L’ÉTRANGE JOURNÉE D’ÉRIC POINDRON À VINCENNES

 

L’ÉTRANGE JOURNÉE D’ÉRIC POINDRON
Dimanche 17 décembre, à la librairie Millepages à Vincennes.
Nous vous proposons un « étrange » et réjouissant dimanche en compagnie de l’inclassable Eric Poindron qui publie L’étrange questionnaire et Comme un bal de fantômes  – prix du meilleur recueil poétique 2017 – La Cause littéraire. Deux livres aux éditions Le Castor Astral & Les Venterneirs
11h30-13h30 : Eric Poindron sera l’étrange libraire d’un jour.
15h30-17h30 : Eric Poindron initiera qui voudra à son étrange entreprise.
SEREZ-VOUS DES NOTRES ?
Savez-vous jusqu’où peut mener votre curiosité ?
Que de surprises et de fantaisies vous attendent au détour de ce jeu de questions… L’Étrange Questionnaire est un livre unique en son genre : un véritable accélérateur d’imagination ! Le principe est simple. Soixante questions, et beaucoup plus, pour une infinité de réponses. Autant de pistes propices à la confidence, au récit de soi, au rêve. Dans cet atelier portatif élaboré par Éric Poindron, vous écrivez (crayonnez, peignez, explorez, créez…). Ce questionnaire est le Vôtre.
« Les questions ne sont jamais indiscrètes. Les réponses le sont parfois. » Oscar Wilde
En intimité ou en groupe, en confession ou en invention, ce livre-jeu est destiné aux audacieux, aux timides, aux excentriques, aux indécis, aux téméraires, aux prudents, aux raffinés… à tous ceux qui tournent une page comme on pousse la porte d’un cabinet secret.
Il se révèle aussi un outil précieux pour tous ceux que l’écriture préoccupe ou fascine : à l’animateur d’atelier d’écriture, à l’enseignant, au bibliothécaire, au blogueur, à l’écrivain en peine d’imagination, à tous ceux qui cherchent à mieux se connaître.
Serez-vous des nôtres ?

UNE ÉTRANGE SOIRÉE À DIJON

 

Vendredi 15 décembre, 18 h,
La librairie « La Fleur qui pousse à l’intérieur »

vous invite à passer du temps avec Éric Poindron
autour de son livre L’Étrange questionnaire
co-édité par le Castor Astral et Les Venterniers.

Un livre tout droit sorti de l’imagination totalement débridée de son auteur, et qui nous pousse à sortir papier et crayon pour griffonner notre propre histoire et faire de ce livre un exemplaire unique.
Un livre en somme magique, sorte d’atelier d’écriture pour savants fous, qui nous pousse dans nos retranchements les plus intimes

La Fleur qui pousse à l’intérieur
5, place des Cordeliers, 21000 Dijon

Serez-vous des nôtres ?

UNE SOIRÉE ETRANGE & SÉPULCRALE

 

Mercredi 6 décembre

L’ÉTRANGE QUESTIONNAIRE À LA BOUGIE

Écrivains en herbe ou aguerris ? Participez à L’étrange questionnaire (éditions Le Castor Astral) !

À la lueur d’une bougie, la librairie vous propose un atelier insolite,

avec l’auteur et poète Éric Poindron comme Monsieur Loyal littéraire !

▷ Jeu d’écriture et lecture à la bougie
Mercredi 6 décembre 2017 à 19h

▷ Librairie des Éditeurs associés
11 rue de Médicis, 75006 Paris • RER B Luxembourg ou M° Odéon

▷ Entrée libre.

SEREZ-VOUS DES NÔTRES ?

 

POÈTE TOI-MÊME

 

 

Je n’aime pas
les poètes-peut-être
qui poétisent prophétisent
Et intriguent
dans les réunions de poètes.

Je crois aux poètes
du Grand Dehors
Et du grand vide
Quand le vent souffle large

Le Souffle
Et l’écho du Souffle

L’assassinat de la poésie est commis sans conscience
mais en conscience
par les tristes crapules qui la décortiquent
à la vilaine manière d’une autopsie.

La poésie n’est pas un système de pensée
La poésie est une science inexacte

La poésie est une princesse
Le poète est un manouche

Le poète cherche la langue
Le poésie parle toutes les langues

La poésie gronde
Le poète funambule

La poésie est une neige blanche
Le poète est une pie noire

La poésie raconte les enfants qui jouent
Le poète est un enfant qui joue

La poésie croit à l’insolence
Le poète est insolent

La poésie n’a pas de prix
le poète offre la poésie

La poésie irise le cosmos
Le poète croit que la lune existe

Le poète est un souffle
La poésie
Une oscillation
Entre un sens
Et un son

 

ACADÉMIE DES SCIENCES IMMORALES ET POÉTIQUES

 

I
 Cette Académie a pour but de combattre la dangereuse vague de moralité qui s’étend actuellement sur les peuples civilisés; et à rendre à la poésie les honneurs qu’elle mérite.
II
 Le poète qui, d’abord, se veut libre échappe difficilement à l’immoralité, sauf lorsque ses facultés se trouvent amoindries par l’âge. De Ronsard à Guillaume Apollinaire, en passant par Verlaine et Rimbaud, de Villon à quelques uns de nos plus notables contemporains, la liste est longue de ceux qui ont noué une complicité plus ou moins secrète avec ce que la morale réprouve.
III
 Ne feront partie de cette Académie que ceux qui auront oeuvré, avec modération ou éclat, dans ces domaines : voleurs de carbure et voleurs de feu, ivrognes, insulteurs des pouvoirs publics, rêveurs debout, noctambules, trousseurs de lycéennes, chatouilleurs de sonnets, abrutis par le vice, prophètes, escrocs, mateurs du petit cinoche clandé, fervents de la douce, obsédés, chasseurs de fraises sauvages, harangueurs de nuées, canaques, voyoues danoises, cireurs d’étoiles, Ulysses de banlieue, brouteurs de toison d’or, satyres en activité ou honoraires _ et nous en passons.
IV
 Les membres fondateurs de l’Académie se réservent le droit d’accepter ou de rejeter, par votes, toute candidature, et ce sans avoir à justifier leurs raisons. Un casier judiciaire bien chargé est un élément favorable au candidat, mais non une condition indispensable.
V
 L’Académie se réunira tous les mois en un banquet où règnera la plus grande liberté de propos et de moeurs, cela va sans dire. Des dames et demoiselles, d’aspect agréable, seront conviées à ces agapes, au titre d’académiciennes provisoires. Naturellement, elles le feront en connaissance de cause et renonceront, ipso facto, à tout recours auprès des tribunaux si, d’aventure, le langage et les manières des académiciens leur paraissent un peu directs.
VI
 Chaque année, l’Académie des sciences immorales et poétiques décernera un prix.
VII
 D’autres statuts sont en cours de rédaction.

P.C.C. Le secrétaire:
André Hardellet

Texte adressé, le 17 avril 1965, à Alphonse Boudard.
Paru dans Jungle, n°10, mars 1987

Gallimard, collection L’Arpenteur, 1990