NOM D’UN NOM !

 

« J’ai enjambé cette rivière, ce fleuve, que sais-je, la Marne… Eh bien, vous me croirez ou pas, j’ai trouvé ça beau ! »
A peu près du Paul Léautaud

Depuis que Châlons-sur-Marne s’appelait Châlons-en-Champagne, Anatole, le poète famélique à la diable descendant peut-être de Charles-Joseph dit Eugène Hermand de Dorval, dit « Mitaine » dit aussi « le Diogène châlonnais », auteur de Chansons & poésies, ne regardait plus la rivière changeante du même œil.
Le jour où Châlons-en-Champagne redevint de nouveau Châlons-sur-Marne, Anatole qui n’y comprenait décidément plus rien décida de troquer la profession de poète à peu près pour celle d’humoriste.
Il joua, ou tenta de jouer, dans de petites salles enfumées et bruyantes, par Mau* et par vaux, où les bananes glissantes & flambées faisaient plus sourire les convives et les joyeux drilles que ses boutades enflammées.
Chaque fois qu’il citait Pierre Dac, son ainé et régional de l’étape, ou qu’il terminait son spectacle par « on devrait mettre la Marne en bouteille puisque la Champagne ne veut pas passer par nous » il faisait un flop de bouchon fatigué à peine digne d’un fainéant mousseux.
Oui, ses répliques tombaient à plat, à côté des cadavres encore tièdes des bananes flambées, ou disparaissaient dans les eaux froides de la rivère ; presque aussi froides que l’ambiance des cabarets si peu surchauffés.

Moralité, il n’est jamais facile de se faire mettre en boite, même dans la ville de Nicolas Appert**, l’inventeur de la conserve.

* Le Mau et le Nau sont, dans la ville de Châlons-sur-Marne-en Champagne, deux bras dérivés de la Marne qui traversent l’aimable et soporifique sous-préfecture de la… Marne

Nicolas Appert (1749-1841) met au point un procédé permettant la mise en conserve des aliments en 1795.
Il est le premier à mettre au point une méthode de conservation des aliments en les stérilisant par la chaleur dans des contenants hermétiques et stériles (bouteilles en verre puis boîtes métalliques en fer-blanc). Il crée en France la première usine de conserves au monde.

MIROIR, DIS-MOI…

 

Et comme l’a si justement écrit, puis démontré, John B. Frogg, l’écrivain et détective de l’occulte dans son ouvrage de référence Effrois & conversations d’outre-tombe – éditions Esculape frères – : « Il existe bel et bien un « de l’autre côté », mais de quel côté sommes-nous ? »

LETTRES OUVERTES AUX FANTÔMES LES MIENS, LES VÔTRES & PEUT-ÊTRE LES LEUR(RE)S

« Le résultat du mélange d’une vérité et d’un mensonge est toujours un mensonge, sauf dans les romans où c’est une vérité. »

Javier Cercas, L’imposteur

« Les fantômes disparurent en jetant des cris plaintifs. »

Gérard de Nerval, Deuxième rêve des Nuits d’octobre

 

Cher(s) vous,

Pour paraphraser – et rendre hommage – à la fois à Madame du Deffand et à G. K. Chesterton, nous pourrions écrire « je ne crois pas aux fantômes et si j’en ai peur, je sais comment les combattre. ». Nous pourrions aussi écrire que lorsque les fantômes sont astucieux, et Dieu sait s’ils le sont, ils se cachent en pleine lumière. Et puis, même si nous ne croyons guère aux fantômes, ce sont eux qui décident, ou non, de nous visiter, et ce seulement s’ils croient en nous. Nous pourrions aussi prétendre que les fantômes n’ont qu’une seule histoire à raconter, c’est pourquoi ils la racontent toujours différemment. Résumons. Les fantômes n’existent pas, j’en ai désormais la certitude, même si je n’en suis pas certain. Les fantômes ne sont guère que les résidents de nos imaginations enfouies, et les nostalgies inavouées d’un autrefois ; aussi, oui les fantômes existent.

Lettre ouverte aux fantômes, les miens, les vôtres & peut-être les leur(re)s, Eric Poindron,Le Réalgar Éditions

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PIRATE !

 

« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d’assurer leur propre sécurité.
Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, ces crapules nous condamnent alors qu’il n’y a qu’une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couverts de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage
[… ]
Vous êtes comme tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par des lois faites par les riches pour assurer leur propre sécurité, car ces petits peureux n’ont pas le courage de défendre autrement ce qu’ils ont acquis par friponnerie »

Le pirate Charles Bellamy lors de son procès en 1720

BAL DE PLAFOND



Avoir une araignée au plafond
ou chez nos amis anglais
Avoir des chauve-souris dans le beffroi
ou chez nos amis portugais
Avoir des petits singes dans le grenier
ou chez nos amis roumains
Avoir mangé de la dame d’onze heures ou la mandragore
ou chez nos amis wallons
Avoir une mouche dans l’horloge
par exemple
Toujours cette oscillation entre
Les trois singes sages et le bretteur incorrigible
Demeurer toujours improbable en somme
Improbable
Oui quelle activité
extraordinaire de s’écrier
« Tiens, en ce jour ordinaire
à défaut du ciel inouï,
je vais observer ce coin du plafond. »
Comme une salle de bal aux papillons