BOHUMIL HRABAL, LE GRAND HOMME

 

Demain, nous célébrerons, dans l’allégresse et l’irrévérence, la mort de Bohumil Hrabal, le grand homme, le malin, l’homme libre, le prince.
Amen
 
Oui
élevons des monuments
aux astronomes
aux créateurs
aux fantaisistes
aux poètes
qui
détachés de l’utile et de l’immédiat
agrandissent l’univers
et célèbrent le charme
et l’idéal
des mondes inconnus
 
« Mon véritable père, c’est mon oncle Pépine. Il était tout le temps à nous raconter ses histoires. Il était obsédé ; il les reprenait sans cesse, et sans cesse nous nous tordions de rire. Ceux qui ont eu la chance de connaître ma muse, mon oncle Pépine, peuvent parler de sa puissance de conteur et de la magie poétique qui assaillait les cafés et leurs belles jeunes filles quand l’oncle Pépine était là, ou quand il parlait, comme ne le font que les poètes ou les prophètes dans les rues, avec ses concitoyens. J’ai commencé à écrire parce que m’est revenu en torrent tout ce que j’avais entendu à la brasserie, les histoires de l’oncle Pépine, qui m’étaient entrées dans le sang. » Bohumil Hrabal
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NUIT NOIR ET BLANCHE

— Mon cher Gérard, je peux vous appeler Gérard ?
Vous lisez trop, vous écrivez trop, vous voyagez mal. Vous nourrissez votre esprit de vieilles chansons et de croyances bizares.
Et Nerval, car c’était lui, de répondre : « Il y avait de quoi là faire un poète et je ne suis qu’un rêveur de prose. »
Gérard de Nerval, † 26 janvier 1855 (- 18 ou 19°c),
Rue de la vieille lanterne, Paris.

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24 IMAGES PAR SECONDE DE DÉSERT

Quand j’étais adolescent, j’aimais le cinéma.
Et même un peu après mon adolescence.
Je me souviens de la première fois que j’ai vu « Empty Quarter,
Une femme en Afrique »,
de Raymond Depardon 
– comme je me souviens des « Lettres d’amour en Somalie »,
du film,
et du livre.
Je me souviens aussi que je suis tombé sous le charme de l’actrice, Françoise Prenant.
24 images par seconde de désert.
24 images par seconde de désir.
Je me souviens encore que je suis allé plusieurs fois au cinéma revoir la femme en Afrique.
Plus tard,
quand je regardais moins le cinéma,
je suis devenu ami avec l’actrice.
C’est mon autre amie Christine van de Putte qui me l’a présentée.
Nous revenions de Saint-Malo,
en train,
et nous avons beaucoup ri.
Mais durant tout le voyage, je n’avais pas reconnu l’acrice que j’allais voir au cinéma,
autant pour le désert que pour ses robes légères.
Je ne l’ai appris qu’après.
24 images par seconde de désert.
24 images par seconde de désir.
Qu’est-ce qui est le plus merveilleux des deux,
la vie ou le cinéma ?

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BIBLIOLIBRIUS



Celui-la était passé, en peu de temps, de modeste acheteur de livres à bibliophilo-facétieux*, avant que la bibliophilsation ** le prenne presque par surprise. Menacé de bibliofolie, et souhaitant cacher ce vice impuni à son entourage, il rasait les murs des librairies pour mieux les prendre d’assaut  afin d’acquérir de précieux et rares ouvrages, à l’image de ce « BIBLIOLEXIQUE à l’usage des amateurs de livres »

* relatif à la facétie bibliophilique
** conversion d’un simple lecteur en bibliophile.
Chacun sait qu’un un bibliothécaire veille sur une bibliothèque tandis qu’un bibliophile veille jalousement sur SA bibliothèque. Qui sait en revanche qu’un bibliomane est un amoureux des livres et qu’un bibliopathe est atteint de bibliopathie, à savoir d’une pathologie liée à l’amour des livres ? Qui sait enfin qu’un bibliophobe déteste les livres – oui ça existe ! – et qu’un biblioclaste, en plus de les haïr, se fait un devoir – sacrilège – de les détruire…
Ces quelques définitions sont le résultat, oh combien passionnant, des recherches de Jean-Paul Fontaine, bibliomanographe – qui manifeste l’obsession d’écrire au sujet des livres – et historien du livre. Après avoir écrit le Livre des livres, un ouvrage monumental consacré à l’histoire dudit livre, l’auteur propose un « Bibliolexique à l’usage de l’amateur de livres «, opuscule léger et raffiné à l’usage des bibliophilo-facétieux et des autres.
L’auteur, en détective obsessionnel et en lecteur insatiable à traqué les mots commençant par la racine « biblio » – de « biblion » qui signifie livre en grec – dans les dictionnaires d’autrefois, chez les écrivains oubliés ou les bibliophiles d’antan ; sans pour autant omettre les néologismes qui feront, peut-être, école.
Pour expliquer en partie ses recherches, il confie que : « Estimant que nombre d’entre eux étaient désuets, inusités ou bizarres, les lexicographes n’ont offert qu’un nombre restreint de ces mots aux dictionnaires…»
Aussi, de « Bibliana », – récolte d’anecdote sur le livre, jusqu’à « Bibliuguiancie » – art de réparer les livres, Jean-Paul Fontaine nous promène en biblio-quelquechose et en biblio-quelque part.
L’objet, de petit format élégant, ouvragé de bien jolie manière, avec ses « folios » en chiffres romains et ses nombres écrits en toutes lettres, est à la belle image des autres ouvrages publiés par les Éditions des Cendres, qui consacrent une large part leur catalogue – papier, et élégant lui aussi – à la bibliophilie.
l’opuscule délicat rassemble cent quatre-vingt-un mots, à l’exclusion du mot bible et de ses dérivés, quand le dictionnaire Le Robert en propose huit et le Littré seulement dix-neuf !
Pour chaque entrée, l’auteur mentionnne la nature, l’étymologie, la définition, la première mention et l’inventeur du mot. Celui qui «manifeste une obsession pour le classement des livres» saura ainsi qu’il est un «bibliothécomane. n. (gr. thêkê, armoire, et mania, folie)» (Octave Uzanne, 1877).
Pour chaque mot recensé, Jean-Paul Fontaine dresse une définition du mot évoqué, propose une date de naissance et une bibliographie lorsqu’elle existe.
Aussi, lecteurs & amis « bibliomaniaques », bienvenue en « Biblionomadie «, une itinérance à travers les livres, un mot en forme de voyage léger inventé par votre serviteur pour « Le Magazine du bibliophile ».

