ACEDIA

Merci cher Daniel  pour la délicate pensée codée et pour l’évocation de notre cher Restif de la Bretonne.
« Sait-on, dit le Voyageur, où les lectures vous mènent, celle-là toute innocente vous inocule une douce folie, cette autre le déni de réalité, selon un bon auteur*, celle-ci engendre l’acédia mélancolique, il en est certaines qui t’obligent à rester debout, mais les plus étranges, ce sont les lectures blanches, quand les pages sont vierges…
Georges et Restif (dit la Chouette) s’étaient éloignés, ils avaient allumé un feu, l’odeur des saucisses grillées qu’il faisaient cuire au bout de baguettes, leurs ombres mouvantes et fantomatiques sur les buissons, l’humidité de la nuit, les appels des oiseaux nocturnes évoquaient d’antiques cérémonies paléolithiques. Le Voyageur souriait. »

* Michel Onfray « Le réel n’a pas eu lieu »

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Texte & illustration de Daniel – magic – Maja.

Et l’univers de Daniel Maja est à retrouver ICI

ART CONTEMPORAIN, VIE & COULISSES D’UNE GALERIE, ITINÉRAIRE D’UN GALERISTE.

DES MOTS ET DES CURIOSITÉS,

 jeudi 20 novembre :

une soirée ART CONTEMPORAIN, VIE & COULISSES D’UNE GALERIE,

 ITINÉRAIRE D’UN GALERISTE.

Une soirée Avec RÉGIS ESTACE de la Galerie ESTACE

                                                                                                      http://www.estace.fr

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Conversation, échange, exposition éphémère & présentation d’œuvres.

A Boulogne, à partir de 19 H 30

 Serez-vous des nôtres ?

Les places étant comptées, et afin d’organiser au mieux le buffet qui ponctuera la soirée, merci de répondre le plus tôt possible.

 Renseignements : coqalane@wanadoo.fr ou facebook (Eric Poindron) ou 06 40 21 19 56

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Emile Morel, La Manucure invertébrée des oréades

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Fury, Nirvana

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  FXL Oeuvres

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ART CONTEMPORAIN, VIE & COULISSES D’UNE GALERIE, ITINÉRAIRE D’UN GALERISTE.

DES MOTS ET DES CURIOSITÉS,

 jeudi 20 novembre :

une soirée ART CONTEMPORAIN, VIE & COULISSES D’UNE GALERIE,

 ITINÉRAIRE D’UN GALERISTE.

Une soirée Avec RÉGIS ESTACE de la Galerie ESTACE

                                                                                                      http://www.estace.fr

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Conversation, échange, exposition éphémère & présentation d’œuvres.

A Boulogne, à partir de 19 H 30

 Serez-vous des nôtres ?

Les places étant comptées, et afin d’organiser au mieux le buffet qui ponctuera la soirée, merci de répondre le plus tôt possible.

 Renseignements : coqalane@wanadoo.fr ou facebook (Eric Poindron) ou 06 40 21 19 56

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Emile Morel, La manucure invertébrée des oréades

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  FXL Oeuvres

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LICORNE

Cléo-Lunes, ma fille, 13 ans, a déclaré  : « Franchement, voir un film où il n’y a pas de licorne, quel intérêt ?! Je vois pas…»

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Ils ont la guivre, la licorne, la serpente, la salamandre, la tarasque, la drée, le dragon, l’hippogriffe. (…) Tout cela terreur pour nous, leur est ornement et parure. Ils ont une ménagerie qui s’appelle le blason, et où rugissent les monstres inconnus.

Victor Hugo, L’Homme qui rit

Et Michel W. d’ajouter :

Quelques types de licornes

La licorne d’abondance : elle apporte la prospérité à ceux qui l’hébergent
La licorne de brume : elle guide les voyageurs égarés
La licorne flakes : elle sert de bons petits déjeuners
La licorne muse : elle inspire les bardes bretons

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SOIRÉE « PARIS FANTASTIQUE » À L’ATELIER DES MOTS, DES PAS & DES CURIOSITÉS

Jeudi 27 mars, Eric Poindron recevra Rodolphe Trouilleux pour la sortie de son livre Paris Fantastique, Histoires bizarres & incroyables, Le Castor Astral éditeur, collection « Curiosa & Caetera »

