GIRAFE TÉLÉGRAMME

 

 

« Éric, le délicieux poète à la girafe. »
Jean-Michel Ribes
« Très heureux de pouvoir cheminer à tes côté À L’OMBRE DE LA GIRAFE. dès le début tout me plaît.
Je me suis régalé de ta girafe ces derniers jours : quel petit grand livre simple et voyageur. »
Victor Pouchet 


ACCUMULATIONS & SPICILÈGES

 

Accumulation, Vanité & Fantômes ~
L’homme déclame dans le vide, et le temps ordonne le vent.
Didymus Chalcenterus – ou Didyme Didymus ou Didymos – , était natif d’Alexandrie (aux environs de – 60 avant J.-C.) et fils d’un vendeur de poissons salés, selon Sénèque.
Il composa, dit-on, jusqu’à trois mille cinq cents traités différents, et peut-être quatre mille. Demetrius de Troezène qualifia le polygraphe, le grammairien et l’essayiste forcené de « bibliolathe », à savoir possesseur de livres qu’il ne connait pas ; ou qui amasse les livres sans les lires, selon Jean-Baptiste Prudence Boissère – Dictionnaire analogique de la langue française, 1862.
Ses livres étaient en si grand nombre que lui-même les oubliait et en ignorait le contenu. C’est en tout cas l’accusation qu’on lui fit.
Tous ces livres sont aujourd’hui oubliés puisqu’aucun n’a résisté au passage du temps.
Au rayon << Didymus Chalcenterus >>, il n’existe que des livres fantômes.
Et des mots envolés dans le vent.
~
Spicilèges & repentir ~
« Repentir » : terme désignant une modification apportée à
une peinture. Le repentir implique un travail beaucoup
plus important que celui d’une simple retouche, car il
intervient généralement pour des raisons esthétiques ou
iconographiques.
Le repentir « spicilègique » pourrait être ce(s) petit(s)
rien(s)sans intérêt(s) ni logique(s) retrouvé(s) ; des
curiosités de poches, entre le compendium superflu et
le modèle réduit, le spicilège portatif, les miscellanées
légères & inutiles.
~
Votre jeune ami, dit Chamfort, ne connaît rien au
monde, il ne sait rien de rien.
– Oui, répondit Rivarol, et il est déjà aussi triste que s’il
savait tout. »


« L’OMBRE DE LA GIRAFE », SAUVAGEMENT TENDRE

 

 

« L’OMBRE DE LA GIRAFE », SAUVAGEMENT TENDRE.
LE PARISIEN, dimanche 12 août

Sur la plage, il n’y a pas que des pavés. Voici une sélection de sept livres brefs, romanesques, poétiques et même mathématiques, tous magiques.
Roman d’amour, autoportrait, essai sur la poésie des maths… Voici notre sélection de livres pas très épais à dévorer sur la plage

Il faut voir rencontré Éric Poindron pour comprendre que l’olibrius existe vraiment. Avant, on le croyait hologramme de la littérature et de la poésie, prince archidécalé d’un art de vivre aventureux-baroque, locataire d’univers aux décors improbables dans lequel il paraissait le produit de sa propre magie. Mais non, ce jouisseur de vie existe bel et bien et livre un nouvel ouvrage à la douceur sauvage, autoportrait aux éloignements salutaires, aux dépaysements tendres et colorés, sans lesquels nous ne goûterions pas de la même façon aux saveurs de la vie.

L’Ombre de la girafe , d’Éric Poindron, éd. Bleu autour, collection « Céladon »

© Pierre Vavasseur, LE PARISIEN, dimanche 12 août.

 

BELLES ÉTOILES

 

« « On ne tient pas en place et on l’ignore » (p.25).

Dans « Belles étoiles », Eric Poindron incarne la maxime de R.L. Stevenson « le dehors guérit » et ôte toute envie de prévention.
Pendant des années, Poindron me fit office de Saint-Matthieu en me poussant à me trouver des trésors dans les cieux. »

A REPARAÎTRE AU PRINTEMPS.

L’OMBRE DE LA GIRAFE

 

« L’ombre de la Girafe d’Eric Poindron, c’est son Age d’homme,vous savez, celui de Michel Leiris. Comme Eric Poindron est d’une exquise politesse dans la vie et dans ses livres, il fait semblant de sourire. Ou plus exactement,il sourit vraiment parce qu’il n’aime pas jouer de ses mélancolies de manière trop ostentatoire. Elles sont pourtant discrètement présentes dans ce portrait de l’artiste qui connaît le vrai goût du passage du temps. Les décennies s’égrènent dans une autobiographie fantasque à la recherche du père et du grand-père en Champagne. L’auteur se demande ce qu’il a bien pu faire des années d’une existence qui passent et repassent sous nos yeux, dans le désordre. Eric Poindron voudrait bien les collectionner, ces années, comme dans un cabinet de curiosités: et de vingt, et de trente, et de quarante, et de cinquante. Il nous les montre comme ça mais, évidemment, lui, il a la gorge serrée, l’air de rien. Prenez ce livre, si vous voulez comme un divertissement drôle, généreux, amical et érudit. Ce qu’il est, incontestablement. Pourtant, c’est surtout un homme qui se raconte, avec ses rêves et ses manières d’enchanteur qui sait varier ses métamorphoses, ses inquiétudes déguisées en chasse aux chimères.
Il n’a pas oublié pas la phrase de Cocteau: « Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité. » Ou celle de Neruda: « J’avoue que j’ai vécu. » On vous parlait de Leiris. Leiris voulait trouver dans l’écriture, l’ombre de la corne du taureau. Eric Poindron, c’est celle du cou de la girafe. Ca a l’air plus léger, mais c’est bien d’ombre, dans les deux cas, qu’il s’agit. On vous en reparle bientôt, ailleurs, un peu plus en détail. On voulait juste, pour l’instant, vous dire notre plaisir, et notre émotion. »


Jérôme Leroy

 

L’Ombre de la girafe, un voyage au lon cou, Éric Poindron, éd. Bleu Autour, collection « Céladon »