AUTOMNONS…

 

La sphère armillaire est une combinaison de cercles emboîtés, permettant de représenter certains mouvements des astres. Une sphère armillaire simple – deux cercles perpendiculaires – a permis à Ptolémée de déterminer l’heure de l’équinoxe.
Pour celui qui ne possède pas de fenêtres, c’est un excellent moyen de savoir si c’est déjà
l’automne.

 

CHANDELLES DE FANTÔMES

 

Il n’y a guère que les fantômes pour croire encore à l’existence des fantômes

Comme la nuit j’ai peur du diable
Et que je crains les revenants
Je mets la chandelle sur la table
Et je ferme les contrevents

Tout comme les marionnettistes
et les créateurs d’automates de jadis
Les fantômes aux mœurs raffinées et taquines
possèdent le sens du divin et
malgré l’absence de montre à gousset au bout de la chaine,
L’exactitude des vieilles gravures sur bois
à l’encre encore fraîche.

Oui, quand l’heure est juste et irrévocable,
les fantômes ne s’embarrassent pas de chronographes.

Et la nuit ne les effraie aucunement

Et le brave Gérard de Nerval d’ajouter

« C’est l’âme de votre prédécesseur qui revient !
– L’avez-vous vu ?
– Non ! mais des fantômes, cela ne se voit pas à la chandelle. »

 

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Trick or treat !

CORBEAUX SINISTRES

AU COGNAC FRANÇAIS A LA EDGAR POE

6 corbeaux
1 poire
300 g de pruneaux
200 g de beurre
20 cl de cognac
sel
poivre

Posez les corbeaux vidées dans un grand plat à four et fourrez-les avec des pruneaux et des morceaux de poire.
Salez, poivrez et déposez sur chacune un morceau de beurre.
Faites-les cuire à four doux durant environ 40 minutes.
Arrosez-les avec le cognac et poursuivez la cuisson environ dix minutes en les arrosant régulièrement.
Servez ces sinistres volatiles avec une purée de pommes de terre et de marrons.

© Une recettte de votre serviteur à n’essayer qu’en cauchemar.

 

DES AILES & DES HEURES

 

 

Humeurs d’automne et horaire d’oiseaux
Écoute les derniers chants avant l’envoi
Tandis que la nuit tombe ou s’effiloche.
Pas à petits pas
Cette fois nous y voilà
17 heure pas encore 52 ; et c’est déjà terminé
Des ailes discrètes semblables à des mimes de plume et de jolis augures

Les lumières du soir
Avant les silences d’hiver
et les montres folles
Sont une prière de merles et de bienveillance
Aux amis et aux proches
Ailés ou non

 

ÉRIC POINDRON à FRANCE CULTURE / LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE

 

ÉRIC POINDRON à FRANCE CULTURE / LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE
Samedi 27 octobre – 16 h à 17 h- avec Etienne Klein.


« Intéressez-vous à un sujet et il vous attend à tout bout de champ ; sans le vouloir vous tombez sur des traces, des fossiles, et vous allez de découverte en découverte.» Éric Poindron
Les cabinets de curiosités étaient des pièces, ou parfois des meubles, où étaient entreposées et exposées des « choses rares, nouvelles, singulières », pour reprendre la définition du Littré : on y trouvait un mélange hétéroclite comprenant des pierres plus ou moins précieuses, des animaux empaillés, des fossiles, des serpents en bocaux, des coraux, des plumes, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des masques, des statuettes, des cornes, des dents, des herbiers, des sarbacanes, des antiquités, des œuvres d’art, des instruments scientifiques, des loupes, des boussoles… En bref, les cabinets de curiosités étaient des bric-à-brac.
L’une de leurs fonctions était de faire découvrir le monde, surtout le monde lointain (dans le temps et l’espace). Il s’agissait aussi de mieux le comprendre ou, au contraire, de confirmer certaines croyances de l’époque. On pouvait notamment croire y voir des restes d’animaux mythiques, des cornes de licorne par exemple.
De là à dire qu’on y pratiquait un amalgame entre sciences réelles et fausses sciences, il n’y a qu’un pas, dont on doit se demander s’il faut le franchir ou non. La question est en somme : quel lien y a-t-il, ou n’y a-t-il pas, entre curiosité et connaissance ?


Avec Éric Poindron, écrivain, inventeur de « fictions obliques », éditeur, auteur de Comme un bal de fantômes (Castor Astral, 2017) et L’ombre de la girafe (Bleu Autour, 2018) et Thierry Beauchamp, traducteur et amateur de littératures irrationnelles, négligées et oubliées.