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PARIS FANTASTIQUE

Traqueur de l’insolite et grand connaisseur de l’histoire de Paris, Rodolphe Trouilleux nous fait oublier cartes postales et guides touristiques, pour nous emmener à la découverte d’un Paris déconcertant et parfois même inquiétant.
Toutes véridiques, dénichées au fond d’archives délaissées, ses étranges aventures nous convient à chasser le lapin au cimetière du Père-Lachaise, à fréquenter le magicien Robert-Houdin, à grimper dans un belvédère de Montmartre ou à consulter le fakir Birman ! En fin limier, l’auteur a retrouvé l’emplacement précis de chaque fait-divers, permettant à chacun d’arpenter les rues de Paris livre à la main.

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À la fois ludiques et érudits ces récits donnent souvent le frisson en révélant une histoire insoupçonnée de la capitale.
Spécialiste incontournable de l’histoire de Paris, Rodolphe Trouilleux est l’auteur du célèbre Paris secret et insolite (Parigramme) et de Paris macabre (Le Castor Astral). Historien de l’étrange, arpenteur indiscret et obstiné, il s’efforce de révéler les hommes qui se dissimulent derrière le patrimoine inépuisable de la grande métropole.

Serez-vous des nôtres ?

Informations : 06 40 21 19 56
coqalane@wanadoo.fr

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© La couverture et les montages sont de Isla Louise

CONISME & (CON)ISME

Renaissance du Conisme, le temps des mécènes 

Une grande rétrospective sur le Conisme se tiendra du 14 janvier au 15 février 2014, dans le hall de la prestigieuse bibliothèque du 1er arrondissement de Lyon, ville berceau du mouvement qui a bouleversé l’histoire de l’art.

Au tournant du XXIe siècle, Lyon était une place artistique incontournable. Girard et Brunel, alors au firmament de leur gloire, peignent pour la fille de leur mécène « Vénus Beauté », un nu qui suscita un scandale plus grand encore que « Gigot flageolets ». Dernière acquisition du musée Convergence Conisme, cette peinture sera dévoilée au public à l’occasion de cette grande exposition hors les murs. Confrontée à plusieurs autres chef d’œuvres, elle constituera le joyau d’un événement exceptionnel, inédit, superbe dans le monde de l’art.

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Quelques 70 000 donateurs âgés de 8 à 96 ans, ont répondu à l’appel lancé par le musée Convergence Conisme pour rassembler la somme nécessaire à l’achat et la restauration de « Vénus Beauté » . Ce tableau d’une grande sensualité, a bien failli quitter la France. Les donateurs l’ont sauvé in-extremis. Le musée avait pourtant déjà rassemblé trente millions d’euros grâce au mécénat généreux et désintéressé de la Fondation Capitan et à ses propres crédits d’acquisition pour conserver cette toile, classée « Trésor national ». Manquait dix millions, à trouver avant le 31 septembre 2013. La somme a été collectée en un temps record grâce à une souscription publique.

L’exposition Renaissance du Conisme, le temps des mécènes a été réalisée grâce au mécénat de la Fondation d’entreprise Capitan.Cette exposition n’est pas reconnue d’intérêt national par le Ministère de la culture et de la communication / Direction des musées de France. Elle ne bénéficie donc pas à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.

Du 15 janvier au 15 février 2014
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7 rue Saint Polycarpe 69001 Lyon

 Pour la vidéo ON CLIQUE ICI

Le curieux gardien vous recommande la lecture de :

(Con)isme de Samantha Barendson, éditions Acama
Les expositions sur la peinture Coniste ont acquis de nos jours le statut d’événement culturel majeur et international. Fort d’une réputation bien établie, d’une collection importante constituée d’œuvres phares et d’un savoir-faire muséologique reconnu par les professionnels, le MNAC Convergence Conisme est sans conteste aujourd’hui l’un des maîtres en la matière. Disposer d’une exposition réalisée par le célèbre musée est un gage de succès pour l’institution hôte. La marque « Convergence Conisme » est assurément un facteur de distinction, de prestige, c’est pourquoi le musée, dans l’attente de pouvoir accueillir le public dans ses murs sur le site de la Convergence, mène une politique d’exportation de ses collections.
Samantha Barendson est Chargée de communication du MNAC Convergence Conisme.

