COMME UN BAL DE FANTÔMES

 

Cher Eric,

Je voulais te dire que tu es, enfin tes fantômes, et leurs bals, et les pages, donc vous êtes, en ce moment dans ma vie en concurrence avec Homère et Conrad, rien que ça, vois-tu. Ces deux-là prennent de la place, je dois faire un cours sur les deux, et ça commence bientôt, je ne l’avais pas vu venir si tôt cette foutue rentrée des classes, et je lis donc tout ça, avec quelques-uns de tes poèmes en parallèle, comme des respirations et des prolongements, mais je veux les lire bien, et avoir l’esprit libre, alors je laisse durer la conversation, car c’est une conversation que ce livre, que je ne referme pas : poésie-conversation, poésie-histoire littéraire, poésie-histoire du regard, poésie-histoire d’un lecteur, poésie ouverte au flux de la vie et de la pensée, à ces accidents et ses épiphanies, une poésie portes grandes ouvertes qui s’autorise la prose et même la poésie, j’entends Cendrars, je vois Nerval (le homard !), Brautigan se pointe, Perros et Larbaud sont dans un coin, je ne vais pas recopier ton index nominum (ou spectrum), tant d’amis inconciliables à concilier dans une grande gigue qu’est ton esprit de poète.
C’est très beau, très inédit comme façon d’avancer en laissant de la place aux autres, en faisant revivre les fantômes, en associant les histoires incroyables aux émotions simples.
Alors, je ne finis pas la lecture, mais je laisse le livre ouvert, et je le poursuis pour les prochains jours, et pour reprendre des forces.
Merci, cher ami, et à bientôt,

Victor Pouchet

Victor Pouchet, auteur de Pourquoi les oiseaux meurent, éditions Finitude

 

Les convives attendant en patience l’ouverture du bal des Fantômes

« Illustration ready made » de Isla Louise 

d’après Le salon de la princesse Mathilde, Rue de Courcelles, de Charles Giraud

PRESQUE UN 26 OCTOBRE

Le rendez-vous était pris
A la société plus discrète que secrète dite du « ténébreux mélancolique »
A l’angle mort de la tour saint-Jacques
La nuit semblait faire des bonds de chats
des constellations grimaçantes
des cabrioles d’infortune
A l’image de ce fantôme en habit qui, la porte sourde une fois entrebâillée
salua avec assurance l’incrédule
le nouvel égaré
avant de déclarer :
« Mon ami, sous quel forme dois-je me présenter à vous afin de vous être désagréable ?

Nuit d’octobre nervalienne, presque un 26

 

 

RENCONTRE AVEC ERIC POINDRON

 


Autour de
L’Étrange questionnaire, éd.Castor Astral / les Venterniers
Comme un bal de fantômes,
éd.Castor Astral

Lettres aux fanômes, éd. Le Réalgar
Merci Paris !, éd. Tallandier

 

Jeudi 2 novembre Soirée au Pitch Me – Livre Merci Paris ! – PARIS 20e
Rencontre avec Karim Miské, Gérard Mordillat, Eric Poindron, Tiffany Tavernier

Samedi 4 novembre – Librairie Guerlin – Reims
Rencontre signature à 16h

Vendredi 10 novembre – Nouvelle librairie Baume – Montélimar
Rencontre le soir avec Éric & Franck Balandier

Dimanche 19 novembre – Salon des livres en Beaujolais
Signature & échange

 Mardi 21 novembre – Etrange soirée à la librairie Libres Champs – Paris 6e
Rencontre, jeux & signature

Samedi dimanche 24-25 novembre – Salon de la poésie vivante – Romorantin
Signature & échange

Mercredi 29 novembre – Librairie Gallimard – Paris
Rencontre avec Éric Poindron autour de L’Étrange questionnaire

Samedi dimanche 2-3 décembre – Salon de Boulogne-Billancourt
Signature & échange

Mercredi 6 décembre – Librairie des éditeurs associés – Paris
Rencontre à la bougie avec Éric Poindron ! Partenariat RATP

Vendredi 15 décembre – La Fleur qui pousse à l’intérieur – Dijon
Rencontre avec Éric Poindron & Le Castor Astral

Samedi 20 janvier 2018 – Médiathèque François Sagan (10e arrondissement)
Journée et nuit de la lecture. Rencontre avec le public & échange sur la poésie

 

 

 

ÂMES & AUTOMATES

Les fabricants d’automates imaginent des automates écrivains afin de raconter l’histoire des automates.

Ce soir au Regent Theatre de Stoke-on-Trent, on jouera la pièce rare Le Double meurtre de l’automate* de qui vous savez. Il y aura peut-être cet étrange spectateur qui assiste à toute les pièces, à chaque représentation, observe, et se tait.
Parce qu’il existe des coups de cœur comme des coups de théâtre, il revient chaque soir, élégant et pâle.
Le spectateur deviendra-t-il, après le spectacle, quand la nuit aura gagné les ruelles et les coulisses du théâtre, le meurtrier raffiné de Le Double meurtre de l’automate* ?
Et si le personnage de théâtre, notre théâtre, était un fantôme tout de chair ; et si celui qui le regarde était capable de lui ravir la place ?
La scène est une répétition qui donne le change, c’est en coulisse, au cœur des mécanismes, que les vrais effrois font sang et sens.

« La mort écoute les mots. Elle les a déjà entendus. Elle aussi possède un exemplaire de la pièce. » Joseph O’Conor, nous le rappelle, sans excès. Dans « Muse », à découvrir aux éditions Phébus.

*Le Double meurtre de l’automate de John B. Frogg nous conte l’histoire de l’inventeur Anatole qui cherche, en vain, à mettre au point un automate assassin afin de prouver la supériorité vertueuse de la machine sur l’homme. Lassé de ses échecs, il se décide à tuer un innocent à la place de l’automate. Alors qu’il se croit soupçonné, il met fin à ses jours par pendaison, mais maquille son crime, de sorte à faire croire qu’il a été assassiné par sa créature.

 

Machine à doigts, oeuvre de Orianne Poncet
Automate à manivelle, Laiton, acier et résine