RENCONTRE & CONVERSATION AVEC CHRISTIAN GIUDICELLI ET ÉRIC POINDRON

 

RENCONTRE & CONVERSATION AVEC CHRISTIAN GIUDICELLI ET ÉRIC POINDRON
 
LIBRAIRIE GALLIMARD – MERCREDI 20 JUIN -19 H.
 
Dialogue à la Librairie Gallimard
entre Christian Giudicelli et Éric Poindron
Pour leur 20e anniversaire, les éditions Bleu autour présentent la collection « Céladon », destinée à accueillir des formes littéraires courtes et expérimentales.
Christian Giudicelli présentera JUVENALIA, un texte de jeunesse et Eric poindron L’OMBRE DE LA GIRAFE, un roman allège et voyageur
 
Serez-vous des nôtres ?
 
LibrairieGallimard – 15, bd Raspail – 01 45 48 24 84
 

CHARLELISTE

 

CharlElie Couture a écrit
« J’ai des listes plein mon ordinateur. « Charleliste » comme dirait mon ami Eric Poindron. Quand parfois on me demande de choisir (comme j’ai du le faire pour l’émission enregistrée pour Radio Perfecto), c’est là que je puise des idées…
Les indécis le savent bien: choisir est toujours injuste, et même si l’on peut s’expliquer sur les raisons qui poussent à décider de ceci ou cela, choisir est douloureux. Doit-on effacer des souvenirs en finesse, mettre sous silence des humeurs subtiles afin de conserver seulement les références exacerbées ?
Les poètes le savent bien eux qui, bien qu’autocentrés, ont toujours beaucoup de mal à se définir…
J’étais hier au « Marché de la Poésie » place Saint Sulpice / Paris. Au milieu d’eux, j’avais l’impression d’être dans une communauté d’êtres qui font semblant de ne pas voir le présent pour ce qu’il est, avec ce même regard charmant, charmeur, désarmé plein de larmes, aussi inquiets qu’inquiétants, aussi sûrs d’eux qu’envahis par le doute, eux qui veulent parler pour ne rien dire ou plutôt écrire comme on joue de la musique, écrire pour le son des mots, pour la forme des lettres, écrire pour réinventer la langue (voire même écrire pour ne pas avoir à parler). Les poètes se déplacent comme des poussières d’absolu portées par les courants d’air dans l’ère du temps. Ces gens sans argent se foutent d’en avoir ou pas. Dématérialisés, ombres, ils se veulent « Pur Esprit », ce qui ne les empêche pas de se teindre les cheveux, comme on refuse de compter les jours / les années / les siècles, parce qu’ils se rêvent éternellement jeunes. En chapeau de paille ou en costume en lin, avec des robes à fleur ou sur des escarpins, les poètes et poétesses ont des personnalités complexes: un mélange de gêne et d’assurance, d’humilité et d’orgueil, de mégalo et de timidité. Jaloux primaires ou frères d’âmes ils s’aiment autant qu’ils se détestent. Politicly incorrects anarchistes, ou férocement libres, au sein d’une société dans laquelle les rapports humains sont au contraire aplanis. En fait ils sont comme la lumière qui nait de courants positif et négatif, remplis de contradiction, ils voudraient qu’on les distingue mais ils refusent toute forme de concession faite au spectacle…
– Oui mais là, tu parles de ceux qui n’ont pas pris parti, d’autres se veulent militants, se mettre en marche c’est choisir de mettre un pied devant l’autre…
Choisir permet aussi de faire resurgir des moments de la mémoire.
La veille, je suis allé à la signature que faisait Christophe Goffette à la librairie Metaluna. Il m’a raconté que, tétanisé par un événement qui l’avait traumatisé, sidéré pendant deux ans, il avait sombré dans une sorte d’eau profonde, un chaos intérieur qu’on appelle dépression. Il n’arrivait plus à rien faire. Paralysé. Rien n’avait plus de sens…
Un jour, par hasard il a réécouté des cassettes d’interviews qu’il avait faites, et de ces voix ressurgissant du passé, il a retrouvé quasi instantanément une énergie. Il a fait des livres de ces entrevues, et le voilà remonté sur sa Rossinante (peut-être un jour finira-t il le film qu’il a commencé il y a dix ou quinze ans?)
Se plonger dans sa propre histoire n’a pas que des aspects nostalgiques. Un certain nombre de réponses peuvent fleurir comme les graines qui ont germées en filigrane dans le terreau de sa propre histoire.
Bon, sans réinventer la psychanalyse, une vie se nourrit des souvenirs, tel un arbre ayant poussé dans l’humus de sa mémoire.
Bref, si je dois citer dix disques qui ont « changé ma vie », je citerais des albums que j’écoutais quand ma vie était en devenir…

