CARTE(S) TENDRE(S)





La réalité n’a aucun sens. C’est tout au plus une hypothèse.
Quelle Réalité ?
C’est une invention de petit commis.
Croire en quoi, vous dites ? A l’image du point d’interrogation qui termine la crosse d’un évêque.
Le vrai est formidablement invraisemblable. et la réalité une si fragile légende.
 
Je me souviens de ce moine copiste qui ne parvenait pas à former une lettre – un O capital(e) -, et qui décida de partir en voyage, au cœur de l’hiver, afin de laisser une simple trace dans la neige, un trait sans raison, un geste, à la place d’une circonférence dans une marge. une encre / neige et des pas de silence.
 
Alors me reviennent Les Pas perdus d’André Breton.
<< Les siècles boules de neige n’amassent en roulant que des petits pas. >>
 
J’ai attendu Borges au café Tortoni, Avenida de Mayo, mais le bibliothécaire n’est pas venu, tout occupé à déplacer le sable et à modifier le Sahara. De france, de l’Est, j’ai emporté un instant de neige en son continent de couleurs afin de faire frissonner les ruelles chaudes de Buenos aires.
 
Ne vous trompez pas, Pierre Ménard, l’auteur de « Quijote » existe, c’est le monde qui n’existe pas. Détrompez-vous.
 
Il nous faudrait imaginer de nouvelles cartes géographiques, des planisphères sensibles à caresser comme la soie d’une femme aimée ; celle de la nuit, une autre de la neige et des sables émouvants, et celle aussi des vents musicaux.
 
La vie et son chemin sont cartes sans échelle et sans date. Sans légende aussi
Et pourtant, cette légende, c’est une vie.
 
JOURNAL AUTOMNAIRE & FERROVIAL – à paraître.


PRIÈRE POUR RAYMOND ROUSSEL


Conversation d’outre-tombe avec le trublion Raymond Roussel
Oui, nos âmes sont de bien étranges labyrinthes.
Et des usines de bulles de savon, aussi.

Oui, ce raymond Roussel est décidément un chef d’oeuvre à lui tout-seul
Même s’ils était nombreux dans son grenier de ciboulot

Saint Raymond Roussel, priez pour nous ; et surtout pour eux…



GIRAFE TÉLÉGRAMME

 

 

« Éric, le délicieux poète à la girafe. »
Jean-Michel Ribes
« Très heureux de pouvoir cheminer à tes côté À L’OMBRE DE LA GIRAFE. dès le début tout me plaît.
Je me suis régalé de ta girafe ces derniers jours : quel petit grand livre simple et voyageur. »
Victor Pouchet 


ACCUMULATIONS & SPICILÈGES

 

Accumulation, Vanité & Fantômes ~
L’homme déclame dans le vide, et le temps ordonne le vent.
Didymus Chalcenterus – ou Didyme Didymus ou Didymos – , était natif d’Alexandrie (aux environs de – 60 avant J.-C.) et fils d’un vendeur de poissons salés, selon Sénèque.
Il composa, dit-on, jusqu’à trois mille cinq cents traités différents, et peut-être quatre mille. Demetrius de Troezène qualifia le polygraphe, le grammairien et l’essayiste forcené de « bibliolathe », à savoir possesseur de livres qu’il ne connait pas ; ou qui amasse les livres sans les lires, selon Jean-Baptiste Prudence Boissère – Dictionnaire analogique de la langue française, 1862.
Ses livres étaient en si grand nombre que lui-même les oubliait et en ignorait le contenu. C’est en tout cas l’accusation qu’on lui fit.
Tous ces livres sont aujourd’hui oubliés puisqu’aucun n’a résisté au passage du temps.
Au rayon << Didymus Chalcenterus >>, il n’existe que des livres fantômes.
Et des mots envolés dans le vent.
~
Spicilèges & repentir ~
« Repentir » : terme désignant une modification apportée à
une peinture. Le repentir implique un travail beaucoup
plus important que celui d’une simple retouche, car il
intervient généralement pour des raisons esthétiques ou
iconographiques.
Le repentir « spicilègique » pourrait être ce(s) petit(s)
rien(s)sans intérêt(s) ni logique(s) retrouvé(s) ; des
curiosités de poches, entre le compendium superflu et
le modèle réduit, le spicilège portatif, les miscellanées
légères & inutiles.
~
Votre jeune ami, dit Chamfort, ne connaît rien au
monde, il ne sait rien de rien.
– Oui, répondit Rivarol, et il est déjà aussi triste que s’il
savait tout. »