1, 2, 3, … …

 

Quand le Grand Dehors Guérit.

« Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d’herbes, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C’est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et on n’est jamais seul quand on sait la voir et la sentir. »
Alexandra David-Néel

 

 

 

 

L’HOMME-LIVRE, LE LIVRE DE LA FÊTE DE LA LIBRAIRIE

Chaque année, la librairie indépendante se pare de ses plus beaux atours. À l’occasion de la Sant Jordi, journée de célébration de la lecture en Espagne, la France suit le mouvement. Et les libraires offrent, avec le livre qu’on leur achète, une rose.
Pour cette 20e édition, ce sont 480 libraires de France, Luxembourg, Belgique et Suisse romande qui prendront part à l’opération.
Pour l’occasion, un livre tiré à 23.000 exemplaires sera offert aux clients, durant la journée du samedi 28 avril.
Réalisé en partenariat avec Actes Sud, le livre pose quelques questions cruciales.
Le projet ? « Comment faire ressentir aux jeunes générations confrontées à la dématérialisation de la lecture, cette vie incroyable, intense et silencieuse, d’un homme avec un livre ? » Un homme ? Pas une femme ? Oui, parce qu’il s’agit, poursuit-on, de déjouer « la sombre prédiction d’André Schiffrin », qui prophétisait l’édition sans éditeur.
Le livre met ainsi en avant « trente et une maisons d’édition ou collections contemporaines, que les libraires adorent célébrer ou faire découvrir dans leur pratique ». Le tout est accompagné des photos de Jérôme Bonnet, qui est parti à la rencontre « de femmes-livres ou hommes-livres, souvent dans l’ombre. Il les a incarnés et mis en lumière en réalisant d’eux trente et un portraits photographiques intrigants ».
L’ouvrage dispose d’une préface signée par Jean-Paul Capitani, directeur du développement du groupe Actes Sud, qui avait pris la place de Françoise Nyssen une fois nommée ministre de la Culture.
« Ce que j’ai le plus aimé, c’est vendre des livres, des livres le plus souvent pas lus. C’était bien plus tard un souci esthétique, le livre était une charge trop belle pour moi, un inaccessible », écrit-il.
« L’école peut ravager un enfant, j’avais été relégué en “moderne” alors que je savais que le latin/grec était la voie royale. Mais que faire ? À 9 ans et demi en sixième classique, mon destin était scellé : “Pas littéraire”.
Je fus chassé, et un jour, bien plus tard, j’ai vendu des livres comme un jeu, en sachant que je n’allais pas gagner d’argent, mais que c’était beau !
Et je voyais partir les livres avec leurs lecteurs, avec le sentiment de faire quelque chose de nécessaire, d’utile.
On n’apprend que de l’autre et à mon époque, encore aujourd’hui on apprend de cet autre rendu intime par le truchement du livre. »
On trouve une autre préface, signée de Marie-Rose Guarniéri, de la librairie Les Abbesses à Montmartre. En tout, ce sont 32 éditeurs qui sont portraitisés, avec, parfois, un entretien, un poème ou quelques mots et une photo, toujours.
« Afin de parler de ce que les libraires doivent aux éditeurs et à leurs catalogues, j’emprunterai ce titre : Grâce leur soit rendue, des mémoires du grand éditeur Maurice Nadeau. Il s’adressait aux écrivains de son merveilleux catalogue et aujourd’hui, au nom de tous les libraires, je l’adresse aux éditeurs, ces hommes et femmes de l’ombre qui ont ensorcelé ma pratique…
Ensemble, nous menons jour après jour une guerre du goût pour défendre la fragilité de textes enchanteurs qui déplacent les lignes. »

FRÈRES & FLEURS

 

Les pépites du jour à venir seront les premiers pas allègres du printemps, ou du o-hanami 花見, l’observation et la célébration des humeurs de prunus, de cerisier du japon, ou des fleurs simples qui chahutent sur le désarroi du monde.

Et Pascal Quignard d’écrire dans Une journée de bonheur « Tout le monde – du moins à l’occident de ce monde – se souvient de ce fragment de vers que Horace a écrit dans son XIe Ode : Carpe diem. Cueille, extirpe, arrache le jour.
Je veux comprendre ce beau vers mystérieux : pourquoi songer à cueillir le jour ? Ne vaudrait-il pas mieux vivre le moment qui passe, plutôt que de l’arracher à l’intérieur des heures qui se suivent ? »

Cueillons, cueillons, il en naîtra toujours quelque – belle – chose ; mes frères les fleurs.