BAL DE FANTÔMES À LA MAISON DE LA POÉSIE

 

 

 

Cher Eric, 
Je suis ravi de cette soirée. merci d’être venu enchanter la crypte de la Maison de tes fantasmes, tu y étais, juste,  à ta place et captivant. Le contrat est rempli.
Victor Pouchet

C’est un livre foisonnant, une langue, une liberté incroyable. J’ai trouvé ça soufflant. 
Sapho

Pour écouter et revoir la rencontre

ON CLIQUE ICI

BON MÉNAGE

 

 

L’art du rangement aventureux & jubilatoire de bibliothèque ou comment faire bon ménage & non mauvais mélange…

« La parfaite maîtresse de maison veillera à ce que les oeuvres des auteurs hommes et femmes soient décemment dissociés et placés sur des rayons séparés. Leur proximité sauf à être mariés, ne pouvant être tolérée »

Règlement d’une bibliothèque anglaise, 1863

 

 

 

 

COMME UN BAL DE FANTÔMES

 

Merci John Silver pour cette précieuse et sensible lecture : 

« Je m’oblige à fixer ce moment, ne serait-ce que dans une seule ligne d’un poème que je n’écrirai pas. ».
Je commence par une phrase de Virginia Woolf parce qu’elle est née un 25 janvier ! Et que c’est joli les anniversaires.
Une petite vague à tire d’aile, cette phrase. A la page 20.
Et maintenant que vais-je faire ?
J’ai les paupières qui vacillent.
Fragile beauté des papillons de la couverture dont le grain du papier, dont le grammage est suavement rugueux ! Juste assez pour vous faire croire que vos mains sont encore douces. Que le temps n’est pas passé. Que la poésie vous fait vivre et mourir.
Et qu’il n’est pas trop tard pour apprendre à jouer !
Impression de papier recyclé. Qui vient donc de loin. Et qui est tout neuf.
Des souvenirs, des poèmes, balayés. Pas oubliés.
« Des chrysanthèmes minuscules qui ne meurent jamais »
Des inventaires. Des listes ; des sous-listes. De la joie. De celle que seul un enfant pourrait ressentir. Ou un lecteur dont le regard baigne dans ce vin de vigueur !
Une mélancolie perceptible comme un tintement de cloches dans une foire tzigane
« Tempêtes de neige à Novgorod et à Reykjavik »
« Des nuits qui durent comme neige au soleil »
Incroyablement rétro et indubitablement nouveau !
C’est une brise ce livre voyez-vous ! Des poètes le traversent. Un poète l’écrit. Le traverse.
« Il n’y a pas de sot métier ». On avance en décalage permanent avec son ombre !
J’ai fait un pas de danse en trouvant le petit colis dans ma boîte, moi qui sais à peine marcher. Je sortais avec mon pirate et je m’étais écriée : « Mon livre ! Mon livre ». Moi qui me promettais pas plus tard qu’hier de ne jamais plus parler de livres devant personne, je me dis qu’au moins mes pirates verront comment je tiens Comme un bal de fantômes entre mes mains.
Sur la quatrième de couverture, on parle de mains amies, de passants considérables, de romances anciennes. Je reprends les mêmes mots en battant les cartes. Le désordre est un ordre parfait.
Je ne vais pas attendre de terminer ma lecture pour en parler. Je suis à la page / aux deux pages qui correspondent au nombre de mes années. Et pas une seule seconde, pas un seul lexème, pas une seule virgule, ne désobéit à une règle tacite d’une joie immense, étourdie, facétieuse, exquise ! La mélancolie est lointaine, un joueur de flûte !
Et je ne devrais plus regarder la numérotation des pages.
Je déguste ! Je pourrais m’arrêter mille fois. Découvrir des poètes qui s’invitent habillés de leurs draps sublimes de fantôme. Et je pourrais poursuivre ! Qu’importe ! La rivière coule. L’eau joue des notes de candeur sur des galets marron et or. Couleur de l’eau. Un rayon de soleil habite la pluie.
Je pourrais recopier des passages entiers ! Comment choisir ? Et que choisir ? Le paratexte, les poèmes en palimpseste, la danse transtextuelle ? Ce que « l’auteur » écrit ? Tout se tient par la main. Tout « farandole » oui ! Un même fleuve rempli d’étoiles fugueuses libres jusque de leur temps d’écriture !
Je meurs !!!!!!!!!!! Je me promettais hier de plus aimer des livres ! De ne plus lire ! De ne plus m’enflammer ! Mais comment faire dites-moi ? A nouveau je suis ce lépidoptère sans aile ! Je suis dans la chanson magnifique de Sett Fayrouz, semblable à ce papillon qui ne sait pas ce qui lui arrive.
« Souvenez-vous de cet instant Yügen, qui ne se raconte pas, que vous n’avez jamais su décrire, qui ne peut être en capture, le rayon de soleil, l’amour qui musarde, la glace qui fond, le frisson sans raison un frémissement dans un arbre comme une chanson ancienne, l’extase devant la paysage. Et pourtant il fallait en conserver le souvenir, la justesse l’incandescence, le magnifique l’unicité,
Oui, ce moment ainsi juste et inouï, Le vivre et s’en souvenir, et se “promettre de ne jamais l’oublier.”
Je ne recopierai pas le livre. J’ai envie. Hier je m’étais promis de ne plus redevenir enfant.
« Quand je serai petit
Je serai
Raconteur de marelles »
Et je ne vous ai pas tout dit !!!!!!!!!!!
Eric Poindron !! C’est tellement bien !

PILON

 

Et il y en avait de bennes et des bennes pleines, ventrues, outrancières  – avec parfois le nom des petits camarades -, en attente de pilon.

Voilà pourquoi, les « Écrivains », il ne faut pas trop bomber le torse…

« Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant. » Alphonse Allais.

 

OÙ ?

J’aime cette idée de Vivre avec
Des animaux

En plastique En-paillés En vrai
Qui se disputent
Mâchoires serrés « Ou vertes »
Une simple carte à jouer par exemple
Représentant un joker Un trublion Un fou du roi

Quand je jette les cartes En l’air

Les animaux s’amusent A les attraper

Sommes nous les fous ou seraient-ce eux ?

Les libellules géantes Ca c’est de l’imagination.

« Les vrais compagnons, ce sont les arbres, les brins d’herbes, les rayons du soleil, les nuages qui courent dans le ciel crépusculaire ou matinal, la mer, les montagnes. C’est dans tout cela que coule la vie, la vraie vie, et on n’est jamais seul quand on sait la voir et la sentir. » N’est-ce pas Alexandra David-Néel ?