parfaitement dans De l’Égarement à travers les livres (Le Castor Astral, 2011) : l’auteur y emploie son érudition pour s’amuser à perdre le lecteur avec des auteurs, des livres et des rumeurs existants ou non. L’écrivain parle avec l’assistance la figure mythique des enfants sauvages, décrite dans le livre au titre éponyme de Lucien Malson (10/18, 2002). L’enfant sauvage fascine les hommes et les force à poser cette question essentielle: qu’est-ce qu’un homme ? Cette question anime le journal tenu par le docteur Jean Itard, chargé de “socialiser” Victor de l’Aveyron – un enfant trouvé dans une forêt en 1799.

Au cours de la soirée, Éric Poindron a ouvert son cabinet de curiosités à une assemblée ravie, pour évoquer ce qui l’attire et l’anime. Les péripéties du naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire pour ramener de Marseille à Paris la première girafe débarquée en France sont ainsi arrivées à nos oreilles avec force détails et engouement. Une histoire fabuleuse parmi tant d’autres au cours de cette soirée, Éric Poindron nous a menés hors des sentiers battus pour nous en mettre plein la vue (il aime à dire que la vie est un spectacle).

Il faut dire que ce rétif du monotone arpente les marges à l’envie. Il se projette dans l’inédit, part à la rencontre de ce qu’il n’a pas encore vécu. En témoigne la parution prochaine de son livre chez les Venterniers, une maison d’édition aux livres faits main: Le Collectionneur de Providence ou Petit Traité de crânophilie  (Venterniers, 2013).

Cette soif de découvertes n’a d’égale que sa générosité. Son besoin de partage. Il tire un mode de vie de ses rencontres, de ce monde qui devient centre d’intérêt. Telle pourrait être l’attitude à retenir d’une soirée passée en compagnie d’Éric Poindron. Pour l’anecdote, celui qui veut apprendre sans cesse dit parfois que s’il avait eu Internet enfant, il n’aurait jamais déconnecté. On le croit sans peine. Surtout lorsque l’on assiste aux ateliers des curiosités chaque semaine, lieu de tous les possibles, de philanthropie s’il en est.

Éric Poindron use de la métaphore de transfusions faites les uns aux autres pour décrire ce rendez-vous hebdomadaire. Et voilà comment, moi, je le décrirai : affabulateur, poète, maraudeur, rabelaisien, fou, vagabond, magicien, champenois, franc, avisé, noctambule, passionnant, amateur de livres, de plus ou moins belles histoires, farfadet, pirate, habitant du pays des merveilles, lecteur insatiable, rêveur, filou, amuseur public, conteur hors pair, complice de John B. Frogg, un peu Peter Pan… Mais je songe aussi, en finissant le portrait de mon ami, à son créateur, James Matthew Barrie, qui affirmait « Ceux qui ensoleillent la vie des autres éclairent également leur propre existence. »

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Ouvrages évoqués durant la soirée

Belles étoiles (Flammarion, 2001)

Mystères, diableries et merveilles en Champagne-Ardennes et dans le reste du monde (éditions du  Coq à l’âne, 1999)

De l’Égarement à travers les livres (Le Castor Astral, 2011)

Le Collectionneur de Providence ou Petit Traité de crânophilie d’Éric Poindron (Venterniers, 2013)

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 Liste non exhaustive de personnages et de livres évoqués :

– La bête du Gévaudan : dite la «dévorace»

 – Henry James

 – Naguib Mahfouz

– Nicolas Edmé Restif de la Bretonne

– Lewis Carroll & Alice au pays des merveilles

– Lovecraft

– Truffaut  & L’enfant sauvage

Sans oublier tous les autres…

 * François Bétremieux est le créateur et l’animateur du blog réjouissant L’ENGOUEMENT DE LA PUCE à découvrir ICI 

© François Bétremieux & L’Engouement de la puce

« DES MOTS, DES PAS & DES CURIOSITÉS »

Avis aux curieux inspirés, aux amateurs de littérature, d’art sous toutes ses formes et de rencontre rares, chaque semaine, à Paris, le mercredi ou jeudi, de 19 h 30 à minuit – et plus -, Eric Poindron reçoit dans un lieu privé un créateur et un « honnête homme » (écrivain, éditeur, journaliste, critique littéraire, artiste, plasticien, peintre, sculpteur, musicien, magicien, voyageur ou personnage surprise).

Quatre heures, et souvent, plus entrecoupées par une pause dînatoire. Un moment rare et précieux pour les collectionneurs de découvertes.

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Renseignements, explications et programme auprès de Eric Poindron : coqalane@wanadoo.fr  ou 06 40 21 19 56

CRANOPHILIE

Le Collectionneur de Providence ou Petit Traité de crânophilie

 suivi de

L’Affaire John B. Frogg ou le mystère de la citation de l’écrivain mystère

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Les amateurs de mystères, de brouillard, et de nuit sans lune peuvent se réjouir. Éric Poindron, avec son Collectionneur de Providence, propose un voyage labyrinthique entre réalité et illusions. S’amusant avec les vérités, puisque laquelle est la vérité, comme le dit en exergue l’auteur John B. Frogg, il emmène son lecteur pour mieux le perdre, puis le retrouver, dans cet étrange petit traité.

