DU COURRIER

« A voir ce qui s’imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit obligé de faire preuve d’ignorance. »

Paul Louis Courrier, in Correspondance, (dans mon édition Firmin-Didot et Cie, 1894, N.DL.R.)

En relisant les Lettres de France et d’Italie de Paul-Louis Courrier – le prince des journalistes et le pourfendeur des idées reçues – en éditions Nillson, je rédécouvre ce formidable argument publicitaire :

IL FAUT LIRE LES 100 CHEFS-D’OEUVRE
de toute les littératures

1 – Pour compléter son instruction et son éducation.
2 – Pour ne pas passer pour un ignorant.
3 – Pour connaître ce que les écrivains de génie ont dit du monde, du passé, du présent et de l’avenir.
4 – Pour se réconforter à cette lecture et y puiser des leçons de courage et d’énergie.
5 – Pour charmer ses loisirs et ne pas connaître l’ennui…

Vous voyez, il n’y a pas que le sport de compétition dans la vie…


Jamais une n’image de Mallarmé n’abolira la littérature

 

 

COMME UN BAL DE FANTÔMES


Quand le poète aimé & admiré Marc Alyn* nous fait un salut amical…

« Cher Eric,
Combien je me régale à la lecture de ton recueil : Comme un bal de fantômes.
C’est un livre à tiroirs secrets, à double fond, hanté comme un château de cartes divinatoires. Le lecteur, chez toi est inséparable de l’auteur qu’il guide à sa guise à travers les espaces et le temps parallèles. Je vais le garder à portée de main afin d’y revenir avec le même plaisir.
J’ai apprécié, bien sûr, les allusions rémoises toujours bienvenues et en particulier l’épatant survol de la vie de Paul Fort…
Ton poème me suit comme une ombre et me précède sur les chemins de mémoire. Merci de ce signe mélodieux de ton coeur à musique. Je te redis mon amitié. »

* Marc Alyn, honnête homme, érudit & poète fut le fondateur de la collection Poésie/Flammarion, ami de Philippe Soupault et, entre autres, Prix Max Jacob, Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son oeuvre, grand prix de poésie de l’Académie française.

POÈTE TOI-MEME !

L’assassinat de la poésie est commis sans conscience
mais en conscience
par les tristes crapules qui la décortiquent
à la vilaine manière d’une autopsie.

La poésie n’est pas un système de pensée
La poésie est une science inexacte

La poésie est une princesse
Le poète est un manouche

Le poète cherche la langue
Le poésie parle toutes les langues

La poésie gronde
Le poète funambule

La poésie est une neige blanche
Le poète est une pie noire

La poésie raconte les enfants qui jouent
Le poète est un enfant qui joue

La poésie croit à l’insolence
Le poète est insolent

La poésie n’a pas de prix
le poète offre la poésie

La poésie irise le cosmos
Le poète croit que la lune existe

Le poète est un souffle
La poésie
Une oscillation
Entre un sens
Et un son

 

CURIOSITÉS

 

Un plateau d’huitres est presque un cabinet de curiosités.
Une machine à écrire de Sholes & Glidden recouverte de motifs floraux semblable à de la marqueterie pourrait être un cabinet de curiosités.
Bien que savamment tachetée, la peau de la girafe n’est pas tout à fait un cabinet de curiosités.
Un cimetière n’est pas un cabinet de curiosités ; la tombe d’Edgar Allan Poe, à Baltimore, est encore moins un cabinet curiosités.
Le Brouillard du 26 octobre – de Maurice Renard – est un cabinet de curiosités grandeur nature, et pour cause !
La typographie est presque un cabinet de curiosités.
Les souterrains de la ville de Lyon ont parfois l’apparence d’un cabinet de curiosités.
Le cabinet sanglant de Barbe-bleur n’est ni un cabinet d’anatomie – plus pâle que celui des squelettes blanchis – ni un cabinet de curiosités.
Le labyrinthe est une collection de cabinets de curiosités.
Un confessionnal n’est pas un cabinet de curiosités.
Le voyage – tous les voyages – autour de la chambre peuvent devenir un cabinet de curiosités.
Le Tour du jour en 80 mondes de Julio Cortázar (Gallimard, 1969) est un cabinet de pensées curieuses et divergentes mijotées « comme un fond de cuisson ».
Le pigeon-marsupial, aperçu par le jeune Victor Hugo – et confirmé par Charles Nodier – lors du sacre de Charles X, en 1825, qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims, est assurément un cabinet de curiosités volant.
La machine à écrire Sholes sur laquelle Mark Twain écrivit Les Aventures de Tom Sawyer est un cabinet de curiosités qui fait du bruit.
Le Codex Gigas ou Bible du Diable est peut-être plus étrange qu’un cabinet de curiosités.
La machine à écrire sur laquelle écrivait Abdul Karim qui fut à la fois, le confident, le serviteur et l’ami de la reine Victoria est, parfois, un cabinet de curiosités à ciel ouvert.
Le cinéma et la poésie – Venezia central – de l’artiste-orchestre F. J. Ossang sont un seul et même cabinet de curiosités.

 

Fragments de curiosités & lumière d’été

807

Aussi incroyable que ça paraisse, le « Dulcis inexpertis » de François Régulus-Deslunes (éditions Le nouvel Esculape) comporte exactement 807 pages !

53 300 000, c’est le nombre d’occurrences trouvées en tapant « 807 » sur le plus célèbre des moteurs de recherches (le 10/11/2009 à 19 h 06).

208 000 000, c’est le nombre d’occurrences trouvées en tapant « 807 » sur le plus célèbre des moteurs de recherches (le 19/07/2017 à 12 h 05).

La route nationale 807 ou RN 807 était une route nationale française reliant Pontaubault à Pré-en-Pail.