DADA MOI !

Merci ami Gérard Camoin* pour ce si bel hommage ; il me reste à rougir, puis à mourir.

« Poétiquement fou.
Fou comme un lapin
Il chope la folie au passage
Au passage des hâbleurs.
Un jour, il rit, un jour, il meurt
J’ai quelques copains fous
Comme des chagrins
Ne suis-je point trop sage ?
J’ai peur de n’être pas assez fou. Dommage.
Un de mes amis sait être fou – quand il le décide : c’est-à-dire tous les matins –, fou poète, mais homme sérieux comme Nerval… Jarry, Nijinski, Artaud… comme un bagnard échappé de l’île du diable accroché à une vessie de porc, comme un coin perdu sur une table sans angle, trop ronde pour qu’il y trouve sa place.
Il sait manier les fulgurances gesticulées de son indispensable folie. Celle qui va au-delà de l’humour. Celle des hommes graves et des hommes de cœur.
C’est un Buster Keaton qui serait devenu bavard, un Salvador Dali qui se serait réveillé généreux.
Sa folie nécessaire fait que pour lui, le plus souvent, « la tragédie atteint le niveau de la farce ».Comediante ! Tragediante !…
Sa poésie loufoque tend vers cela, elle est son bâton de vie dans laquelle il brandit tous les jours un nouveau bâton de maréchal de théâtre. Quitte à l’emprunter pour un instant comme un coureur de relais.
Il est capable de vous lire ému les lignes de dentelle d’une poétesse du XIXème siècle et dans la seconde qui suit d’humilier gentiment un boulard costaud dans une partie de bras-de-fer ; de vous lâcher un « Je t’aime » en pleine conversation sur la littérature, la politique ou la copulation des mouches andines ; tout à trac, sans prévenir, pour vous dire son amitié ; comme s’il vous prenait le bras brusquement pour vous retenir, vous adosser au mur et vous rouler une pelle.
Il est le dernier dadaïste que je connais. Tristan Tzara l’aurait adoubé dada et André Breton l’aurait exclu des surréalistes pour cannibalisme sentimental et turbulence non canalisable.
Ne sont-ce pas là deux signes forts de sa bonne folie ?
J’ai parfois entendu dire de lui dans les salons littéraires :
« C’est un personnage ! C’est un original ! Un extraverti ! »
C’est évident.
Ce type cultivé aux allures de dandy anglais, à la gestuelle de marquis vénitien, à la musculature de plagiste californien, est un personnage d’Eugène Ionesco qui vagabonderait égaré dans une pièce de Samuel Beckett, pour mieux enfouir sa discrétion et sa pudeur dans son exubérance.
Il est à noter qu’un original n’est jamais simple. Il est double, triple, quadruple… Il est multiple. C’est en cela qu’il est désigné unique et « original ».
Un extraverti est un homme qui déborde. Un homme de tempête qui rit de tout, pleure d’un rien.
Un homme qui déverse son trop-plein intérieur pour vous le donner en offrande. Parfois avec une outrance magique : tel un Saint-Denis apportant sa tête à son Dieu, en première pierre de sa Basilique.
C’est ainsi que semblent faire parfois les artistes, les saltimbanques, les poètes, ils déversent leur trop-plein de vague-à-l’âme en violentes déferlantes de folie.
Ils évitent par-là même de mourir noyés, alourdis, ficelés, étranglés par les lacets invisibles de leurs brodequins ou de leurs cothurnes, étouffés par la nostalgie qu’ils caressent, l’ennui qu’ils exècrent, la norme et sa mère-loi qu’ils vomissent, la colère qu’ils sanctifient, la gloire ou le dénie qui les ravagent, l’amour de soi – qu’ils ont souvent très grand – ou le désamour des autres et – ultime outrage, mort assurée – le désamour de soi. »

* Gérard Camoin est comédien, marionnettiste, bibliothécaire & poète.

