CLEPSYDRE

Pour Eric Dahan

L’HORLOGE

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "

  Charles Baudelaire

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UNE RENCONTRE RÉJOUISSANTE AVEC (Daniel) MAJA & (Jean-Pierre) CAGNAT, DESSINATEURS LETTRÉS ET BEAUX ESPRITS

« DES MOTS, DES PAS & DES CURIOSITÉS »

« J’irai partout où me porteront la curiosité, ou la fantaisie. » Jacques Cazotte

 Avis aux curieux inspirés, aux amateurs de littérature, d’art sous toutes ses formes et de rencontre rares, chaque semaine, à Paris, le jeudi, de 19 h 30 à minuit – et plus -, Eric Poindron reçoit dans un lieu privé un créateur et un « honnête homme » (écrivain, éditeur, journaliste, critique littéraire, artiste, plasticien, peintre, sculpteur, musicien, magicien, voyageur ou personnage surprise). Quatre heures, et souvent, plus entrecoupées par une pause dînatoire. Un moment rare et précieux pour les collectionneurs de découvertes.

UNE RENCONTRE RARE (Daniel) MAJA & (Jean-Pierre) CAGNAT, DESSINATEURS LETTRÉS ET BEAUX ESPRITS

JEUDI 23 MAI  à 19 H 30

Pour découvrir Daniel MAJA on clique ICI

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(Daniel) MAJA est l’illustrateur de plus de cent livre et un humoriste raffiné. Il a travaillé pour la littérature jeunesse (J’aime lire…),  au journal Le Monde pour l’édition (Le Seuil, Syros, …), collabore depuis 1986 au Magazine littéraire et à de nombreux journaux nationaux et internationaux dont le très prestigieux The New-Yorker. C’est un érudit doublé d’un humaniste.

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Pour découvrir Jean-Pierre CAGNAT on clique ICI

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(Jean-Pierre) CAGNAT a fait ses premières armes en tant que dessinateur au « Canard Enchaîné » … puis au « Monde » où il dessine depuis 28 ans. Il collabore aujourd’hui régulièrement à « l’Evènement », « Marianne » et plus encore « L’Express ». Il est aussi l’auteur d’une trentaine de livres. Peintre, dessinateur, caricaturiste ? Le bon homme est drôle, talentueux et inclassable.

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 En leurs joyeuse compagnies, nous mélangerons dessins et littérature, surprise, et bel esprit.

Chaque participant à la soirée se verra offrir un livre rare, illustrée par Maja, de la part des réjouissantes éditions Volets Verts qui seront parmi nous :

La Vue de Raymond Roussel,  Illustrations de Daniel Maja, éditions Volets verts

« QUI VIT, VOIT BEAUCOUP, QUI VOYAGE VOIT DAVANTAGE… »

Trois scènes de la vie décrites avec ironie : une foule en bord de mer contemple La Vue ;un kiosque à musique où se donne Le Concert ; les curistes d’une station thermale viennent prendre les eaux à La Source. Illustrations de Daniel Maja

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Les places étant comptées, et afin d’organiser au mieux le buffet qui ponctue la soirée, merci de répondre le plus tôt possible.

Renseignements :

coqalane@wanadoo.fr ou facebook (Eric Poindron) ou 06 40 21 19 56

UNE RENCONTRE AVEC GILLES PARIS, ÉCRIVAIN RARE ET SENSIBLE, ET SPÉCIALISTE DE LA COMMUNICATION DANS L’ÉDITION.

« DES MOTS, DES PAS, DES VOIX & DES CURIOSITÉS »

« J’irai partout où me porteront la curiosité, ou la fantaisie. » Jacques Cazotte

 Avis aux curieux inspirés, aux amateurs de littérature, d’art sous toutes ses formes et de rencontre rares, chaque semaine, à Paris, le jeudi, de 19 h 30 à minuit – et plus -, Eric Poindron reçoit dans un lieu privé un créateur et un « honnête homme » (écrivain, éditeur, journaliste, critique littéraire, artiste, plasticien, peintre, sculpteur, musicien, magicien, voyageur ou personnage surprise). Quatre heures, et souvent, plus entrecoupées par une pause dînatoire. Un moment rare et précieux pour les collectionneurs de découvertes.

UNE RENCONTRE AVEC GILLES PARIS, ÉCRIVAIN RARE ET SENSIBLE, ET SPÉCIALISTE DE LA COMMUNICATION DANS L’ÉDITION.

JEUDI 16 MAI  à 19 H 30

RDV Gilles Paris par Jean-Philippe BALTEL

Gilles Paris est un écrivain français qui a plusieurs cordes à son arc. Il est tout d’abord fonctionnaire au ministère de la Jeunesse et des Sports au service de documentation, puis journaliste dans le domaine du cinéma et de la musique dans la presse populaire. Il est ensuite attaché de presse dans l’édition, d’abord chez Jean-Claude Lattès et Plon. Depuis 2006, Gilles Paris dirige une agence de communication qui porte son nom, spécialisée dans l’édition, et qui s’ouvre également sur la musique, les expositions et les spectacles.

Gilles Paris est l’auteur de Papa et maman sont morts aux éditions Point-Virgule (Seuil), réédité en Point-Seuil ; de 2002 Autobiographie d’une Courgette éditions Plon, puis Flammarion, et Au pays des kangourous, son troisième roman est publié aux éditions Don Quichotte.

Autobiographie d’une Courgette a été traduit en plusieurs langues et s’est vendu à plus de 150 000 exemplaires. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation pour la télévision, réalisée en 2007 par Luc Béraud, intitulée C’est mieux la vie quand on est grand avec Daniel Russo dans le rôle du gendarme.

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« Je ne sais pas écrire comme un adulte. Par contre, je suis parfaitement à l’aise dans la peau d`un enfant, même si après un premier jet je travaille beaucoup mon texte. Avec mes éditeurs, et des enfants de 9 ans, justement, qui réajustent souvent les mots adultes qui m’échappent ou des situations qu’ils vivent autrement. Ce n`est pas un procédé pour moi, mais mon écriture depuis l’âge de… 12 ans, où j`ai commencé par des nouvelles, sous la plume d`un enfant de 9 ans. C`est en publiant mon premier roman à 30 ans que j`ai réalisé combien l’univers à la fois imagée et poétique de l’enfant dédramatisait les thèmes de mon roman. L`humour et la naïveté de cet enfance-là donne une distance à la gravité. »

Les places étant comptées, et afin d’organiser au mieux le buffet qui ponctue la soirée, merci de répondre le plus tôt possible.