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DYSTOPIE & OUBLI

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L’artiste

Un ensemble d’encyclopédies universelles, de nature et d’origine diverses, collectionnées par l’artiste Marco Gondhino sur plusieurs années, sont vidées, au fur et à mesure du temps, de leurs images. Posées côte à côte à même le sol, elles deviennent une sorte de tapis subjectif de notre connaissance. cet acte crée des trous, des lapsus dans notre mémoire commune tout en questionnant la linéarité des archives historiques. il introduit également un sentiment d’incertitude, propice à de nouvelles réinterprétations de ce qui nous semblait figé, immuable à jamais. Le sous-titre Memory hole [trou de mémoire] – Encyclopédies universelles (de nature et d’origine diverses) modifiées dimensions variables  – fait aussi référence au mécanisme d’altération qui fait disparaître des documents de tout genre à partir d’un site internet ou autres archives pour donner l’impression que l’événement ne s’est jamais produit. ce concept a été largement popularisé par George Orwell dans son roman dystopique intitulé 1984.

Marco Godinho

L’oeuvre

Et pour découvrir l’oeuvre & l’artiste ON CLIQE ICI

CORPS EN IMAGE

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4 mai 2013  – 5 janvier 2014

« Corps en images » est un voyage au fil des siècles depuis le corps imaginé à l’Antiquité au corps rendu transparent et virtuel par les techniques d’imagerie médicales les plus modernes. Momies, plastinats, pièces ostéologiques, cires, planches et modèles anatomiques dialoguent avec des dispositifs interactifs et des images issues d’examens radiographiques ou sous IRM. Mêlant corps humains et corps animaux, l’exposition s’intéresse à leurs représentations ainsi qu’à l’évolution des techniques qui permettent de les explorer pour mieux les comprendre et les guérir.
Exposition coproduite dans le cadre de Renaissance Nancy 2013  en collaboration avec la Sous-direction de la culture scientifique et technique de l’Université de Lorraine.

Le Muséum-Aquarium de Nancy et l’Université de Lorraine s’inscrivent dans l’événement «Renaissance Nancy 2013» de la Ville de Nancy et de la Communauté urbaine du Grand Nancy.
L’exposition Corps en images permet de sensibiliser le visiteur aux progrès considérables de la médecine et de la chirurgie de la Renaissance à nos jours. Elle met également en valeur la recherche régionale et le patrimoine universitaire dans le domaine des sciences médicales.
Puisant dans les progrès décisifs apportés à la Renaissance, qui ont marqué l’émergence et le développement de l’anatomie moderne, cette exposition explore les corps humains et animaux. Elle montre les représentations que savants et artistes en donnent depuis le XVIe siècle, mais fait également une large part aux techniques les plus modernes de l’imagerie médicale, rendant possible de nouvelles pratiques chirurgicales comme les interventions pilotées à distance.
Dans une scénographie originale, planches d’anatomie, écorchés, cires anatomiques et plastinats côtoient œuvres d’art mais aussi ordinateurs et écrans tactiles pour offrir aux élèves un autre regard sur le corps à travers ses images, nouvelles et anciennes.

RENSEIGNEMENT EN CLIQUANT ICI

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TENTATIVE D’ÉPUISEMENT D’UN LIEU…

A Georges Perec, écrivain à la plume de lynx

Tentative – photographique – d’épuisement d’un lieu… strasbourgeois, par exemple…

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Déclinaisons autour du Barrage Vauban

N. B.  Tentative d’épuisement d’un lieu parisien est un livre fin, et même très fin, de de Georges Perec (1975) aujourd’hui édité par Christian Bourgois
En octobre 1974, Georges Perec s’installe place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris. Pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée, il tente de prendre note de tout ce qu’il voit. Il en établit ainsi une liste représentant la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.

« Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie, un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau ,Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l’on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d’ autobus , un tailleur, un hôtel , unefontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosqueà journaux, un marchand d’objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d’autres choses encore.
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. »

Georges Perec, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. 