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Illustration de Isla Louise

NEIGE

Un soir  d’hiver,
A l’époque où les hivers existaient,
L’enfant Marc Chagall s’est mis à lire,
à haute voix,
ses mémoires à venir,
dans un estaminet famélique de Vitebsk.

Puis Un violoniste est monté sur le toit dudit estaminet
et s’est mis à faire danser les flocons de neige.
(…) puis, presque flocon à son tour,

le violoniste s’est envolé…

L’enfant Marc Chagall
L’a observé
rapetisser
Puis disparaitre
Etonné
Ou à peine

Devant la soupe familiale
L’enfant Marc
a dit à sa mère
Maman… je voudrais être peintre. (…)
Tu le vois, maman, je suis un homme comme les autres…

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CABINET DE CURIOSITÉS EN MOUVEMENT PERPÉTUEL

« Ici l’étrange collectionneur &  singulier gardien, avait entassé des instruments de mesure complexes, des boussoles incongrues (…) des amulettes contre le mauvais oeil (…) des racines supposées de mandragores, une défense de licorne (…) les ossement d’une prétendue sirène ; (…)

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(…) &  quelques fragments d’étonnements. »

Aldine

A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?

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Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.

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Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous : 

N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.

Une tête réduite par un jivaro géant

Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman

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Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles

Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise

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Un fer à cheval de Troie

Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes

 Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée

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Le  phonographe hanté de Curios de Richard Marsh – éditions e-Baskerville

Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims

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L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret

Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain

Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye

La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky

Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.

Jerome Abramovitch

Photo de Jérôme Abramovitch

– Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon

– Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky

– Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore. Mikaël Lugan

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Un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja

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Un astrolabe au ratoire. Anatol R

Un ami pour la vie. Claire Tisserand

Un marre à tout, un chien chilli, une toillette de cheval à vapeur, un simili taire des rues, une corneille à panier. Chris Simon

Un hurluberluordélixieux. Labarococa

Un morceau d’océan,  une cuillère de déssert (Mouloudji). Eric Dahan

Message in a Bottle Washed Ashore

un stradivariasouslerêvedesesdoigts. Labarococa

Un flacon d’encre de seiche qui jamais ne sèche, puis du papier buveur, sans modération pour parvenir à nos fins… Xavier Trédaniel

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ET HOP, C’EST À VOUS :

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VANITÉ

Oui, Jean Giono avait raison, « le monde s’est perfectionné comme se sont perfectionnées les abattoirs de Chicago. »

 

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, de François Mazabraud
Maquette de pétrolier brisé
Bois, bouteille en plastique, coca-cola,  bois vernis. 32 x 10 cm. Collection privée, 2008.

DEUX

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« Si tu n’arrêtes pas de rêver,
Je ne pourrais pas t’aimer.
Si tu n’ouvres pas les yeux,
Comment pourras-tu m’aimer ?
Si tu ne me racontes pas d’histoires,
J’en oublierai les miennes.
Et de quoi parlerons-nous alors ?

Pour chaque page que tu lis,
Essaie d’en écrire deux.
Pour chaque chanson que tu entends,
Tu m’en composeras deux.
Pour chaque pensée que tu m’adresses,
Gardes-en deux rien que pour toi.

Ensuite tu me les donneras »

Chanson tzigane

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Francesco Dell Cossa, Sainte-Lucie, 1473

MARGINALIA & CURIOSITÉS

 

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MARGINALIA & CURIOSITÉS
ou
petites histoires & géographie curieuse des cabinets de curiosités