Renseignements :

coqalane@wanadoo.fr ou facebook (Eric Poindron) ou 06 40 21 19 56

HUMAIN TROP HUMAIN

UN SQUELETTE

par Marcel Schwob

J’ai couché une fois dans une maison hantée. Je n’ose pas trop raconter cette histoire, parce que je suis persuadé que personne ne la croira. Très certainement cette maison était hantée, mais rien ne s’y passait comme dans les maisons hantées. Ce n’était pas un château vermoulu perché sur une colline boisée au bord d’un précipice ténébreux. Elle n’avait pas été abandonnée depuis plusieurs siècles. Son dernier propriétaire n’était pas mort d’une manière mystérieuse. Les paysans ne se signaient pas avec effroi en passant devant. Aucune lumière blafarde ne se montrait à ses fenêtres en ruines quand le beffroi du village sonnait minuit. Les arbres du parc n’étaient pas des ifs, et les enfants peureux ne venaient pas guetter à travers les haies des formes blanches à la nuit tombante. Je n’arrivai pas dans une hôtellerie où toutes les chambres étaient retenues. L’aubergiste ne se gratta pas longtemps la tête, une chandelle à la main, et ne finit pas par me proposer en hésitant de me dresser un lit dans la salle basse du donjon. Il n’ajouta pas d’une mine effarée que de tous les voyageurs qui y avaient couché aucun n’était revenu pour raconter sa fin terrible. Il ne me parla pas des bruits diaboliques qu’on entendait la nuit dans le vieux manoir. Je n’éprouvai pas un sentiment intime de bravoure qui me poussait à tenter l’aventure. Et je n’eus pas l’idée ingénieuse de me munir d’une paire de flambeaux et d’un pistolet à pierre ; je ne pris pas non plus la ferme résolution de veiller jusqu’à minuit en lisant un volume dépareillé de Swedenborg, et je ne sentis pas vers minuit moins trois un sommeil de plomb s’abattre sur mes paupières.

Non, rien ne survint de ce qui arrive toujours dans ces terrifiantes histoires de maisons hantées. Je débarquai du chemin de fer à l’hôtel des Trois Pigeons ; j’avais très bon appétit et je dévorai trois tranches de rôti, du poulet sauté avec une excellente salade ; je bus une bouteille de Bordeaux. Après, je pris ma bougie et je montai dans ma chambre. Ma bougie ne s’éteignit pas, et je trouvai mon grog sur la cheminée sans qu’aucun fantôme y eût trempé ses lèvres spectrales.

Mais lorsque je fus sur le point de me coucher, et que j’allais prendre mon verre de grog pour le mettre sur ma table de nuit, je fus un peu surpris de trouver Tom Bobbins au coin du feu. Il me parut très maigri ; il avait gardé son chapeau haut-de-forme et portait une redingote très convenable ; mais les jambes de son pantalon flottaient d’une manière extrêmement disgracieuse. Je ne l’avais pas vu depuis plus d’un an ; de sorte que j’allai lui tendre la main en lui disant : « Comment vas-tu, Tom ? » avec beaucoup d’intérêt. Il allongea sa manche et me donna à serrer quelque chose que je pris d’abord pour un casse-noisettes ; et comme j’allais lui exprimer mon mécontentement de cette stupide farce, il tourna sa figure de mon côté, et je vis que son chapeau était planté sur un crâne dénudé. Je fus d’autant plus étonné de lui trouver une tête de mort que je l’avais positivement reconnu à sa façon de cligner de l’oeil gauche. Je me demandais quelle terrible maladie avait pu le défigurer à ce point ; il n’avait plus un cheveu vaillant ; ses orbites étaient diablement creuses, et ce qui lui restait de nez ne valait pas la peine d’en parler. Vraiment, j’éprouvais une sorte d’embarras à l’interroger. Mais il se mit à causer familièrement, et me demanda les derniers cours du Stock-Exchange. Après quoi il exprima sa surprise de n’avoir pas reçu ma carte en réponse à sa lettre de faire-part. Je lui dis que je n’avais pas reçu de lettre – mais il m’assura qu’il m’avait inscrit sur sa liste et qu’il avait passé tout exprès chez l’entrepreneur de Pompes Funèbres.

Je m’aperçus alors que je parlais au squelette de Tom Bobbins. Je ne me précipitai pas à ses genoux, et je ne m’exclamai pas : « Arrière, fantôme, qui que tu sois, âme troublée dans ton repos, expiant sans doute quelque crime commis sur la terre, ne viens point me hanter ! » – Non, mais j’examinai mon pauvre ami Bobbins de plus près, et je vis qu’il était bien décati ; il avait surtout un air mélancolique qui me touchait au coeur ; et sa voix ressemblait à s’y méprendre au sifflement triste d’une pipe qui jute. Je crus le réconforter en lui offrant un cigare ; mais il s’excusa sur le mauvais état de ses dents qui souffraient extrêmement de l’humidité de son caveau. Je m’informai naturellement avec sollicitude de sa bière ; et il me répondit qu’elle était de fort bon sapin – mais qu’il y avait un petit vent coulis qui était en train de lui donner un rhumatisme dans le cou. Je l’engageai à porter de la flanelle et je lui promis que ma femme lui enverrait un gilet tricoté.

L’instant d’après Tom Bobbins le squelette, et moi, nous avions posé nos pieds sur la tablette de la cheminée et nous causions le plus confortablement du monde. La seule chose qui m’offusquât était que Tom Bobbins persistait à cligner de l’oeil gauche, bien qu’il n’eût plus aucune espèce d’oeil. Mais je me rassurai en me rappelant que mon autre ami Colliwobles, le banquier, avait coutume de donner sa parole d’honneur, bien qu’il n’en eût pas plus que Bobbins d’oeil gauche.

Après quelques minutes, Tom Bobbins commença une sorte de soliloque en regardant le feu. Il dit : « Je ne connais pas une race plus méprisée que nous autres pauvres squelettes. Les fabricants de cercueils nous logent abominablement mal. On nous habille juste avec ce que nous avons de plus léger, un habit de noces ou de soirée : j’ai été obligé d’aller emprunter ce complet à mon huissier. Et puis il y a un tas de poètes et autres farceurs qui parlent de notre pouvoir surnaturel et de notre manière fantastique de planer dans les airs et des sabbats auxquels nous nous livrons dans les nuits de tempête. J’avais envie une fois de prendre mon fémur et de faire craquer un peu la tête de l’un d’eux pour lui donner une idée de son sabbat. Sans compter qu’ils nous font traîner des chaînes qui cliquètent avec un bruit infernal. Je voudrais bien savoir comment le gardien du cimetière nous laisserait sortir avec cet attirail. Alors, on vient nous chercher dans les vieux taudis, dans les repaires à hiboux, dans les trous bouchés d’orties et de ravenelles, et on va chanter partout les histoires des fantômes qui effrayent le pauvre monde et poussent des cris de damnés. Je ne vois vraiment pas ce que nous avons de terrifiant. Nous sommes seulement très dégarnis et nous ne pouvons plus donner d’ordres à la Bourse. Si on nous habillait convenablement, nous pourrions encore représenter avec avantage dans le monde. J’ai vu des hommes encore plus déplumés que moi faire de jolies conquêtes. Tandis qu’avec nos logements et nos tailleurs nous ne réussissons certainement pas si bien ». – Et Tom Bobbins regarda un de ses tibias d’un air découragé.