QUELQUES NOUVELLES DU DODO

Le dodo, ou dronte, ou Raphus cucullatus, oiseau de l’île Maurice disparu vers la fin du XVIIe siècle, est l’une des plus célèbres espèces animales exterminée par l’action de l’homme. Pourtant, de nombreux aspects de sa biologie demeurent obscurs, à commencer par son poids. Beaucoup de représentations artistiques du dodo le montrent comme un oiseau très gras, presque obèse, et il a été souvent admis que son poids devait être élevé, dépassant les 20 kilogrammes. Une étude associant le musée d’Elbeuf-sur-Seine, le Laboratoire de géologie de l’ENS (CNRS-ENS) et le laboratoire Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés (CNRS-MNHN), parue dans la revue Naturwissenschaften, suggère un poids nettement moins élevé et remet en cause l’idée du dodo obèse.
Le dodo est en quelque sorte un fossile ultra récent. Il s’est éteint au XVIIe siècle, mais la plupart des os conservés dans les musées viennent d’un site daté d’environ 4000 ans. Le dodo a certainement été victime des activités humaines, mais sans doute pas uniquement de la prédation directe de l’homme, même s’il est certain que les marins et colons hollandais (et autres) ont consommé des dodos en abondance. Il est vraisemblable que les animaux introduits par l’homme (chiens, porcs, chats, singes) ont joué un rôle important en détruisant, suivant les cas, les adultes, les jeunes ou les oeufs. C’est ainsi que c’est achevée la vie de ce bel oiseau, représenté assez dodu dans les gravures anciennes.
Cette étude a pour point de départ la « redécouverte » d’un ensemble d’ossements de dodo conservés dans la riche collection d’histoire naturelle du Musée d’Elbeuf-sur-Seine (Seine-Maritime). Donnés au musée par le naturaliste mauricien Paul Carié en 1923, ils n’avaient jamais attiré l’attention des scientifiques et ne figurent dans aucune des diverses listes d’ossements de dodo publiées dans divers ouvrages récents. C’est à l’occasion d’un inventaire des vertébrés fossiles du musée d’Elbeuf que l’attention a été portée sur cette collection rare et qu’une étude minutieuse des ossements a été entreprise1. Les résultats surprenants a conduit les protagonistes de l’étude à examiner la question très controversée du poids du dodo.
En effet une récente étude suédoise portant sur plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux actuels a permis d’établir une relation, exprimée par des équations, entre le poids moyen de l’animal et la longueur des os de ses pattes. Pour évaluer le poids du dodo, les longueurs des os de dodo du Musée d’Elbeuf ont été utilisées, ainsi que de nombreuses mesures prises sur des ossements de dodos conservés dans des musées du monde entier. A partir des équations établies pour les oiseaux actuels, un poids moyen de 10,2 kg a été obtenu pour le dodo. Ce poids est significativement inférieur à des estimations datant des années 1990, obtenues suivant d’autres techniques, qui allaient jusqu’à 22 kg. Suivant la nouvelle étude, le poids moyen du dodo aurait été à peu près celui d’un dindon sauvage, oiseau dont la taille est similaire à celle du dodo.

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Cette nouvelle estimation permet de penser que les rares représentations anciennes du dodo, faites d’après nature, qui le montrent comme un oiseau relativement svelte, sont plus réalistes que celles, plus connues, qui le dépeignent comme excessivement gras. Les auteurs de ces dernières ont eu pour modèles des dodos captifs amenés en Europe, qui avaient probablement été suralimentés, à quoi s’est ajoutée une exagération de la grosseur de l’oiseau au fil des reproductions par des artistes successifs. Il est possible aussi que ces représentations aient eu pour point de départ des dodos se livrant à une parade durant laquelle ils gonflaient leur plumage et leur jabot. Toutefois, on sait si peu de choses sur le comportement du dodo que cette hypothèse demeure hautement spéculative.

L’étude a été menée par Delphine Angst dans le cadre d’un mémoire de maîtrise, sous la direction d’Anick Abourachid et d’Eric Buffetaut.

© D’après un document du CNRS

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Non les os du dodo ne sont pas tous faux.

 Le Museum de La Rochelle possède l’un des rares squelettes en France du célèbre oiseau conté par Yannick Jaulin au théâtre Verdière.
A quelques battements d’ailes – pour celui qui en est pourvu – du théâtre Verdière, où Yannick Jaulin conte depuis mardi les aventures fantastiques du dodo, les restes de l’un de ces volatiles, disparus il y a quatre siècles, reposent entre quatre vitres au Muséum d’Histoire naturelle de la Rochelle (MHNLR).
Osons le dire : la pièce MHNLR 0.641 est exceptionnelle. Ces ossements vieux de plusieurs siècles constituent l’un des trésors les plus précieux du musée rochelais, qui fait partie des rares établissements en France à conserver un squelette de dronte de l’île Maurice, ou raphus cucullatus, connu du grand public sous le nom de dodo.