Certes aujourd’hui je ne les réécoute que très rarement, pourtant quand je viens à les entendre, ils me replongent instantanément dans l’humeur de celui que j’étais à l’époque :

 

1 – Serge Reggiani –Album n’2
2 – Ascenseur pour l’échafaud / Miles Davis
3 – The rock machine turns you on- (Compilation Rock assez psychédélique 1969)
4 – Double blanc / Beatles
5 – After Math / Rolling Stones
6 – Blues from Laurel Canyon / John Mayal
7 – Atom heart Mother Pink Floyd
8 – Blonde on blonde / Dylan
9 – Transformer / Lou Reed

10 – In the heart of Saturday’s night /Tom Waits.

 

CharlElie, Juin 2018.
CharlElie couture, enregistrement 23e album, Midilive Studios juin 2018

MARCHÉ DE LA POÉSIE 2018

Serez-vous des nôtres ?
LE MARCHÉ DE LA POÉSIE c’est un peu la fosse aux lions,

alors nous y serons à temps plein et en dédicace
du 6 au 10 juin, Place Saint-Sulpice

Au Castor Astral – Samedi de 18h à 19h et Dimanche de 16h à 17h pour COMME UN BAL DE FANTÔMES et L’ÉTRANGE QUESTIONNAIRE

Aux éditions Bleu autour, – les 7, 8, 9 et 10 juin à 14h30 pour L’OMBRE DE LA GIRAFE

La table ronde Dimanche 10 juin à 17 h autour du Devenir de l’éditons de poésie qui réunira avec Benoît Casas (éd. Nous), Justine Granjard (revue Artichaut), Elsa Pallot (Cheyne éd.), Éric Poindron (Castor Astral), Jean-François Poupart (Poètes de brousse), Florence Trocmé (présidente de la commission poésie CnL). Températeur : André Chabin (Ent’revues) – scène du Marché.

COMME UN BAL DE POÉSIE

 

Fantômes et papillons en tenue de bal

À l’occasion du 36e Marché de la poésie de Paris, où le Québec sera l’invité d’honneur et qui se tiendra à la place Saint-Sulpice, du 6 au 10 juin 2018, Thierry Gillyboeuf, écrivain, traducteur et fin connaisseur de la poésie, revient sur le livre d’Éric Poindron, Comme un Bal de fantômes, éditions Castor Astral (collection « Curiosa & Cætera), qui a été élu Meilleur Recueil de poésie 2017 par La Cause Littéraire.  

À en croire l’écrivain Pierre Michon, il y a dans ce livre « un charme très fort et je ne sais pas à quoi il tient en premier : la simplicité ? la rapidité apparente d’exécution ? la spontanéité savante ? Il me ravit. »

Par Thierry Gillyboeuf

On savait Éric Poindron ghosts’ writer, écrivain à fantômes – et non écrivain-fantôme « qui écrivait / à grand bruit / et à sa place / en secret / un livre inspiré » – hantant dans ses livres ceux qui peuplent son imaginaire érudit et fécond. On le découvre amateur de lépidoptères, comme certains de ses pairs, le plus célèbre étant Nabokov.

Mais les papillons d’Éric Poindron ne sont pas qu’insectes légers et chatoyants, ils sont autant d’émanations, de prolongements de ces fantômes que traque amoureusement ce curieux noctambule doublé d’un noctambule curieux. Il les capture, les épingle pour les libérer dans un bal virevoltant dont il orchestre la partition. Car Éric Poindron aime à papillonner : « la vie est une quête de papillons ». Il ne se pose jamais, il fait son miel de tout. Et tout ce qu’il prend dans ses filets est remis en liberté.