Alors je me pris à pleurer sur le sort de ces pauvres vieux squelettes. Et je me figurai toutes leurs souffrances quand ils moisissaient dans les boîtes clouées et que leurs jambes languissaient après une scottish ou un cotillon. Et je fis cadeau à Bobbins d’une paire de vieux gants fourrés et d’un gilet à fleurs qui m’était justement trop étroit.

Il me remercia froidement, et je remarquai qu’il devenait vicieux à mesure qu’il se réchauffait. En un moment je reconnus tout à fait Tom Bobbins. Et nous éclatâmes du plus joli rire de squelettes qu’il fût possible. Les os de Bobbins tintaient comme des grelots d’une manière extrêmement réjouissante. Dans cette hilarité excessive je remarquai qu’il redevenait humain, et je commençai à avoir peur. Tom Bobbins n’avait pas son pareil pour vous coller une liasse d’actions pour une exploitation des Mines de Guano Colorié de Rostocostolados quand il était en vie. Et une demi-douzaine de semblables actions n’éprouvaient aucune difficulté à manger votre revenu. Il avait aussi une manière de vous engager dans une honnête partie de piquet et de vous plumer au rubicond. Il vous soulageait de vos louis au poker avec une grâce facile et élégante. Si vous n’étiez pas content, il vous tirait volontiers le nez et procédait ensuite à votre découpage progressif au moyen de son bowie-knife.

J’observai donc ce phénomène étrange et contraire à toutes ces pâles histoires de fantômes, que j’avais peur de voir Tom Bobbins, le squelette, redevenir vivant. Parce que je me souvenais d’avoir été mis dedans un couple de fois. Et parce que mon ami Tom Bobbins de l’ancien temps était d’une remarquable dextérité dans la joute au couteau. Parce qu’en fait dans un moment de distraction, il m’avait taillé une aiguillette dans le revers de ma cuisse droite. Et lorsque je vis que Tom Bobbins était Tom Bobbins, et n’avait plus du tout l’air d’un squelette, mon pouls se mit à battre si vite qu’il n’y eut plus qu’un battement ; une horripilation générale me saisit, et je n’eus plus le courage de dire un mot.

Tom Bobbins planta son bowie-knife dans la table, suivant son habitude, et me proposa une partie d’écarté. J’acquiesçai humblement à ses désirs. Il se mit à jouer avec une veine de pendu. Je ne crois pourtant pas que Tom ait jamais gigoté à une potence, parce qu’il était trop malin pour ça. Et à l’envers des effroyables récits de spectres, l’or que je gagnai à Tom Bobbins ne se changea pas en feuilles de chêne ni en charbons éteints, parce que justement je ne lui gagnai rien du tout et qu’il me râfla ce que j’avais en poche. Après, il commença à jurer comme un damné ; il me raconta des histoires épouvantables, et corrompit tout ce qui me restait d’innocence. Il étendit la main vers mon grog et l’avala jusqu’à la dernière goutte ; je n’osai pas faire un geste pour le retenir. Parce que je savais que j’aurais eu le moment d’après son couteau dans le ventre ; et je ne pouvais pas le prévenir, puisque justement il n’avait pas de ventre. Ensuite il me demanda des nouvelles de ma femme avec une mine terriblement vicieuse, et j’eus un instant l’envie d’enfoncer ce qu’il avait encore de nez. Je réfrénai ce déplorable instinct ; mais je résolus intérieurement que ma femme ne lui enverrait pas de gilet tricoté. Puis il prit ma correspondance dans les poches de mon pardessus et se mit à lire les lettres de mes amis, avec diverses remarques ironiques et désobligeantes. Réellement, Tom Bobbins le squelette était très supportable ; mais, bonté divine, Bobbins en chair et en os était tout à fait terrifiant.

Quand il eut terminé sa lecture, je lui fis doucement remarquer qu’il était quatre heures du matin, et je lui demandai s’il ne craignait pas d’arriver en retard. Il me répondit d’une manière absolument humaine que si le gardien du cimetière se permettait de lui dire la moindre des choses, « il lui ficherait une sacrée danse ». Puis il considéra ma montre d’une façon lubrique, cligna de l’oeil gauche, me la demanda et la mit tranquillement dans son gousset. Immédiatement après il dit qu’il avait « affaire en ville » et prit congé. Avant de s’en aller, il fourra deux chandeliers dans sa poche, dévissa froidement la pomme de ma canne et me demanda sans l’ombre d’un remords si je ne pourrais pas lui prêter un ou deux louis. Je lui répondis que je n’avais malheureusement plus rien sur moi, mais que je me ferais un plaisir de les lui envoyer. Il me donna son adresse ; mais c’était un tel mélange de grilles, de tombes, de croix et de caveaux que je l’ai totalement oubliée. Là-dessus, il fit une tentative sur la pendule ; mais tout de même la pendule était trop lourde pour lui. Lorsqu’il me fit part ensuite de son désir de s’en aller par la cheminée, je fus si heureux de le voir revenir à de vraies manières de squelette que je ne fis pas un mouvement pour le retenir. Je l’entendis gigoter et grimper par le tuyau avec une joyeuse tranquillité ; seulement on mit sur ma note la quantité de suie que Tom Bobbins avait consommée dans son passage.

Je suis dégoûté de la société des squelettes. Ils ont quelque chose d’humain qui me répugne profondément. La prochaine fois que Tom Bobbins arrivera, j’aurai bu mon grog ; je n’aurai pas un sou vaillant ; j’éteindrai ma bougie et le feu. Peut-être reviendra-t-il aux véritables moeurs des fantômes, en secouant ses chaînes et en hurlant des imprécations sataniques. Alors nous verrons.

Marcel Schwob. 1891

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Je suis dégoûté de la société des squelettes. Ils ont quelque chose d’humain qui me répugne profondément.

CADAVRES…

Votre avis nous intéresse, ou presque.