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« La mare aux songes »

Dans la galerie de zoologie, il trône, hélas, aux côtés des espèces disparues ou en voie de disparition, comme la tourte voyageuse d’Amérique du nord et l’hémignathe à long bec d’Hawaï. Le squelette contient, pour moitié, de vrais os. L’autre moitié est constituée de pièces reproduites d’après la carcasse d’un dodo conservée au musée de l’île Maurice.
« Une partie du crâne est originale, une partie du bec aussi, ainsi qu’une aile… », énumère Guillaume Baron, responsable des collections du muséum de La Rochelle, qui dispose de la liste des pièces reproduites du squelette, acheté en 1932 à l’entreprise Émile Deyrolle, fournisseur de musées.

207357_14477465_460x306Guillaume Baron et le squelette du dodo rochelais

Le conservateur rochelais, le docteur Étienne Loppé, avait déboursé 4 000 francs, une somme rondelette à l’époque, pour acquérir cette pièce rare, dont on ne connaît pas l’origine, sinon la provenance.
« On sait que ce squelette vient de la mare aux songes, le gisement principal de restes de dodos sur l’île Maurice. C’est une zone humide, où le dodo a sûrement vécu longtemps, avant d’être exterminé au XVIIe siècle, à cause de l’appétit des Européens, mais aussi de l’introduction d’espèces exogènes : le rat, le chat et le cochon. Avant eux, cette espèce, proche parent du pigeon, n’avait jamais connu d’autres prédateurs et ne possédait aucun moyen de défense », explique Guillaume Baron.

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Dans sa vitrine, le squelette fait face à un autre dodo, totalement factice mais non moins remarquable. Le Muséum d’histoire naturelle d’Orléans a fait don à La Rochelle, en 2002, de la réplique fidèle d’une sculpture réalisée en 1901 au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, sous la direction du professeur Émile Oustalet, auteur d’un article sur le dodo. Le peintre Henry Coeylas a même immortalisé ce moment sur une toile.

henri_coeylas_dodo_canvas_print_11aReconstitution du dodo, oeuvre de Henry Coeylas

© Frédéric Zabalza pour Sud Ouest

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Reçu aussi ce mot délicat de l’écrivain et ami nicolas Millet, de l’île de la Réunion :

A lire aussi, Le Dodo et le dindon, de Gilles Clément (Ed. Bayard), qui nous raconte comment le dodo fertilisait la graine d’un arbre très rare, et comment, finalement, les scientifiques réussirent à convaincre le dindon de faire de même pour empêcher la disparition inéluctable dudit arbre.

Et puis, une histoire, cher Eric, puisque je sais que tu en raffoles :
A la Réunion, peu de monde le sait, il y a un tout petit territoire, détaché de l’île principale d’une centaine de mètres. On l’appelle Petite-Ile.
Il y a trente ans environ, des biologistes se sont dit, à la vue de l’incapacité du dodo de voler, que s’il en restait quelques spécimens vivants, ils pouvaient être sur la petite île.
Mais problème, celle-ci est hostile, ouverte à tous les vents, entourée de courants puissants et de requins voraces. L’abordage y est presque impossible. Cependant, la science faisant poussé des ailes, nos scientifiques parvinrent finalement, un matin, à accoster.
Partout, ils cherchèrent. Des oeufs, des traces ou des drontes. Ils ne trouvèrent rien. Alors, chacun admit que cet animal fabuleux ne serait plus vu nulle part.
Ainsi commença la légende…

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D’après ce qu’on ma dit, on rencontre, au salon du livre, beaucoup d’écrivains au salon du livre (et même des mauvais), des costumes sombres, des téléphones portables, des « professionnels » pressés et des groupies ; mais pas le le moindre dodo.Allez comprendre ?! Mais que fait Lewis Caroll ? La littérature n’est plus ce qu’elle était…

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Cette question donna bien à réfléchir au Dodo ; il resta longtemps assis, un doigt appuyé sur le front (pose ordinaire de Shakespeare dans ses portraits) ; tandis que les autres attendaient en silence. Enfin le Dodo dit : « Tout le monde a gagné, et tout le monde aura un prix. »
Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles

Drotonphile – ou dodophile -, ainsi l’ai-je décidé signifie collectionneur de Dodo ou de Dronte, ce qui est fort improbable quand on connait la rareté de l’espèce. Les dodophiles, ou drontophiles, ne sont toutefois que des dodoux rêveurs puisque le dodo n’existe plus.