On est assuré de n’être jamais seul dans un livre d’Éric Poindron, et d’être toujours en bonne compagnie. Il convoque ses mânes, ses maîtres, ses fantômes, ses amis, ses objets. En un long poème liminaire, il en inventorie certains – et d’ailleurs, il faudrait presque ne plus dire un inventaire à la Prévert, mais un inventaire à la Poindron ! Et cette société hétéroclite qui gravite autour de ce singulier entomologiste du merveilleux, de l’onirique, compose en retour l’autoportrait de l’auteur en trafiquant d’utopie.

Dis-moi qui tu lis, dis-moi qui tu aimes… Comment mieux connaître un homme que par ses amis et ses lectures : « Des poètes / Et des camarades citoyens / Tout plein de poètes // Des fantômes bienveillants / Beaucoup de fantômes // Pour se souvenir que les choses qui existent n’existent pas pour rien ». Il y a chez lui du Villon et du Hardellet, du Nerval et du Cendrars, du Jarry et du Delteil.

Mais la truculence, la verve n’interdit pas la fragilité, la mélancolie, les failles. Et derrière les déclarations, les professions tonitruantes et généreuses, sont nichées de merveilleuses gemmes, comme ce poème à la mémoire de son père ou bien celui où Éric Poindron, en des accents dignes d’un Verlaine, d’un Levet ou d’un Follain, évoque son « enfance presbytère » :

La brume s’accroche à la forêt

La nuit chante la nuit

La nuit chuchote et chahute

L’herbe est noire et le presbytère allemand

C’est ma porte de secours

L’ombre tranquille passe et repasse à la fenêtre

Ce sont mes souvenirs tourbillonnants

Je revois le presbytère de mon enfance

Derrière les rodomontades bonhommes, les envolées où il donne toute la mesure de son entraînant dé-lyre, Éric Poindron sait endiguer cette vitalité débordante qui fait de lui un ogre d’érudition, pour, d’une voix feutrée, étranglée, distiller quelques textes à vif, comme on dit d’une blessure, qui donnent à ce recueil un équilibre, une justesse de ton.

Éric Poindron a su renouer avec la noble tradition de la poésie populaire, celle qui parle à tous comme à chacun. Il nous invite à le suivre dans son périple – « les petits voyages n’existent pas », nous prévient-il – dans « les coulisses du possible ».

Le poète n’a cessé

De voyager

Dans les nuits

Constellés

Blanches et noires

Pour

Vérifier

Ses rêves

Confrérie, fraternité, la poésie d’Éric Poindron est à hauteur d’homme(s).

 

Thierry Gillyboeuf est écrivain et traducteur. Fervent lecteur de Poésie, il est, entre autres, spécialiste de Rémy de Gourmont, de Henry David Thoreau et Georges Perros.

Éric Poindron est aussi l’auteur de deux livres récents L’Étrange questionnaire… ou le livre qu’il vous faudra en partie écrire. Ou dessiner, éditions Castor Astral (collection « Curiosa & Cætera). Un livre « fantasque, érudit, malicieux, inclassable», selon l’écrivain Jérôme Leroy et L’Ombre de la girafe, un Voyage au long cou, éditions Bleu Autour, dans la nouvelle collection « Céladon ».

Éric Poindron @ Laurent Méliz

Éric Poindron sera en signature durant tout le marché de la poésie.
Signalons aussi sa présence lors de la table ronde Dimanche 10 juin à 17 h autour du Devenir de l’éditons de poésie qui réunira avec Benoît Casas (éd. Nous), Justine Granjard (revue Artichaut), Elsa Pallot (Cheyne éd.), Éric Poindron (Castor Astral), Jean-François Poupart (Poètes de brousse), Florence Trocmé (présidente de la commission poésie CnL). Températeur : André Chabin (Ent’revues) – scène du Marché.

L’OMBRE DE LA GIRAFE

 

Pourquoi partir à l’ombre d’une girafe sur les routes de France, à pied, en charrette à bras ou en rêverie ?

Foi d’Éric Poindron, c’est l’enfance qui nous y conduit, et l’apprentissage, l’amitié, la curiosité.

Entre la petite histoire et le grand dehors, il célèbre avec allégresse les hommes d’esprit et l’esprit des lieux, la camaraderie géographique et les jolis mots.

Nous digressons comme un marabout d’ficelle, zigzaguons ad aeternam dans les souvenirs et les paysages à imaginer, vivant en fantaisie, aimant le chemin comme notre prochain.

L’Ombre de la girafe, un voyage au long cou, éd. Bleu autour, collection « Céladon »