« Ils ont emmerdé toute une génération : la mienne. Butor, Robbe-Grillet, Duras, Pinget, Simon, quels coups de barbe ! Et il fallait admirer ça !… Heureusement, ils vieillirent. Minuit essaya tant bien que mal d’assurer la relève. Mais bernique. Un coup pareil ça se refait pas. La seconde vague fut aussi chiante que la première, plus dispersée, plus merdique. Pauvres Ricardou, Duvert, Hyvrard, Savitzkaya, Wittig, vous êtes déjà oubliés… Minuit incarnait tout ce que nous pouvions haïr, le toc d’une époque morose, l’ennui d’un pays qui allait accoucher de kilomètres d’autoroutes. » Raphaël Sorin

Extrait de Dictionnaire des injures littéraires de Pierre Chalmin, L’éditeur.

Oui, votre avis nous intéresse, ou presque…

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A DÉFAUT DE RIRE, MOURONS UN PEU…

 

Ah ! les maladies perdues ! Par des moyens artificiels contracter la lèpre ou la peste noire, offrir aux praticiens de cette heure, que la disparition de ces « affections » désole, l’occasion de les étudier sur nature, emporter en mourant cette consolation qu’on laisse dans sa dépouille tout un champ de délicates expériences ! Cela est sans doute incomparablement plus noble que la mort par le rire.

Charles Morice, Suicide-House

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CURIOSA

Cher lecteur,

Nos esprits licencieux se sont rencontrés puisque j’étais, justement, en train d’ouvrir une "salle" ou un rayon curiosa dans le cabinet de curioistés. Que les amateurs de priape, de domination malfaisante de rapports amoureux vils ou complexes passent dès à présent leur chemin.

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Il n’y aura ici ni voyeurisme macabre, ni curiosités mal à propos, ni humeur sadiennne ou sacher-masochiste. Même pas d’images ou de souvenirs olé-lé. L’espace Curiosa sera dédié aux images enfouie et oubliées, aux artistes méconnus ou "ex-centriques", aux marges et aux bas côtés. Ouverture dès bientôt. Alors pour patienter, suivons les rayonnages secrets et bien gardés, afin qu’ils nous guident et nous ouvre le chemin.

Et n’oublions pas quelques bougies pour la route…

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LUMINEUX !

Suite à la rencontre « clonesque », puis phosphorescente, entre un mouton et une méduse – voir l’article LE MOUTON ET LA MÉDUSE -, qui accouchait d’une chimère qui, si elle ne brulait pas, ne manquait pas de piquant, le Docteur Frankeinsound nous écrit pour nous parler de l’avenir pour le moins lumineux : 

En effet c’est fabuleux plus besoin de lumière dans la cuisine ni dans le frigo ou le micro onde pour retrouver ses côtelettes ou son saucisson ça marche aussi avec le porc… 
Reste plus qu’à cloner les chevaux en orange pour pas les confondre dans les lasagnes sans des recherches d’ADN couteuses, donc adieux le cauchemar de la traçabilité. 
Bientôt nos campagnes ne seront plus éclairées que la tour Eiffel ou la foire du trône et on ne risquera plus de marcher dans une bouse toute chaude et molle en sortant de la canadienne puisqu’elles seront toutes phosphorescentes ainsi que l’herbe avec le temps. 
Imaginez aussi tous les hérissons, chats, lièvres ou sangliers qui seront ainsi épargnés par la violence routière. 
Imaginez un monde ou il n’y aurait plus de centrales nucléaires, où l’on s’éclairerait avec des bouteilles de lait et tout ceci grâce aux enragés de l’Institut Pasteur de Montevideo… et aux prophètes de la planète Gong et leur camembert électrique là où j’habite : ICI

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DIVAN

Un Français a reçu en cadeau un divan quatre chaise et un fauteuil.

Le Français s’assied sur la chaise près de la fenêtre, tout en ayant envie de s’étendre sur le divan. Le Français s’étend sur le divan, et déjà, l’envie le prend d’essayer le fauteuil. Le Français quitte le divan et s’assied dans le fauteuil, comme un roi, mais déjà certaines pensées trottent dans sa tête comme quoi, dans le fauteuil, c’est un peu trop somptueux. Plus de simplicité sur la chaise, c’est mieux.

Le Français passe sur la chaise près de la fenêtre, seulement il ne tient pas sur cette chaise parce qu’il y a un petit courant d’air. Le Français passe sur la chaise près du poêle et se sent gagné par la fatigue.

Alors le Français décide de s’étendre sur le divan et de se reposer, mais, sans même arriver jusqu’au divan, il oblique et s’assied sur le fauteuil.

– Voilà où on est bien ! dit le Français, cependant il ajoute immédiatement : Mais sur le divan, c’est peut-être mieux ?

Daniil Harms, Le Tombement, aux éditions Engouletemps.

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CABINET DE CURIOSITÉS EN MOUVEMENT PERPÉTUEL

A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?

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Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.

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Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous : 

N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.

Une tête réduite par un jivaro géant

Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman

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Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles

Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise

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Un fer à cheval de Troie

Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes

 Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée

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Le  phonographe hanté de Curios de Richard Marsh - éditions e-Baskerville

Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims

Ep03

L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret

Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain

Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye

La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky

Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.

Jerome Abramovitch

Photo de Jérôme Abramovitch

- Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon

- Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky

- Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore Mikaël Lugan

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un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja

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Un astrolabe au ratoire. Anatol R

Un ami pour la vie. Claire Tisserand

Un marre à tout, un chien chilli, une toillette de cheval à vapeur, un simili taire des rues, une corneille à panier. Chris Simon

Un hurluberluordélixieux. Labarococa

Un morceau d’océan,  une cuillère de déssert (Mouloudji). Eric Dahan

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un stradivariasouslerêvedesesdoigts. Labarococa

ET HOP, C’EST À VOUS :

CHIMÈRES OU PRESQUE

Un groupe de scientifiques uruguayens, en partenariat avec l’Institut Pasteur de Montevideo, a annoncé mercredi la naissance de moutons génétiquement modifiés phosphorescents, premiers du genre en Amérique latine.

« La transgenèse sur cette espèce n’était pas disponible en Amérique latine et cette réussite positionne l’Uruguay au plus haut niveau scientifique mondial », se sont félicités l’Institut de reproduction animale Uruguay (IRAUY) et l’Institut Pasteur dans un communiqué.

Les précédents dans la région sont une vache transgénique produisant des protéines humaines dans son lait, créée en Argentine en 2011, et des chèvres génétiquement modifiées au Brésil, qui produisent également des protéines à usage humain.

Les moutons uruguayens sont nés en octobre 2012 à l’IRAUy, où ils se sont développés normalement, sans présenter de différences avec leurs homologues non-transgéniques, a indiqué Alejo Menchaca, président de l’Institut.

Leur seule spécificité visible est d’être phosphorescents lorsqu’ils sont placés sous une lumière ultra-violette, en raison de l’introduction dans leur ADN du gène d’une méduse.

L’opération n’a pas de but en soi, si ce n’est de vérifier l’efficacité de la méthode d’introduction d’un gène étranger dans l’ADN de ces animaux.