Prix A.Ribot 2015

Le cabinet de curiosités abrite des objets savants, insolites, poétiques, et constitue un lieu d’érudition et de création. Parce que le secret de la composition est l’art de la rencontre, les êtres et les choses cohabitent dans cet « espace-monde », au sein duquel le gardien du cabinet de curiosités veille sur les mystères et la fantaisie et détient les clés de la séduction. Avec Éric Poindron, le cabinet de curiosité se trouve à une adresse postale ou dans l’espace démultiplié et virtuel de la toile, ou même encore au creux des pages d’un livre, lui-même, dans un jeu de miroir, invité du cabinet de curiosités et objet de séduction par excellence. Aussi, au fil de la succession et surtout de l’entrelacement des spicilèges marginaux, le lecteur que l’on souhaite curieux, c’est-à-dire rigoureux (dans son souci d’émerveillement) et concentré (dans son attention à l’excentricité), découvrira…

Citations, Biblionomadie, Bibliopathonomadie, Livres rares, Fantômes, Livres introuvables, Jeux d’échecs, Auteurs qui n’existent pas, Pierres – peut-être – précieuses, Disparus de la littérature, chats fantômes, fous littéraires, poètes essentiels, sphère armillaire, Livres étranges & singuliers, « Oubliés, délaissés dédaignés », Gérard de Nerval, Passeurs de livres, Typographie insolite & jubilatoire, Licorne, Orthotypographie, Coquetteries graphiques, Papillons, Alfred Kubin, Caviar et caviardage, Collectionneurs, Johannes Kepler, Coquilles en tout genre, Cryptozoologie, Palimpsestes, Mots rares & précieux, Globes terrestres, Machines à écrire, Bibliothèques méconnues & secrètes, Babel-liens, Conversations et badineries, Repentir, Fantômes de bibliothèque, Labyrinthes, Maréchal Ney, Gaston Leroux, Gastronomadie, Momies, « Ranger / classer », Unica, Rhinocéros, Wunderkammer, Personnages & portraits, Iconographie livresque, Passage en Revues, Crânes, Miscellanées & spicilèges bibliomaniaques, Edgar Allan Poe, Livres monstres, Merle blanc, Livres-Mondes, Dans les marges, Julio Cortázar, Artefact, Charles Nodier, Faux livres, Objets imprimés, Bibliophile, Bibliomanie, Bibliolâtrie, Promenades littéraires, Unica, Marginalia, Occulte & co, Et cætera.

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Le lecteur s’en apercevra bien tôt – dès l’avant-propos intitulé « Le Beau est toujours bizarre » par A. Sanchez : loin de constituer une simple accumulation d’objets hétéroclites, le visage du cabinet de curiosités est celui de son créateur, ou plutôt « son reflet diffracté dans un miroir concave ». Aussi, tout le livre-cabinet de curiosités dit son architecte : le choix des objets curieux, la manière de les présenter, de les mettre en lien et celle, tout aussi singulière, d’ouvrir ses portes au monde. Mais puisque l’ouvrage se veut marginal, et qu’il faut l’avouer son curieux créateur l’est également, le collectionneur-auteur ne se contente pas d’être présent dans l’interligne, il se signale lui-même à son lecteur et s’invite dans son propre cabinet, devenant ainsi créature (quitte à s’imaginer « une belle taxidermie », et « des yeux de verre du meilleur effet », et à conseiller « au propriétaire de [s]a dépouille de glisser ses objets usuels – briquet, coupe-cigare, et même crayon de papier, cloche pour les domestiques, loupe, lunettes demi-lunes pour la lecture – dans les poches profondes de [s]on élégante robe de chambre afin de ne pas avoir à les chercher »). On l’aura compris, avec ce nouvel ouvrage Éric Poindron défie les genres et se joue des normes pour offrir à celui qui désirera le suivre un étonnement qui n’aura d’égal que le plaisir de sa lecture.

Du reste, l’ensemble n’est pas clos : au lecteur de prendre sa place dans les vastes marges des pages ou dans les vastes pages des marges…

L’éditeur

 

EXTRAITS

« Quand mes notes sont trop longues pour tenir dans l’espace d’une marge, je les confie à une feuille de papier que je glisse entre les pages et que je fixe par de la gomme. Il se peut que tout cela ne soit qu’une manie, quelque chose de banal et d’inutile. Cependant j’y prends plaisir. »

Edgar Allan Poe, Marginalia

*

Spicilèges & repentir

Repentir : terme désignant une modification apportée à une peinture. Le repentir implique un travail beaucoup plus important que celui d’une simple retouche, car il intervient généralement pour des raisons esthétiques ou iconographiques.