Voyage mené entre Lovecraft, les écrivains et leur double, Sir Arthur Conan Doyle, Lewis Carroll, et de mystérieux crânophiles, pour ne citer qu’eux ; exploration où des crânes décorent les étagères, tout autant qu’ils sont objet d’études ; où l’on cherche qui, finalement, est le maître du jeu, et qui est la créature. Ainsi, Éric Poindron invite le lecteur à s’égarer sans jamais s’écarter de la connaissance, lui offrant toujours indices, solutions, informations et réponses.

Dans ce recueil au genre indéfinissable, le narrateur conduit son personnage principal, l’écrivain-détective Hodgson, dans un périple diabolique dans le temps. À moins que ce ne soit le lecteur qui fasse ce voyage ; car, à son habitude, Éric Poindron s’amuse du vrai, du faux, et de l’occulte. Il emmêle puis démêle les faits, transformant ses lecteurs en détectives littéraires, les incitant à chercher ce qui se dissimulerait au travers de l’histoire et des notes.

Cet ouvrage ne se contente pas de narrer la rencontre entre un détective de l’occulte et un collectionneur érudit et énigmatique, il lui donne une raison, dont un certain Lovecraft fit un livre. Les découvertes réjouissantes y sont nombreuses, comme celle de cet étrange John B. Frogg, auteur mal connu, possédant lui aussi diverses vérités.

Le Collectionneur de Providence est bien plus qu’une simple nouvelle. Essai crânophilique, anthologie de l’occulte et du mystère, clé d’un coffre aux fonds multiples, les lumières n’y existent pas sans leurs ombres, et les histoires sans leurs secrets. Tel un manoir d’Écosse, les esprits y sont nombreux, les portes sont dérobées pour être mieux découvertes et les ténébreux couloirs mènent à la clarté. À condition de vouloir, ou pouvoir lever les rideaux.

Le Collectionneur de Providence ou Petit Traité de crânophilie suivi de L’Affaire John B. Frogg ou le mystère de la citation de l’écrivain mystère, de Eric Poindron, éditions les Venterniers – livre fait-main • 15 x 10,5 cm • 96 pages à découvrir chez les Venterniers

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Eric Poindron est éditeur et directeur de collection – aux éditions du Castor Astral où il dirige la collection « Curiosa & cætera » -, écrivain (Actes Sud, Flammarion, L’épure, Les éditions du Coq à l’Ane…), piéton, animateur d’atelier d’écriture et critique.

Il s’intéresse à la petite histoire de la littérature et à ses excentricités : auteurs mineurs, petits éditeurs, bibliophilie, fous littéraires, sciences inexactes ou para-littérature. Il lui arrive aussi d’écrire sur la gastronomie, les vins et les alcools. Collectionneur d’objets et d’instants insolites, il est aussi le curieux gardien d’un cabinet de curiosités ouvert au public. Il aime à faire croire qu’il pratique la bicyclette avec délectation, se prend pour un poète et affirme avec méthode, mais non sans stupeur, que les fantômes existent.

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UNE LETTRE DE CLAUDE SEIGNOLLE

Cher Démiurge en pétillance de pages frénétique, cher ami « voyant », curieux en « plus-que-tout » et disant les « choses » à sa manière qui aurait plu à André Hardellet, diable d’autre ami avec qui nous hantions les bistrots à filles des Halles où nous habitions face à face, rue Beaubourg, avant l’assassinat de notre quartier –à-Beaujolais et à chaude-pisse. Souviens-toi du Bal chez Temporel où nous allions « marner » les filles si facile mais à venin.
Ton chouette de bouquin (De l’égarement à travers les livres, NDLR) te ressemble tellement que, le lisant, ta voix qui va partout en même temps, impossible à couper au ciseau de la conversation, sacrément entendue et ressentie. 
Il me semble que Collin de Plancy te colle à la peau, autant que Nerval ce qui perdure de notre fraternité. Quant à l’intrusion de Monsieur Claude, maquereau des mystères qu’on lui prête, ça m’a bien plu et je prends tes pages pour preuve que tu m’aimes sincèrement, nos folies cachées (moi) et visibles (toi). 
Tu as bien choisi tes sujets, ce qui fait que je n’ai pas renâclé à une première lecture rapide et passionnée. Je sais que je reviendrai souvent sur certains chapitres, si bien sorti de ta chaudière – pardon… alambic – animée sans doute par la sève champenoise des coteaux qui entourent ton officine à cauchemars délicieux. 
Belle et élégante couverture par là-dessus.
Ton co-fou dans nos « librairies » pourpres et déglinguées d’esprit qui te dit BRAVO pour toi et ton livre enchanteur.
A bientôt grand fiston exalté.

Claude Seignolle

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