« C’est une technique très efficace, car tous ceux qui sont nés sont positifs. Maintenant, nous pouvons travailler avec un autre gène, qui sera d’un plus grand intérêt, pour produire une protéine spécifique », a poursuivi Alejo Menchaca.

Les recherches étudient par exemple la possibilité de prendre un gène responsable de la production d’une protéine manquante dans certaines pathologies humaines (comme l’insuline dans le cas des diabétiques), de l’incorporer dans le génome d’une brebis, qui à sa naissance le produira dans son lait. Il serait ensuite possible d’isoler cette protéine pour fabriquer des médicaments plus facilement qu’avec les méthodes actuelles, d’après les chercheurs.

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COMME DEUX VODKAS EN FORME D’ÉTOILES MALFAISANTES

Pour AL. M. B.

Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes

 La nuit est tombée, j’ai déposé mes sacs et accompli mes marches. Mes chemins de croix de chauve-souris

J’aurais du aller boire deux vodkas quelconques – mais offertes, c’est bien moi – à « L’aurore », ce bar de nuit qui n’existe peut-être pas. Qu’importe, L’endroit est fermé et vide. Et puis tu n’y es pas. Un cigare « Don Sébastien », un Saint-Domingue de belle cape, m’attend. Et j’écris un mot pour toi en écoutant Keziah Jones. J’ai écouté et traduit la pochette avec le mauvais anglais que tu me connais. A peu près ces mots qui te semblent adressés :

 « Le paradis n’est qu’un autre monde.

(…) Parce que (virgule dans mon esprit, c’est moi qui l’écrit)

J’aime t’emmener dans une romance,

T’enlever à Paris, France

Quitter les cafés et les bars

Marcher dans les boulevards l’hiver

Est-ce un sourire que je vois ?

(…)

Mais peut-être que tu ne me regardes même pas ?

Parce que si tu souris sans raison, la saison est perdu.

Mais si ton amour est le rythme, le rythme est l’amour. »

Et moi je fume. Je pars à Saint-Domingue en te recopiant, et en tatouant mon corps à défaut du tien. Et j’emporte ce livre rare de Nigel Barley ,« un anthropologue en déroute ». C’est lui. C’est aussi notre sujet. Et je repars, toujours sans vodkas. Plus besoin. Direction les « Dowayo » du Nord Cameroun. Mes très longs voyages pour une très longue soirée. Et ça continue. Quatre ou cinq voyage à venir. Et toi Dans tout ça. Viens une fois avec moi. Je serais fier. Je serai si complet. Elle est avec moi, à mes côtés. Jamais derrière. Au moins pour arrêter mes pas inutiles. Mes nuits d’octobre, mes nuits qui ne servent à rien.

 Et même les murs n’existent pas. Je n’ai rien oublié grâce à toi. Ni les gens, ni les voyages, ni les livres. Tu n’es pas un mur. Tu es la vie, le voyage, le corps en grâce et le coucher de soleil que j’attends.

Aucun mur. Seulement l’amour. « Amur ». A-Mur. Toujours. C’est ce qui est écrit sur le mur qui n’existe pas. Tu n’es pas là.

Toujours sans vodka, à Prague. Toujours sans toi.

Une pleine lune sur le fleuve, comme autrefois, quand tu me « baladais » dans la ville aux lumières et que l’on se faisait encore rêver…

Ton corps comme mes montagnes qui résonnent en altitude. Beaucoup de pluie, de vent, et si peu de lumière. Et ces mots de poète, déposés sous l’arbre :

« ah Je comprends ici l’ami mort, (…)

Qui crient vers un être aimé, parmi les glaces

Immense est leur solitude, ou bien au bord de l’océan

Comme le vent qui porte au naufragé l’odeur

de la terre perdue »

 C’est Ilarie Voronca et son apprenti fantôme. Début d’une bibliothèque que j’avais commencé pour toi.

Au milieu des feuilles des nuits d’octobre, une mèche de cheveux de l’absente. J’y ai presque cru.

J’ai cru. Toutes les voix pour toi, comme dans mes anciens enfers quand je suivais le fil des tristes rues. A provoquer les fantômes, à trinquer sans raison. Mes mauvaises raisons.

Je reprends mes marches maléfiques et nébuleuses. (si tu savais comme je m’ennuie)

L’amour est un azulejos que l’on ne peut accrocher au mur

de longues nuits

De longues nuits

L’arrache ciel

L’a-Mur.

Celle qui a compté

Ton prénom à la craie.

 PEUT-ÊTRE

Si tu étais venu dans ma retraite,

Mon château

Mon grenier percé de Sigognac

Tu aurais entendu les voix.

Lorsque quelqu’un chuchote en ton sommeil

 Sur la route avant toi,

Avant que tu m’offres ce lourd et beau beau présenté argenté, à plumes. Je ne me souviens plus. C’est la nuit et j’ai froid. C’était avant. Quand tu étais là et que je n’étais pas là.

je me souviens avoir vécu comme ça, à Paris et Là-Bas, entre dos d’âne et dent de scie

à la a vie, à la va mal, à vau-l’eau.

Depuis que tu es absente, je dors avec n’importe qui. Je ne dors pas. Avec Borges, par exemple. Et c’est moins bien.

Il est intelligent comme toi, le saint aveugle.

Alors je pense à tes yeux et ça me réveille.

Et je vois

Tes yeux

Pourtant tu dors

et moi je veille

à « poings serrés »

je t’observe te déshabille,

je vois tous tes regards

 Mon nouveau tatouage couleur d’infamie et l’encre qui a percé nos cœurs. et le sang s’est défilé.

Il reste un filet

durci comme un poignard

une croûte en forme de deuils

tu n’es pas là

Comme si le ciel était constellé d’étoiles malfaisantes

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LE CABINET D’ÉCRITURE & DES CURIOSITÉS à REIMS

Votre serviteur présentera et démarrera lundi 29 avril, à partir de 19 heures,

LE CABINET D’ÉCRITURE & DES CURIOSITÉS

à Reims.

Si vous êtes intéressés…
Informations, questions, je réponds en privé.
Et on peut – à défaut de devoir – faire passer l’information aux amis curieux et inspirés.
Hop, à vous de jouer !

Contact : FB, coqalane@wanadoo.fr ou 06 40 21 19 .. Et je vous donne le dernier numéro en privé.

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L’ILE MYSTÉRIEUSE

Comment l’île mystérieuse s’est retrouvée sur Google Earth ?

Gare à ceux qui utilisent Google Earth ou Google Maps pour se repérer, ces derniers ne sont pas toujours fiables. Sandy Island, ou île de Sable, n’existe pas, pourtant elle figurait sur Google Earth. Voici enfin les explications de la naissance et de la mort de Sandy Island.