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Le curieux gardien vous suggère de ne pas vous endormir idiot et vous recommande la lecture de :

 A la recherche du dodo de Harri Kallio, Actes Sud

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Immortalisé par Lewis Carroll dans Alice au pays des merveilles, le dodo, étrange et sympathique oiseau incapable de voler, continue de hanter l’imaginaire collectif malgré sa complète disparition intervenue à la fin du XVIIe siècle.dodo1

Passionné par l’histoire singulière du dodo, Harri Kallio, photographe et sculpteur, a mené une rigoureuse enquête afin de reconstituer l’itinéraire et le destin d’une espèce définitivement éteinte. Usant de différents techniques et pratiques de la photographie (scientifique, appliquée, documentaire, de reportage), il parvient dans une démarche totalement inédite à faire « revivre » en situation un animal qu’il ne nous sera pas donné de revoir.

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Par une étonnante recréation du passé s’installe la troublante illusion que ses curieuses créatures vivent et prospèrent tout comme autrefois dans leur domaine de l’île Maurice. On retrouve les dodos parmi les rivières et les montagnes, les vallons luxuriants et les épaisses forêts de leur paysage natal, coulant des jours paisibles dans une parfaite inconscience de la colonisation humaine qui a mené à leur extinction il y a plus de trois cents ans.

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LA LICORNE ET LE BÉZOARD

CURIEUX, adj. et subst. (…), se dit en bonne part de celui qui a le désir d’apprendre, de voir les bonnes choses, les merveilles de l’art et de la nature. (…), se dit aussi de celui qui a ramassé les choses les plus rares, les plus belles et les plus extraordinaires qu’il a pu trouver tant dans les arts que dans la nature. »

Antoine Furetière, Dictionnaire Universel, 1690

C’est à une découverte de leur histoire qu’invite cette exposition. Chaque salle reconstitue ou donne à voir un type de cabinet. À l’évocation du studiolo d’Urbino, avec son exceptionnel décor de marqueterie lié aux différentes formes du savoir, succède une salle octogonale où s’accumulent quantité d’objets, animaux naturalisés et squelettes, monnaies et statuettes, pierres de foudre, coraux… formant une sorte d’« abrégé du monde ». Les figures des principaux amateurs de curiosités sont rassemblées dans la galerie suivante, témoignage d’un réel engouement européen. Dans le cabinet princier, conçu en écho à celui du château d’Ambras en Autriche, les objets les plus précieux côtoient armes de prestige et meubles de cabinet. Un jardin factice sert de cadre à l’évocation de l’apothicaire Contant, installé à Poitiers, et à sa collection ouverte sur l’Atlantique et les objets amérindiens. La maquette du premier cabinet de Chevalier, à Amsterdam, est entourée des descriptions qu’il a lui-même publiées de sa collection de médailles, d’œuvres d’art, de nombreux objets issus du commerce international d’alors. La collection de Ruysch, médecin anatomiste de la fin du XVIIe siècle, révèle sa double fascination pour l’histoire naturelle et pour le corps humain et ses pathologies, au travers de vanités tridimensionnelles.

Un dernier espace questionne la vivacité de la curiosité dans le monde contemporain. Autour d’œuvres du XXe et du XXIe siècle – « boîte verte » de Marcel Duchamp, œuvre de Jean-Michel Othoniel, bustes de Jan Fabre, évocation du château d’Oiron, des objets insolites revisitent la question des « reliques », des images issues de la recherche scientifique illustrent le questionnement permanent sur la connaissance du monde, et nous renvoient à notre fascination pour l’inconnu, l’étrange, le rare, le merveilleux…

L’exposition se poursuit à l’Espace Mendès-France où sont réunis des objets scientifiques du XIXe siècle, liés à l’expérimentation électrique et à l’anatomie. Ils témoignent de l’évolution des collections scientifiques, héritées des cabinets de curiosités, à l’heure des grandes découvertes des sciences modernes.