BIBLIOLEXIQUE A L’USAGE DE L’AMATEUR DE LIVRES
, de Jean-Paul Fontaine, Éditions des Cendres.

Médecin et passionné par les livres et par l’histoire du livre, Jean-Paul Fontaine peut être considéré comme un de ces érudits « amateurs » dont les connaissances et les compétences égalent souvent celles de ceux qui ont fait profession, non d’aimer les livres – cela ne suffit pas, hélas, à faire un métier ! – mais d’en faire le commerce, de les conserver et de les mettre à la disposition du public.



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MAGNÉTIQUE(S)

 

28 septembre 1966…
Il y a cinquante ans, André Breton s’en allait explorer les autres mondes.
Bon voyage, chercheur de « L’or du temps ».

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« Ouvre cette porte toute grande, et dis-toi qu’il fait complètement nuit, que le jour est mort pour la dernière fois. » Les Champs magnétiques.

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Oui
élevons des monuments
aux astronomes
aux créateurs
aux fantaisistes
aux poètes
qui
détachés de l’utile et de l’immédiat
agrandissent l’univers
et célèbrent le charme
et l’idéal
des mondes inconnus

BON ANNIVERSAIRE MONSIEUR CLAUDE SEIGNOLLE !

Samedi 25 juin, Claude Seignolle entrera dans sa centième année !
Bon anniversaire très cher Claude.
Cher Eric Poindron,
Poète et voyageur, frère aux découvertes insolites, aux amis multiples que je redécouvre dans votre excellent ouvrage « Voyage sous les belles étoiles » que l’ami Jacques Baudou a eu la bonne idée de nous faire savoir dans un dernier « Le Monde » et sur lequel je me suis précipité. Sachez que le nom seul de Stevenson me ferait dévorer le papier sur lequel on le republie. Vous avez fait le pèlerinage en un éclectique ouvrage., acceptez que le « beau (?) vieillard » rencontré sur une route de Lozère vous offre le produit de sa quête auprès des esprits anciens rencontrés avec tout autant de fascination que vous.
Le livre est ici dans son jus : pas d’autre littérature que celle qui naît autour de faits à l’état brut. En mon temps personne ne se souvenait de Robert Louis et pourtant tous en étaient plus ou moins contemporains. moi j’ai vu « d’en-dedans » ce que lui a vu « d’en-dehors » et à ce titre, mon affection pour l’homme francophone s’amplifie de reconnaissance.
Vous avez une chaude et féconde plume : des amis de tous les temps ; les votre sont en grande partie les miens que j’ai souvent honoré de livre-frère. Nerval = La nuit des Halles, ainsi que Restif, mon pote, aux témoignages gonflés de ses propres fantasmes. Tous ceux que vous dîtes : nos frères, c’est à dire nous.
Et je vous salue bien fort avec mes compliments sincères.

Claude Seignolle, 2001

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A découvrir :
Au Château de l’étrange, de Claude Seignolle, préface de Eric Poindron Le Castor Astral, collection « Curiosa & caetera »
Vous aimez les destinations improbables et les rencontres insidieuses, alors vous avez, hélas, frappé à la bonne porte! Spectres, apparitions, présences maléfiques, envoûtements et conversations avec l’au-delà font partie de l’effrayante visite.
Ici, point de fiction ni de sensationnalisme convenu. Claude Seignolle se contente de recueillir des témoignages qu’il met en scène jusqu’au grand frisson final. « Scribes des miracles et des peurs ancestrales », il archive, recense, éclaire, sans jamais juger.

Et s’il existait « autre chose » à côté de nos certitudes? Chasseur de fantômes avant l’heure, il nous convie au cœur des mystères : lieux maudits, voyages dans le temps, prémonitions, présences invisibles, magie et sorcellerie. Oui, la peur rôde dans ces pages… Voilà le lecteur prévenu !

 

Pour découvrir le livre, ON CLIQUE ICI
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