En novembre dernier, des scientifiques australiens ont traqué une île fantôme. Ils étaient en mission, étudiant la tectonique des plaques, lorsqu’ils décidèrent de faire un petit détour par Sandy Island. Cette terre figurait sur Google Earth, sur la base de données mondiale des lignes côtières, mais pas sur leurs cartes nautiques. Piqués de curiosité, ils s’y sont donc rendus et ont levé le doute : l’île n’existe tout simplement pas. Google Earth indique pourtant la présence de Sandy Island, en forme d’ellipse, d’environ 25 km de long pour 5 km de large.

D’après le géant de Mountain View, l’île mystérieuse se situe au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie, par 19,22° de latitude sud et 159,93° de longitude est. Mais comment l’île peut-elle figurer sur les cartes si elle n’existe pas ? De sa naissance à sa mort, son histoire nous est enfin dévoilée. Maria Seton, de l’université de Sydney, était à la tête de l’équipe qui a divulgué l’inexistence de cette île. Ce mois-ci, elle publie son rapport d’enquête dans Eos. Voilà près d’un siècle que l’île fantôme est répertoriée. Elle fut observée par l’équipage du Velocity en 1876. En 1908, elle faisait sa première apparition sur une carte nautique britannique.

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 Sandy Island, vue par Google Earth. Comme l’île n’existe pas, il n’y a pas de photo satellite. On observe seulement le masque en noir et les lignes de contour des côtes.

Qu’en disent les satellites ?

Bien sûr, depuis 1908, nombre d’expéditions ont transité dans la zone. Comme aucune n’a pu trouver Sandy Island, elle a commencé à être retirée des cartes hydrographiques dès les années 1970. Oui, mais elle n’a pas disparu de toutes les cartes, et c’est bien là le problème. Le tracé de l’île mystérieuse a continué à être édité. L’erreur a fini par atterrir dans les bases de données numériques de la World Vector Shoreline Database. Cette base de données est beaucoup utilisée dans le monde entier, parce qu’elle est en accès libre et qu’elle fournit toutes les données bathymétriques et les lignes de côte.

Toutefois, il existe des inexactitudes comme Sandy Island en raison à la fois des erreurs de saisie des données lors de la numérisation et des erreurs dans les cartes manuscrites initiales. Mais lorsque l’équipe australienne a clamé que l’île n’existait pas, certains scientifiques ont exprimé leur scepticisme. La bathymétrie, fournie par le General Bathymetric Chart of the Oceans (GEBCO) ou dérivée des données satellites, rapporte une élévation du niveau de la mer d’un mètre sur l’île. Certaines données satellitaires telles que la température de surface indiquaient aussi la présence d’une île.

Sandy Island, une dérive de pierre ponce

Les données satellite sont traitées à partir d’algorithmes qui utilisent des masques pour différencier la terre de l’océan dans l’interprétation des données. Ces masques sont des grilles qui définissent les lignes de côte numériques basées sur les cartes géographiques, ils n’ont donc fait que propager l’erreur des cartes de base ! Ces artéfacts liés aux grilles sont bien connus. Sur Google Earth, on pouvait apercevoir une forme noire allongée. C’est seulement le masque que l’on voit, puisqu’aucun satellite n’a été en mesure de photographier l’île fantôme. Le capteur Modis suggère même qu’il s’agit d’une zone d’eau profonde !

Maria Seton et ses collègues suggèrent que l’équipage du Velocity aurait pu prendre pour une île… un amas de pierres ponces. Ces amoncellements se forment lorsque la lave se refroidit rapidement, piégeant du gaz à l’intérieur et formant des roches légères qui peuvent flotter. L’été dernier, un volcan sous-marin en éruption qui fait partie des îles Kermadec, le Havre, a provoqué la dérive de pierres ponces d’une superficie de 22.000 km2 ! En raison de l’activité volcanique, Sandy Island se trouve sur une autoroute de pierres ponces. Les courants canalisent ces îlots dans la zone entre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie.

© Par Delphine Bossy, pour Futura-Sciences

Photographie  © Google Earth

Et pour savoir si Google Earth a permis de découvrir l’Atlantide, ON CLIQUE ICI

Et si vous souhaitez, voyager, naviguer, sinueux et improbable, le curieux gardien vous recommande la lecture de  :

Atlas des îles abandonnées de Judith Schalansky, éditions Arthaud

Désertes ou peuplées d’étranges créatures, paradis perdus ou contrées dantesques, les îles ont ceci de magique qu’elles inspirent la crainte autant que la fascination. Cet Atlas des îles abandonnées nous emmène en voyage dans des territoires éparpillés sur le globe, à la frontière du monde tangible et de l’imagination. Dans les eaux polaires du Nord, l’île Solitude est murée dans les glaces. Des millions de crabes rouges fleurissent les plages de l’île Christmas dès les premières pluies tropicales. Au milieu du Pacifique, la femme-oiseau de Banaba alimente les fabulations collectives…

Chacune des cinquante îles présentées ici a une histoire, son histoire. Qu’elle soit invraisemblable, merveilleuse, légendaire ou oubliée, elle raconte le destin d’une miette de terre, quelque part, dans l’immensité océane.

