RENCONTRE AVEC ÉRIC POINDRON à la LIBRAIRIE LES LIBRES CHAMPS

 RENCONTRE AVEC ÉRIC POINDRON
à la LIBRAIRIE LES LIBRES CHAMPS
MERCREDI 4 JUILLET 19 heures

La girafe est un drôle de Zèbre !

« Puisque le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire n’a pas écrit le Voyage avec une girafe à travers la France – la girafe offerte par le pacha d’Egypte à Charles X qu’il mena sur les routes, du port de Marseille aux rives de la Seine -, aventurons-nous avec allégresse sur ses traces, célébrons le grand dehors et les petits maîtres, les hommes d’esprit et l’esprit des lieux, la camaraderie géographique et les jolis vins, digressons comme un marabout d’ficelle, zigzaguons ad aeternam dans l’histoire et les paysages, soyons vivants en fantaisie, aimons le chemin comme notre prochain, amusons-nous. »

SEREZ-VOUS DES NOTRES ?

Librairie Les Libres Champs
18 Rue Le Verrier 75006 Paris

 

UNE GIRAFE À BRUXELLES

 

« A Bruxelles, il y a des petits garçons qui entraînent les poètes voir les iguanodons. »
Geert van Istandel

Sera donc aujourd’hui et demain à Bruxelles.

RENCONTRE AVEC ÉRIC POINDRON – Mercredi 27 juin
Librairie TU LI TU – BRUXELLES

Eric Poindron possède de nombreuses casquettes : il est écrivain, éditeur, critique littéraire, consultant (littérature, édition, gastronomie, œnologie), animateur d’atelier d’écriture et de création littéraire – Université de Champagne-Ardenne et privé -, et plasticien.
Mélanie Godin animera la rencontre et la comédienne Stéphanie Van Vyve nous lira des extraits.

Avec le concours des Midis de la poésie

Illustration de isla Louise

CHARLELISTE

 

CharlElie Couture a écrit
« J’ai des listes plein mon ordinateur. « Charleliste » comme dirait mon ami Eric Poindron. Quand parfois on me demande de choisir (comme j’ai du le faire pour l’émission enregistrée pour Radio Perfecto), c’est là que je puise des idées…
Les indécis le savent bien: choisir est toujours injuste, et même si l’on peut s’expliquer sur les raisons qui poussent à décider de ceci ou cela, choisir est douloureux. Doit-on effacer des souvenirs en finesse, mettre sous silence des humeurs subtiles afin de conserver seulement les références exacerbées ?
Les poètes le savent bien eux qui, bien qu’autocentrés, ont toujours beaucoup de mal à se définir…
J’étais hier au « Marché de la Poésie » place Saint Sulpice / Paris. Au milieu d’eux, j’avais l’impression d’être dans une communauté d’êtres qui font semblant de ne pas voir le présent pour ce qu’il est, avec ce même regard charmant, charmeur, désarmé plein de larmes, aussi inquiets qu’inquiétants, aussi sûrs d’eux qu’envahis par le doute, eux qui veulent parler pour ne rien dire ou plutôt écrire comme on joue de la musique, écrire pour le son des mots, pour la forme des lettres, écrire pour réinventer la langue (voire même écrire pour ne pas avoir à parler). Les poètes se déplacent comme des poussières d’absolu portées par les courants d’air dans l’ère du temps. Ces gens sans argent se foutent d’en avoir ou pas. Dématérialisés, ombres, ils se veulent « Pur Esprit », ce qui ne les empêche pas de se teindre les cheveux, comme on refuse de compter les jours / les années / les siècles, parce qu’ils se rêvent éternellement jeunes. En chapeau de paille ou en costume en lin, avec des robes à fleur ou sur des escarpins, les poètes et poétesses ont des personnalités complexes: un mélange de gêne et d’assurance, d’humilité et d’orgueil, de mégalo et de timidité. Jaloux primaires ou frères d’âmes ils s’aiment autant qu’ils se détestent. Politicly incorrects anarchistes, ou férocement libres, au sein d’une société dans laquelle les rapports humains sont au contraire aplanis. En fait ils sont comme la lumière qui nait de courants positif et négatif, remplis de contradiction, ils voudraient qu’on les distingue mais ils refusent toute forme de concession faite au spectacle…
– Oui mais là, tu parles de ceux qui n’ont pas pris parti, d’autres se veulent militants, se mettre en marche c’est choisir de mettre un pied devant l’autre…
Choisir permet aussi de faire resurgir des moments de la mémoire.
La veille, je suis allé à la signature que faisait Christophe Goffette à la librairie Metaluna. Il m’a raconté que, tétanisé par un événement qui l’avait traumatisé, sidéré pendant deux ans, il avait sombré dans une sorte d’eau profonde, un chaos intérieur qu’on appelle dépression. Il n’arrivait plus à rien faire. Paralysé. Rien n’avait plus de sens…
Un jour, par hasard il a réécouté des cassettes d’interviews qu’il avait faites, et de ces voix ressurgissant du passé, il a retrouvé quasi instantanément une énergie. Il a fait des livres de ces entrevues, et le voilà remonté sur sa Rossinante (peut-être un jour finira-t il le film qu’il a commencé il y a dix ou quinze ans?)
Se plonger dans sa propre histoire n’a pas que des aspects nostalgiques. Un certain nombre de réponses peuvent fleurir comme les graines qui ont germées en filigrane dans le terreau de sa propre histoire.
Bon, sans réinventer la psychanalyse, une vie se nourrit des souvenirs, tel un arbre ayant poussé dans l’humus de sa mémoire.
Bref, si je dois citer dix disques qui ont « changé ma vie », je citerais des albums que j’écoutais quand ma vie était en devenir…

Certes aujourd’hui je ne les réécoute que très rarement, pourtant quand je viens à les entendre, ils me replongent instantanément dans l’humeur de celui que j’étais à l’époque :

 

1 – Serge Reggiani –Album n’2
2 – Ascenseur pour l’échafaud / Miles Davis
3 – The rock machine turns you on- (Compilation Rock assez psychédélique 1969)
4 – Double blanc / Beatles
5 – After Math / Rolling Stones
6 – Blues from Laurel Canyon / John Mayal
7 – Atom heart Mother Pink Floyd
8 – Blonde on blonde / Dylan
9 – Transformer / Lou Reed

10 – In the heart of Saturday’s night /Tom Waits.

 

CharlElie, Juin 2018.
CharlElie couture, enregistrement 23e album, Midilive Studios juin 2018

L’OMBRE DE LA GIRAFE

 

Pourquoi partir à l’ombre d’une girafe sur les routes de France, à pied, en charrette à bras ou en rêverie ?

Foi d’Éric Poindron, c’est l’enfance qui nous y conduit, et l’apprentissage, l’amitié, la curiosité.

Entre la petite histoire et le grand dehors, il célèbre avec allégresse les hommes d’esprit et l’esprit des lieux, la camaraderie géographique et les jolis mots.

Nous digressons comme un marabout d’ficelle, zigzaguons ad aeternam dans les souvenirs et les paysages à imaginer, vivant en fantaisie, aimant le chemin comme notre prochain.

L’Ombre de la girafe, un voyage au long cou, éd. Bleu autour, collection « Céladon »

 

1, 2, 3, … …

 

Quand le Grand Dehors Guérit.

« Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d’herbes, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C’est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et on n’est jamais seul quand on sait la voir et la sentir. »
Alexandra David-Néel