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Pour découvrir le site de référence Curiositas, ON CLIQUE ICI

CHANTER AVEC LES CIGALES

Rouvé ce texte de Marco Beasley, tu sais, le ténor qui chante avec les fées…
Je t’envoie ces quelques lignes ou pensées plutôt belles, en espérant qu’elles te plairont aussi :
Ferme les yeux, on entend la musique des cigales…

Pensieri Sparsi

Nelle sacrestia della chiesa che ospitava la registrazione di questo disco, vi era una piccola cucina, molto ben attrezzata, e una grande vetrata che dava sugli alberi circostanti. Luci, quiete, silenzio. Ci trovamo lì ad intervalli irregolari fra un’incisione e l’altra : un bicchiere di vino, pane, della buona frutta, caffè…Era un momento di grande tranquillità, poche parole, molti sguardi. Finestre aperte, il fumo di una sigaretta che si perdeva nell’aria fresca di quei pomeriggi d’estate. Dopo la musica, quei pochi istanti ci permettevano di recuperare le energie tra un brano e l’altro , ci si scambiavano sensazioni , commenti, sorrisi. si parlavano lingue diverse, non tutti ci si conosceva ma come alle volte misteriosamente succede, c’era tra noi una stima reciproca e leggera che ci permetteva di suonare e cantare come se l’avessimo sempre fatto insieme. Ed è vero che la musica unisce, varca i confini del nostro sentire; dalla Finlandia a Napoli, dal Giappone all’austria passando per l’Olanda, la Francia ed il Belgio, di qua e di là dal Po alla ricerca di chissà quale Merlo, un augellin che vola altro, un Cupido mai sazio di tender l’arco per colpire Amarillide e i nostri cuori…O forse, come in una favola, era una cicaletta quella che cercavamo, aggrappata ad un albero del giardino dietro la cucina: Come t’inganni se pensi che gli anni non debban finire ! ci cantava, istigandoci a vivere ogni momento di questa esistenza…

Quelques pensées

Dans la sacristie de l’église qui abritait l’enregistrement de ce disque, il y avait une petite cuisine, très bien équipée, avec une grande baie vitrée donnant sur les arbres alentours. Lumière, calme, silence. Nous nous retrouvions là à intervalles réguliers, entre un enregistrement et l’autre: un verre de vin, du pain, des bons fruits, du café… C’était un moment de grande tranquillité, quelques mots, beaucoup de regards. Les fenêtres ouvertes, la fumée d’une cigarette qui se perd dans l’air frais de ces après-midi d’été. Après la musique, ces quelques minutes nous permettaient de récupérer les énergies entre un morceau et l’autre, on échangeait nos sensations, des commentaires, des sourires aussi. Nous parlions des langues différentes, nous ne nous connaissions pas tous entre nous mais, comme il arrive mystérieusement parfois, une estime réciproque et subtile nous permettait de jouer et de chanter ensemble comme si nous l’avions toujours fait. Il est vrai que la musique unit, franchissant les limites de nos sentiments. De la Finlande à Naples, du Japon à l’Autriche en passant par la Hollande, la France et la Belgique d’un côté et de l’autre du Pô à la recherche de je ne sais quel merle, un oiselet qui vole là haut, un Cupidon jamais rassasié de tendre son arc pour atteindre Amaryllis et nos coeurs… Ou peut être, comme dans une fable, nous cherchions une petite cigale accrochée à un arbre du jardin, derrière la cuisine. Tu te trompes en pensant que les années ne vont jamais finir !  C’est ce qu’elle nous chantait, en nous poussant à vivre à fond chaque instant de cette existence.

Marco Beasley, Genova 2001

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LA MORT, ET APRÈS ?

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« Ce n’est pas de ma faute si, en quittant l’autoroute des avant-gardes, je me suis retrouvé sur le sentier du cimetière. »

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« Je ne traite pas la mort dans un sens funèbre. La mort, pour moi, c’est un ready-made. C’est l’inimaginable absolu. L’expérience par laquelle personne ne peut dire qu’il est passé. Je n’imite pas la mort, je manipule ses signes. »

Tadeusz Kantor