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SANS UN REGARD

Quand mes yeux m’auront quittés

Je n’aurai pas mal

Je n’aurai pas peur

Si tu es là

Car tu seras là

Je laisse
rai tes envies

Devenir mes envies

Avec toi

J’apprendrai la confiance

Je marcherai sans crainte

J’avancerai à ton unisson

Je ne serai pas aveugle car

Tes mains feront de moi un voyant

Je ne maudirai jamais la solitude

Car tu seras la vie qui clignote

Je hâterai le pas sans hâte et sans larmes

Guettant sur le chemin tes lucioles taquines

Je ne serai pas handicapé car

Mes mains seront encore capables de se faufiler

Dans tes fontaines souterraines

Mon ventre et mon bas-ventre

Iront encore découvrir

Tes secrets de Lascaux

Tes intérieurs de Cosquer

Mes oreilles t’imagineront

Heureuse

Grisée

La langué déliée

Les seins libres

Les bras ouverts

Les rêves larges

Mes yeux fermés te connaitront

Par cœur

Et par corps

Mon nez sera à l’arrêt

A l’affut

A la traque

De tes parfums farandoles

De tes humeurs de sous-bois

Mon radar te fouillera

Te creusera

Te façonnera

Te marquera

Comme une marqueterie fine

Mes dents te reconnaitront

Sans jamais t’entacher

Mes dents cueilleront ta perle

Comme une étoile habitée

Mes souffles et tes souffles seront chorégraphie

Mes yeux vides t’inventeront des éclairs

Mes ongles tendres

Graveront sur tes reins

Des planisphères

Ma voix trouvera tous tes orifices

Et fera son feu d’artifice

Dans ton ventre-sexe

Tes liquides et les miens

Seront cul-et-chemise

Sucré-salé

Suave et doucereux

Sans jamais être aigre

Mes yeux seront ceux d’un dresseur de fauve

Qui sans fouet

Te fera te cambrer

Comme les barrières d’un passage à niveau

Mon train à vive allure

S’enfilera dans ta nuit

Se jouera de tes tunnels

Nous ferons chauffer les machines

Bouillir les mécaniques

Tes hurlements seront

Le premier jour de ma nuit

Ta jouissance sera mes cinq sens

Aveugle, vous plaisantez

Elle m’a donnés sa vue

Elle m’a rendue la vie

Elle m’a donnée sa vie

Elle m’a rendue la vue

Et sur mes paupières closes

Elle a écrit le mot

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MA CLAIRE-OBSCURE

Elle ne ressemble pas  la Danaé de Klimt.

Elle est Danaé.

Quand elle glisse sa cuisse lourde et légère

Peinte et recouverte d’or

Sur mon ventre-palette

Elle barbouille mes craintes

A sa belle façon

Elle ne pose jamais

Elle repose

Quand les nénuphars se déposent sur son ventre

Elle n’est pas qu’une impression.

Quand le clair-obscur vient habiller ses reins

Elle m’apprend la fragilité de la lumière.

Quand elle pose sa main sur mon visage

Les pigments qu’elle y dépose

Me piquent les yeux que je frotte comme un enfant.

Quand elle me regarde

Et que j’entrevois dans ces yeux

Ingres et Chardin

Le Caravage et le chagrin

Les pastels et la peine

Le « repentir » et la rancœur

Les « nabis » et sa prophétie

Les musées cachés et l’espoir

Elle est mon histoire de la peinture

Gustav Klimt - Danae

CABINET DE CURIOSITÉS EN MOUVEMENT PERPÉTUEL

A l’instant de constituer son cabinet de curiosités, Monsieur Cornélius Coriolis avait hésité entre une « grosse pièce » assez rare et 1637 petits animaux empaillés. Après réflexion, il avait choisi la première solution. Le résultat avait fière allure, mais était-ce bien raisonnable ?

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Amis curieux & amateurs de singularités, le « curieux gardien » vous propose d’aider Cornélius Coriolis à étoffer son cabinet de curiosités.

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Aussi nous attendons vos propositions encombrantes ou moins, poétiques ou saugrenues. Et hop, c’est à vous : 

N.B. Contentez-vous, amis de tout poil, de poster un commentaire et le curieux gardien fera le reste.

Une tête réduite par un jivaro géant

Un orgue à liqueur en bois de roses blanches pour ma jolie maman

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Une patte du lapin de Alice aux pays des merveilles

Une malle bibliothèque pour y ranger des mots-valise

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Un fer à cheval de Troie

Un vieil almanach sur les andouillettes de Troyes

 Une molaire de Teutobochus, le géant Cimbre légendaire – information sur simple demande correctement formulée

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Le  phonographe hanté de Curios de Richard Marsh - éditions e-Baskerville

Un « pigeon Marsupial » qui niche dans les tours de la cathédrale de Reims

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L’encre céphalopode… La poésie guidant le poulpe… Tentacule domicile… Jean-Marc Villaret

Une veuve poignée sur une porte à faux
Une cornette à pistons sur une came à sūtras
Un canard laquais sellant un cheval d’arçons sous un beau dais
Un château de sable dans une bassine à confitures Patrick Germain

Visagiste pour acariens ectoparasites de vertébrés Etienne de l’Abbaye

La femme cent têtes et les quatre cent coups, le moutruche, le loupveau, le nouveau-né serial killer, le crocodile-baignoire Denise Miège-Simansky

Vite, une jolie femme tronc pour les huit bras du fier animal Francesca G.

Jerome Abramovitch

Photo de Jérôme Abramovitch

- Un vélo tout airain, pour Romain un peu lourd Michel Wallon

- Des amours étranges à consommer sur place, des places pour rendre visite à Leonardo da Vinci, des poules-coqs-coquillages-courtes sur pattes-coccinelles et le temps qu’il faudra Denise Miège-Simansky

- Des bouquins, des boussoles, des coups de vent du Tonkin, des chimères au regard qui affole, des momies écrivant des mots doux, l’oeil de verre d’une authentique grand-mère, de vieux grimoires de magie noire, un moine de Cordoue, un cercueil vide et des terre-pleins, la salamandre s’accouplant au tamanoir, une colombe sombre et un corbeau candide, les cendres du phénix, une très lourde armoire, des spectres qui chuchotent dans un coin d’ombre, maints ptyx, des fées virides dans des bocaux gardés par des mantes religieuses défroquées, le sceptre d’un squelette, d’étranges airs oubliés et lointains, quelques bonbons croqués, d’éblouissantes mains de gueuses, les langes du petit Jésus, des nuits blanches repliées, des ailes d’ange, des bossus aux pieds liés, et bien d’autres choses encore Mikaël Lugan

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un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Daniel Maja

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Un astrolabe au ratoire. Anatol R

Un ami pour la vie. Claire Tisserand

Un marre à tout, un chien chilli, une toillette de cheval à vapeur, un simili taire des rues, une corneille à panier. Chris Simon

Un hurluberluordélixieux. Labarococa

 ET HOP, C’EST À VOUS :

DÉMONS !

Pascal Berney a – bien, très bien – écrit : 
Mes démons
je les convoque
je les dénombre
je les nommePuis
j’inscris
sur une feuille
de mauvais papier
leurs noms
leurs surnoms
leurs petits nomsIls sont fiers
ils sont convoqués
dénombrés
nommésIls se pâmentEt c’est alors
que j’en profite

Je froisse
la feuille
avec rage

J’y mets le feu

Puis
tandis qu’ils
hurlent
à la trahison

Je les fous
dans les chiottes

Je tire la chasse

Et regarde
longtemps
tourner
les cendres noires
de ces bourriques
qui souhaitaient
m’imposer
leur destin

Pascal Berney
 
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CARTE POSTALE, PAR DANIEL MAJA

Daniel « Magique » Maja a écrit et illustré : 

Le seul rescapé du naufrage de « l’Atalante  » fut  le Père Giorgio de la Compagnie de Jésus et aumônier du bord. C’était un savant, botaniste, philologue, taxidermiste et épicurien. Arrivé par miracle sur le rivage, il fit voeu d’y bâtir une chapelle, ce qu’il fit.