Le repentir « spicilègique » pourrait être ce(s) petit(s) rien(s) sans intérêt(s) ni logique(s) retrouvé(s) ; des curiosités de poches, entre le compendium superflu et modèle réduit, le spicilège portatif, les miscellanées légères & inutiles.

*

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Dans le jargon bibliophilique, un livre fantôme est difficile à dénicher puisqu’il ne reste à sa place, sur les étagères publiques, que le carton d’identité qui attestait de sa présence et de son existence.

Le Codex Gigas ou Bible du Diable n’est pas un livre fantôme.

Note de l’éditeur : le lecteur aura le plaisir de l’admirer en couverture de notre ouvrage.

*

Un plateau d’huitres est presque un cabinet de curiosités.

Une machine à écrire pourrait être un cabinet de curiosités.

Bien que savamment tachetée, la peau de la girafe n’est pas tout à fait un cabinet de curiosités.

Un cimetière n’est pas un cabinet de curiosités ; la tombe d’Edgar Allan Poe, à Baltimore, est encore moins un cabinet curiosités.

Le Brouillard du 26 octobre – de Maurice Renard – est un cabinet de curiosités grandeur nature, et pour cause !

La typographie est presque un cabinet de curiosités.

Les souterrains de la ville de Lyon ont parfois l’apparence d’un cabinet de curiosités.

Le cabinet sanglant de Barbe-bleue n’est ni un cabinet d’anatomie – plus pâle que celui des squelettes blanchis – ni un cabinet de curiosités.

Le labyrinthe est une collection de cabinets de curiosités.

Un confessionnal n’est pas un cabinet de curiosités.

Le voyage – tous les voyages – autour de la chambre peuvent devenir un cabinet de curiosités.

Le Tour du jour en 80 mondes, de Julio Cortázar (Gallimard, 1969) est un cabinet de pensées curieuses et divergentes mijotées « comme un fond de cuisson ».

Le pigeon-marsupial, aperçu par le jeune Victor Hugo – et confirmé par Charles Nodier – lors du sacre de Charles X, en 1825, qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims, est assurément un cabinet de curiosités volant.

La machine à écrire est un cabinet de curiosités qui fait du bruit.

Le Codex Gigas ou Bible du Diable est peut-être plus étrange qu’un cabinet de curiosités.

Le cinéma et la poésie – Venezia central – de l’artiste-orchestre F. J. Ossang sont un seul et même cabinet de curiosités.

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Marginalia & curiosités, Éric Poindron, éditions les Venterniers • collection « La Chambre forte »
22 x 15 cm • 120 pages • 27 euros

Pour découvrir les éditions les Venterniers on clique ICI

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Éric Poindron est éditeur – aux éditions Le Castor Astral où il dirige la collection « Curiosa & cætera » –, écrivain (Actes Sud, Flammarion, L’Épure, Les éditions du Coq à l’Âne…), piéton, animateur d’ateliers d’écriture, critique et cryptobibliopathonomade. Il s’intéresse à la petite histoire de la littérature et à ses excentricités : auteurs mineurs, petits éditeurs, bibliophilie, fous littéraires, sciences inexactes ou para-littérature. Il lui arrive aussi d’écrire sur la gastronomie, les vins et les alcools. Collectionneur d’objets et d’instants insolites, il est aussi le curieux gardien d’un cabinet de curiosités ouvert au public. Il aime à faire croire qu’il pratique la bicyclette avec délectation, se prend pour un poète et affirme avec méthode, mais non sans stupeur, que les fantômes existent.

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© Illustration Isla Louise