PRIÈRE POUR RAYMOND ROUSSEL


Conversation d’outre-tombe avec le trublion Raymond Roussel
Oui, nos âmes sont de bien étranges labyrinthes.
Et des usines de bulles de savon, aussi.

Oui, ce raymond Roussel est décidément un chef d’oeuvre à lui tout-seul
Même s’ils était nombreux dans son grenier de ciboulot

Saint Raymond Roussel, priez pour nous ; et surtout pour eux…



POÈTES VOUS-MÊMES !

 

 

Il dort le bonhomme
mais
Il est toujours vivant
Et ronfle de la poésie
A plein poumon – S –
A coup de clairon !
 
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Sais-tu, ami, que, voilà deux ans, nous avons vendu chez Artcurial une édition originale de « Caligrammes », tirage de tête, avec envoi, correction d’adjectif sur le livre de la main d’Apollinaire et gravure original de Picasso.
Ledit livre est dans le catalogue d’Artcurial.
Je te raconterai ; et il faut que j’en fasse une petite histoire
 
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Jeu de mains, jeux de poètes…
De la main d’Apollinaire, avec envoi à son ami René X, édition originale de 1918, exemplaire 239.
La main dans la main du poète, donc.
Émouvant.
Très.
Expertise ce presque jour chez Artcurial, non loin de la librairie du Théâtre du Rond-Point où trônent en majesté les Haïkus de mes comptoirs du trublion camarade Jean-Marie Gourio.
Attention, un poète peut – toujours – en cacher un autre


INVENTAIRE À LA GRENIER



Il y a une odeur d’autrefois dans le grenier. Et un poème de Pierre Reverdy.

Le grenier est un secret. Qui craque. Qui parle à voix basse. Qui y met encore les pieds ?
Il y a le dé à jouer, soudé et fabriqué par mon père. Ses compas de marine, une lampe creuse avec des poissons.
La gravure d’une ancienne abbaye – XVIIe siècle –, des malles, plusieurs malles, et un carillon en mauvais état.
Et des « Contrerimes », comme un poème de Paul-Jean Toulet.
Il y a aussi les cartes d’état-major de la forêt et de l’enfance ; et une gondole miniature qui fait encore de la lumière. Et le couteau à « enter » de mon grand-père ; l’archet et le moulinet de l’autre grand-père. Et un poème de René Guy Cadou.
Il y aussi tous ces vieux fers à repasser, qui servent de serre-livres pour qui le sait. Il y a cette horloge de table Ingrham Electric endormie à tout jamais. Et les mots précieux de Valéry Larbaud.
Et ce caméléon empaillé, et tous ces trois-mâts gigantesques.
Et le verbe en couleur de Saint-Pol-Roux.
Un train rouillé et un sémaphore. Et un poème de Blaise Cendrars.
Et des paquets de photos où des fantômes posent devant la grande maison blanche et dominicale.
Et quelques numéros de la revue presque surréaliste belge Phantomas.
Un cadre avec un beffroi, aussi, et des plumes de paon.
Il y a des odeurs de conversations et de secrets, des encres gelées et un sablier. Et les nostalgies émerveillée et précieuses d’André Hardellet.
La pleine lune apparaît au milieu des nuages bleus et roses quand les couleurs n’ont plus d’heures.
Ça scintille en noir et blanc, même dans les eaux de nuit, et de peine de lointain.
Nous ne voyons rien et pourtant nous regardons, la rage au large. Nous rêvons comme on contemple.



GIRAFE TÉLÉGRAMME

 

 

« Éric, le délicieux poète à la girafe. »
Jean-Michel Ribes
« Très heureux de pouvoir cheminer à tes côté À L’OMBRE DE LA GIRAFE. dès le début tout me plaît.
Je me suis régalé de ta girafe ces derniers jours : quel petit grand livre simple et voyageur. »
Victor Pouchet 


ACCUMULATIONS & SPICILÈGES

 

Accumulation, Vanité & Fantômes ~
L’homme déclame dans le vide, et le temps ordonne le vent.
Didymus Chalcenterus – ou Didyme Didymus ou Didymos – , était natif d’Alexandrie (aux environs de – 60 avant J.-C.) et fils d’un vendeur de poissons salés, selon Sénèque.
Il composa, dit-on, jusqu’à trois mille cinq cents traités différents, et peut-être quatre mille. Demetrius de Troezène qualifia le polygraphe, le grammairien et l’essayiste forcené de « bibliolathe », à savoir possesseur de livres qu’il ne connait pas ; ou qui amasse les livres sans les lires, selon Jean-Baptiste Prudence Boissère – Dictionnaire analogique de la langue française, 1862.
Ses livres étaient en si grand nombre que lui-même les oubliait et en ignorait le contenu. C’est en tout cas l’accusation qu’on lui fit.
Tous ces livres sont aujourd’hui oubliés puisqu’aucun n’a résisté au passage du temps.
Au rayon << Didymus Chalcenterus >>, il n’existe que des livres fantômes.
Et des mots envolés dans le vent.
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Spicilèges & repentir ~
« Repentir » : terme désignant une modification apportée à
une peinture. Le repentir implique un travail beaucoup
plus important que celui d’une simple retouche, car il
intervient généralement pour des raisons esthétiques ou
iconographiques.
Le repentir « spicilègique » pourrait être ce(s) petit(s)
rien(s)sans intérêt(s) ni logique(s) retrouvé(s) ; des
curiosités de poches, entre le compendium superflu et
le modèle réduit, le spicilège portatif, les miscellanées
légères & inutiles.
~
Votre jeune ami, dit Chamfort, ne connaît rien au
monde, il ne sait rien de rien.
– Oui, répondit Rivarol, et il est déjà aussi triste que s’il
savait tout. »