Elle n’est plus consacrée, le cabinet de Curiosités du jésuite, collection d’objets échoués sur la plage y demeure encore.
Là voisinent un astrolabe rouillé, des figures votives des Barbudes, un coco-fesse, le Quart-livre de Rabelais dans l’édition du Coq à l’âme en maroquin rouge, la Dive Bouteille au vin de Cana, une lampe Pigeon (chère à Alexandre Vialatte), des scarabées bleus, un herbier sur vélin, une pipe à opium, un tarot des Bohémiens et tant d’autres merveilles. Un chat dort dans la conque du bénitier. Les dalles sont douces aux pieds-nus.
On va se baigner, l’eau est transparente, on observe les holoturies, on philosophe sur la vie végétative d’icelles, puis on ira cueillir des moules grasses et laiteuses dans les rochers mauves.
Ne sait quand reviendra…

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Puis Mon ami Jack Chaboud m’écrit : « Daniel Maja m’a appelé ce matin, une question : “comment connais-tu Eric Poindron », j’ai répondu un truc plat comme la Hollande, alors que j’aurais dû lui dire : « Mais… tout le monde connait Eric Poindron ». Voilà »

Et pour retrouver LA VIE BRÈVE  les univers improbables, inouïs & poétiqueS de Daniel Maja, ON CLIQUE ICI

DES DANGERS DE L’ONANISME

Des égarements secrets, ou de l’onanisme chez les personnes du sexe (de la masturbation chez les femmes), par J.-L. Doussin-Dubreuil, docteur en médecine de l’ancienne Faculté, etc. Paris, Audin, 1828.

Bien complet des 2 planches en frontispice montrant les ravages supposés de la pratique masturbatoire chez les jeunes femmes.

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DANS LES DENTS !

En 1427, en Suisse, une poule a un jour la mauvaise idée de pondre un oeuf sans jaune. Immédiatement, les villageois préviennent les autorités qui traduisent le volatile devant un juge pour sorcellerie. L’animal est condamné au bûcher puis brûlé vif, comme n’importe quelle personne convaincue d’entretenir des relations avec le démon.

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UNE SOIRÉE « LIVRES & CO » AVEC ÉRIC POINDRON IMAGINÉE PAR RODOLPHE TROUILLEUX

« DES MOTS, DES PAS & DES CURIOSITÉS »

UNE RENCONTRE AVEC ERIC POINDRON AUTOUR DES LIVRES QU’IL INVENTE,

PROPOSÉE ET IMAGINÉE PAR RODOLPHE TROUILLEUX

JEUDI 18 AVRIL À 19 H 30

« J’irai partout où me porteront la curiosité, ou la fantaisie. » Jacques Cazotte

 Avis aux curieux inspirés, aux amateurs de littérature, d’art sous toutes ses formes et de rencontre rares, chaque semaine, à Paris, le jeudi, de 19 h 30 à minuit – et plus -, Eric Poindron reçoit dans un lieu privé un créateur et un « honnête homme » (écrivain, éditeur, journaliste, critique littéraire, artiste, plasticien, peintre, sculpteur, musicien, magicien, voyageur ou personnage surprise). Quatre heures, et souvent, plus entrecoupées par une pause dînatoire. Un moment rare et précieux pour les collectionneurs de découvertes.

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JEUDI 18 avril  à 19 H 30

Rodolphe Trouilleux (écrivain et historien) et François Bétremieux (étudiant en journalisme) converseront avec Eric Poindron

des livres qu’il édite et qu’il écrit.  Nous passerons en joyeuse et légère revue, le cinéma et ses écrits, la littérature voyageuse et les poètes oubliés, l’histoire des sciences et des bouts du monde, le vin et la cuisine, les fantômes et le diables,  le Livre, ses labyrinthes et ses mystères

« Eric Poindron est un  rêve-à-tout » à surveiller de très près. » 

FRANÇOIS ANGELIER, FRANCE CULTURE

Eric Poindron est éditeur (après avoir créé les éditions Le Coq à l’âne, il dirige pour Le Castor Astral la nouvelle collection « Curiosa & cætera »), écrivain (Actes Sud Flammarion, l’Épure…), critique (Radio France, France Télévision & presse écrite), animateur d’atelier d’écriture pour l’Université de Champagne-Ardenne, bibliomane et collectionneur. Il a écrit pour et sur le cinéma, la littérature voyageuse et les poètes oubliés, l’histoire des sciences et des bouts du monde, le vin et la cuisine, le livre et ses mystères, les fantômes et le diables. Il s’intéresse, entre autres, à la petite histoire de la littérature, ses coulisses et à ses singularités : auteurs mineurs et délaissés, petits éditeurs, bibliophilie, fous littéraires, mauvais genres ou para-littérature. Il anime aussi le blog « Curiosa & caetera », un cabinet de curiosités littéraires.

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Belles Etoiles…

Le Voyage avec un âne de de Robert-Louis Stevenson, véritable sésame du marcheur, est de ces livres qui font naître des vocations. Passionné de Stevenson, Eric Poindron a fini par prendre la route. A pied, avec un ami et un âne, il a parcouru cinq cents kilomètres, de la Haute Loire aux Cévennes. Chemin faisant, il a rencontré des paysans, des fantômes et des originaux. Dans ce récit, il ouvre une malle aux trésors pleine de fables, de destins, de souvenirs d’enfance. Croyant emboîter le pas, il a découvert sa propre voie et compris qu’on ne fait pas un voyage, c’est lui qui vous fait ou vous défait. Ainsi marche un poète.

De l’égarement à travers les livres…

« Qui lit trop devient fou. » Tel est sans doute l’étrange enseignement de ce livre inclassable, à la fois roman et jeu de piste. Atteint d’un étrange syndrome au nom barbare qui signifie «De l’égarement à travers les livres», le narrateur est contacté par une société secrète, Le Cénacle troglodyte, afin de devenir «détective littéraire». Derrière l’histoire de la littérature, il existe une autre histoire que l’on ignore. Aussi, le narrateur va-t-il devoir faire la lumière sur diverses affaires à la fois mystérieuses et secrètes.
Où se trouve le corps de Voltaire ? Pourquoi Lewis Carroll a-t-il inventé le personnage d’Alice au pays des merveilles ? Qui est cet écrivain fantastique qui a perdu son ombre ? Pourquoi, derrière Lovecraft, existe-t-il un autre personnage qui ne manque pas non plus d’imagination ?
Entre fiction et fantastique, c’est une littérature des coulisses qui est peu à peu dévoilée. Mais attention ! derrière les apparences, il se cache sans doute une autre vérité…

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Les places étant comptées, et afin d’organiser au mieux le buffet qui ponctue la soirée, merci de répondre le plus tôt possible.

Renseignements :

coqalane@wanadoo.fr ou facebook (Eric Poindron) ou 06 40 21 19 56